Le gui est une plante semi-parasite qui vit perchée dans les arbres, sans jamais toucher le sol. Ses touffes rondes, toujours vertes, deviennent très visibles en hiver sur les arbres à feuilles caduques : pommiers, peupliers, tilleuls, aubépines, robiniers. Il fabrique ses propres sucres par photosynthèse, mais puise l'eau et les sels minéraux dans les branches de son hôte grâce à des suçoirs plantés dans le bois.
Sur un grand arbre vigoureux, quelques touffes de gui posent rarement problème. Sur un pommier, un amandier ou un vieil arbre de verger, en revanche, une colonisation importante finit par épuiser les branches porteuses, réduire la production et faire sécher la cime, surtout lors des étés secs.
Cette fiche explique comment reconnaître le gui et le distinguer des autres « boules dans les arbres », sur quels arbres il pousse et pourquoi certains fruitiers sont plus touchés que d'autres, comment il arrive sur un arbre, quels dégâts il cause réellement, et surtout comment et quand l'enlever selon l'essence et l'emplacement de la touffe, sans blesser inutilement l'arbre.
Fiche botanique
| Botanique | |
|---|---|
| Nom français | Gui, gui blanc |
| Autres noms | Gui des feuillus, vert de pommier, bois de Sainte-Croix |
| Nom latin | Viscum album |
| Famille | Santalacées |
| Origine | Indigène d'Europe tempérée |
| Cycle | Arbrisseau vivace persistant, durée de vie jusqu'à 30 à 35 ans |
| Mode de vie | Hémiparasite : photosynthèse propre, eau et sels minéraux prélevés à l'hôte |
| Au jardin | |
|---|---|
| Arbres les plus touchés | Pommiers, peupliers, aubépines, sorbiers, tilleuls, robiniers, amandiers, saules |
| Arbres rarement ou jamais touchés | Poiriers, cerisiers, noisetiers (rares) ; chênes, ormes (exceptionnels) ; hêtres et platanes (jamais) |
| Floraison | Février à avril, fleurs jaune-vert discrètes |
| Fructification | Baies blanches mûres de novembre à février |
| Période d'intervention | Novembre à février sur fruitiers à pépins ; fin d'été sur fruitiers à noyau |
Reconnaître le gui
Le gui forme une touffe arrondie de 20 cm à 1 m de diamètre, exceptionnellement 1,5 m pour les très vieux sujets. Sa structure est très particulière : chaque rameau se divise en deux à chaque nœud, ce qui donne au fil des années une boule régulière. On peut estimer l'âge d'une touffe en comptant ses ramifications successives, à raison d'environ un étage par an.
- Tiges : vert-jaune, cylindriques, articulées et cassantes au niveau des nœuds.
- Feuilles : opposées par deux à l'extrémité des rameaux, épaisses, coriaces, en forme de spatule allongée de 2 à 8 cm, sans pétiole, parcourues de 3 à 5 nervures parallèles. Elles persistent 18 mois à 2 ans.
- Fleurs : minuscules, jaune-vert, groupées par trois à l'aisselle des feuilles, de février à avril. Le gui est dioïque : chaque touffe porte soit des fleurs mâles, soit des fleurs femelles. Seules les touffes femelles produisent des baies.
- Baies : sphériques, de 6 à 10 mm, blanc translucide, remplies d'une pulpe collante, la viscine. Elles mûrissent de novembre à février.
- Point d'attache : la branche porteuse présente souvent un renflement à l'endroit où le gui s'insère, signe que le suçoir est installé depuis plusieurs années.
Les trois guis de France
Le gui existe en France sous trois sous-espèces qui ne parasitent pas les mêmes arbres. Les graines de l'une ne germent pas sur les hôtes des autres : le gui d'un pommier ne contaminera jamais un pin voisin, et inversement.
| Sous-espèce | Hôtes | Particularités |
|---|---|---|
| Gui des feuillus (Viscum album subsp. album) | Pommiers, peupliers, aubépines, tilleuls, robiniers, sorbiers, amandiers, saules, érables… plus de 100 espèces | Le seul qui concerne les vergers et la plupart des jardins |
| Gui du pin (V. album subsp. austriacum) | Pins (sylvestre, noir, à crochets), rarement épicéa et mélèze | Feuilles plus petites, baies parfois piriformes ; en forte progression sur les pins stressés par la sécheresse dans le Sud-Est |
| Gui du sapin (V. album subsp. abietis) | Sapins uniquement | Feuilles plus larges, baies jaunâtres ; problème forestier surtout |
Boules dans les arbres : gui ou pas gui ?
Toutes les boules visibles en hiver dans les arbres ne sont pas du gui. Le tableau suivant permet de trancher depuis le sol, à la jumelle si nécessaire.
| Ce qu'on voit | Ce que c'est | Comment le reconnaître |
|---|---|---|
| Boule verte en hiver sur un feuillu nu, feuilles épaisses par paires | Gui | Reste vert toute l'année, baies blanches en hiver sur les touffes femelles |
| Boule de rameaux fins et serrés, sans feuilles en hiver, sur bouleau, cerisier, charme | Balai de sorcière | Prolifération de rameaux due à un champignon ou à un phytoplasme ; feuilles caduques comme le reste de l'arbre |
| Amas de branchettes sèches, souvent en haut d'un peuplier ou d'un chêne | Nid de pie ou de corneille | Brun, sans feuillage, parfois avec un dôme |
| Nid de soie blanche en bout de branche de pin | Nid de chenilles processionnaires | Toile blanche, en hiver et au début du printemps ; ne pas toucher |
| Feuillage vert qui grimpe le long du tronc depuis le sol | Lierre | Enraciné au sol, tiges collées à l'écorce par des crampons |
| Touffe à feuilles caduques, baies jaunes, sur chêne | Loranthe (Loranthus europaeus) | Parasite proche du gui, absent ou très rare en France |
Cycle de vie : comment le gui arrive sur un arbre
Le gui ne s'installe jamais seul : ce sont les oiseaux qui le plantent.
- Fin d'automne et hiver : les baies mûrissent sur les touffes femelles. Deux oiseaux assurent l'essentiel de la dispersion. La grive draine, dont le nom latin viscivorus signifie « mangeuse de gui », avale les baies entières et rejette les graines dans ses fientes, parfois à plusieurs kilomètres. La fauvette à tête noire, trop petite pour avaler la baie, consomme la pulpe sur place et colle la graine sur la branche en s'essuyant le bec : c'est elle qui fait proliférer le gui sur un même arbre et ses voisins.
- Fin d'hiver et printemps : la graine, entourée de viscine, reste collée à l'écorce. Elle germe en émettant une petite tige verte, l'hypocotyle, qui se courbe vers la branche et forme un disque de fixation.
- Environ deux mois après la germination : un suçoir perce l'écorce et rejoint les vaisseaux qui transportent la sève brute. Si l'écorce est trop épaisse, la plantule épuise ses réserves et meurt : c'est pourquoi le gui s'installe surtout sur les jeunes rameaux à écorce fine.
- Printemps suivant : apparition des deux premières feuilles. La croissance est très lente les premières années.
- Vers 5 ans : première floraison.
- Moins de 10 ans : la touffe a pris sa forme de boule. Elle peut vivre 30 à 35 ans.
Parallèlement, le suçoir émet sous l'écorce des cordons corticaux qui progressent le long de la branche, de part et d'autre du point d'insertion, et peuvent produire de nouvelles pousses. C'est ce réseau caché qui explique pourquoi une touffe coupée au ras repousse presque toujours.
Une seule touffe femelle peut produire près de 30 000 graines au cours de sa vie, mais une sur 10 000 à 15 000 seulement donne une nouvelle touffe. La mésange bleue et la sittelle torchepot mangent jusqu'à 8 ou 9 graines sur 10 déposées sur les branches en hiver : ce sont des alliées précieuses du verger.
Pourquoi certains arbres sont pleins de gui et d'autres non
La répartition du gui est très irrégulière. Il est abondant dans certaines régions (Normandie, Bourgogne, Centre, Lorraine, Alsace) et rare dans d'autres (Bretagne intérieure, pourtour méditerranéen sous 400 m, montagne au-dessus de 1 000 à 1 300 m). Dans un même verger, certains arbres sont couverts de gui et leurs voisins épargnés. Plusieurs facteurs l'expliquent :
- Le passage des oiseaux : les grives et les fauvettes fréquentent davantage les arbres isolés, les alignements, les lisières et les cimes dégagées, où elles se perchent volontiers.
- La lumière : le gui a besoin de lumière, d'où sa présence en haut des houppiers et sur les arbres peu denses.
- La sensibilité de l'hôte : certaines espèces et variétés produisent autour du suçoir des composés (polyphénols, flavonoïdes) qui bloquent son développement. Chez le peuplier, des cultivars résistants ont été identifiés.
- La vigueur de l'arbre : un arbre affaibli par la sécheresse, l'âge ou le manque d'entretien se défend moins bien.
- L'effet de proximité : une fois une touffe femelle installée, elle alimente en graines tout l'arbre et ses voisins immédiats.
Le gui sur les arbres fruitiers
Le gui des feuillus a une nette préférence pour les rosacées, la famille de la plupart des fruitiers. Mais tous ne sont pas touchés de la même façon.
| Fruitier | Sensibilité | Remarques |
|---|---|---|
| Pommier | Très forte | L'hôte le plus parasité en France, surtout les vieux pommiers haute-tige de vergers peu entretenus |
| Amandier | Forte | Dans le Sud, à partir de 400 m d'altitude, le gui peut tuer les amandiers abandonnés |
| Aubépine, sorbier | Forte | Souvent dans les haies autour des vergers, et réservoirs de graines |
| Poirier | Faible | Rarement parasité, même à côté de pommiers très infestés |
| Cerisier, prunier, abricotier | Faible | Cas ponctuels, surtout sur vieux arbres |
| Noisetier, châtaignier | Faible | Rare |
| Noyer | Très faible | Exceptionnel |
| Figuier, vigne, agrumes | Nulle en pratique | Non concernés en France |
Le gui est un problème typique des vieux vergers haute-tige, des pommiers isolés de prairie et des arbres qui ne sont plus taillés. Il est en revanche presque absent des vergers de basse-tige taillés chaque année, où la taille élimine les jeunes touffes avant qu'elles ne s'installent. Voir aussi la fiche pommier et la fiche amandier.
Le gui est-il dangereux pour l'arbre ?
Ce que le gui prend à l'arbre
Le gui prélève dans le bois de la branche la sève brute, c'est-à-dire l'eau et les sels minéraux. Il transpire beaucoup plus que son hôte, ce qui lui permet d'aspirer la sève à son profit. Les conséquences sont progressives :
- Stress hydrique de la branche porteuse, surtout pendant les étés secs, lorsque le gui continue à pomper alors que l'arbre ferme ses stomates.
- Affaiblissement de la partie située au-delà du point d'insertion : feuillage plus clair, pousses plus courtes, puis dessèchement de l'extrémité de la branche.
- Baisse de la floraison et de la fructification sur les branches colonisées.
- Renflement et déformation du bois au point d'insertion (le « bois guité »), qui fragilise la branche.
- Prise au vent et à la neige : en hiver, les touffes persistantes alourdissent des branches dénudées et augmentent le risque de casse lors des tempêtes.
- Porte d'entrée pour d'autres ennemis : l'arbre affaibli devient plus sensible aux champignons, aux chancres et aux insectes du bois.
Le gui tue-t-il les arbres ?
Rarement de façon directe, mais il peut y contribuer. Une ou deux touffes sur un pommier vigoureux ne changent pas grand-chose. Quand le gui occupe une part importante du houppier, l'arbre décline : sur le pin sylvestre, les études forestières montrent un dépérissement dès que le gui dépasse 10 % du houppier. Sur les vieux pommiers et les amandiers abandonnés, une colonisation massive conduit à la mort des branches charpentières en quelques années, puis de l'arbre.
Le gui n'a d'ailleurs pas intérêt à tuer son hôte : en cas de sécheresse sévère, il meurt souvent avant lui.
Faut-il enlever le gui des arbres ?
| Situation | Recommandation |
|---|---|
| Fruitier de jardin ou de verger (pommier, amandier) avec une ou plusieurs touffes | Oui, dès les premières touffes, pour protéger la production et éviter la propagation aux arbres voisins |
| Jeune arbre fruitier | Oui, immédiatement : une plantule sur une charpentière deviendra difficile à retirer dans 5 ans |
| Vieux pommier très colonisé | Oui, mais par étapes, sur 2 à 3 hivers, pour ne pas supprimer trop de feuillage d'un coup |
| Grand arbre d'ornement vigoureux (peuplier, tilleul) avec quelques touffes haut perchées | Pas indispensable ; surveiller, et faire intervenir un élagueur si les touffes se multiplient |
| Arbre de haie champêtre loin du verger | Facultatif, mais une aubépine pleine de gui à 20 m d'un pommier est une source permanente de graines |
Quand enlever le gui ?
La bonne période dépend de l'objectif et de l'essence.
- Pour limiter la propagation, il faut couper les touffes avant que les oiseaux ne consomment les baies, soit dès novembre-décembre. Une touffe femelle coupée en mars a déjà semé ses graines sur tout l'arbre.
- Pour repérer toutes les touffes, l'hiver est idéal : sur un arbre nu, le gui se voit de loin.
- Pour la santé de l'arbre, la période doit être compatible avec la taille de l'essence concernée.
| Essence | Période conseillée | Pourquoi |
|---|---|---|
| Pommier, poirier, aubépine, sorbier | Novembre à février, hors gel | Taille d'hiver classique des fruitiers à pépins, arbre en repos, gui bien visible, baies pas encore dispersées |
| Cerisier, prunier, abricotier, amandier, pêcher | Fin août à fin septembre, ou à la reprise de végétation | Les fruitiers à noyau cicatrisent mal en hiver ; les plaies hivernales favorisent la gommose et la maladie du plomb |
| Peuplier, tilleul, robinier, érable | Automne-hiver | Arbre en repos, gui visible |
Les jeunes plantules peuvent, elles, être retirées à tout moment de l'année dès qu'on les repère : il suffit de les décoller avec l'ongle ou la pointe d'un couteau.
Comment enlever le gui d'un arbre fruitier
La technique dépend de l'âge de la touffe et de la branche qui la porte. Dans tous les cas, arracher la touffe ou la couper au ras ne suffit pas : les cordons corticaux restés dans la branche produisent de nouvelles pousses dans les 1 à 3 ans.
Matériel
- Sécateur et ébrancheur pour les branches de moins de 3 cm.
- Scie d'élagage pour les branches plus grosses.
- Échenilloir ou scie sur perche pour les touffes hautes, sans monter dans l'arbre.
- Couteau ou serpette pour gratter l'écorce.
- Gants et lunettes de protection.
- Outils désinfectés à l'alcool à 70° entre deux arbres, surtout si l'un d'eux présente un chancre.
Cas 1 : jeune pousse de moins de 2 ans
Une plantule de gui se présente comme un petit « chewing-gum » vert collé à l'écorce, ou comme une tige verte de quelques centimètres portant une ou deux paires de feuilles. Le suçoir est encore superficiel.
- Décoller la plantule au couteau.
- Gratter l'écorce sur 1 à 2 cm autour du point d'attache, sans entamer le bois, pour éliminer le début de suçoir.
- Marquer l'endroit (ruban, photo) et le contrôler l'hiver suivant.
Cas 2 : touffe installée sur une branche secondaire
C'est le cas le plus fréquent et le plus simple à régler définitivement.
- Repérer le point d'insertion du gui et le renflement de la branche.
- Couper la branche porteuse entière, 20 à 30 cm sous le point d'insertion, côté tronc, pour éliminer aussi les cordons corticaux.
- Couper de préférence au niveau d'une ramification (au ras d'une branche latérale ou d'un empattement), jamais au milieu d'une branche, où un chicot sec se formerait.
- Pour une branche de plus de 5 cm de diamètre, procéder en trois coupes pour éviter l'arrachement d'écorce : entaille par-dessous, coupe par-dessus un peu plus loin pour faire tomber la branche, puis coupe finale propre au ras du col de la branche.
Sur un pommier, cette taille s'intègre à la taille d'hiver normale : elle rajeunit l'arbre et relance la fructification sur les rameaux restants.
Cas 3 : touffe sur une branche charpentière ou sur le tronc
Couper une charpentière déséquilibre et affaiblit durablement l'arbre. Il faut alors contenir le gui plutôt que l'éliminer d'un coup.
- Couper la touffe au ras de l'écorce.
- Retirer à la serpette une fine bande d'écorce sur 2 à 5 cm autour du point d'insertion, sans creuser dans le bois : les cordons corticaux circulent sous l'écorce, pas au cœur de la branche. Creuser profondément ouvre une plaie bien plus grave que le gui.
- Recouvrir la zone d'un manchon opaque (toile noire ou bande de caoutchouc épaisse) maintenu sans serrer pendant une saison de végétation : privées de lumière, les repousses s'épuisent.
- Couper les repousses chaque hiver, avant qu'elles ne forment une nouvelle touffe. Après 3 à 5 ans, le gui finit souvent par s'épuiser.
Faut-il mettre du mastic cicatrisant ?
Pour les coupes de moins de 5 cm de diamètre, non : une coupe nette au ras du col de la branche cicatrise seule, et le mastic peut retenir l'humidité sous sa couche. Pour les plaies plus grandes, surtout sur fruitiers à noyau, un mastic ou une argile appliquée en couche fine sur le pourtour de la coupe protège le bourrelet de cicatrisation en formation.
Faire appel à un élagueur
Au-dessus de 3 à 4 m, ou si la touffe se trouve sur une branche qu'on ne peut atteindre que depuis une échelle appuyée dans l'arbre, il est plus sûr de faire intervenir un élagueur-grimpeur. Les chutes d'échelle lors de l'élagage restent une cause fréquente d'accident chez les jardiniers.
Que faire du gui coupé ?
- Touffes avec baies : à mettre aux déchets verts ou à brûler là où c'est autorisé, mais pas au compost domestique, qui chauffe rarement assez pour détruire les graines.
- Touffes sans baies (mâles, ou coupées avant maturité) : compostables après broyage.
- Branches coupées : broyées ou évacuées, sans les laisser au pied de l'arbre ni dans un pré où pâturent des chevaux ou des ruminants (voir plus bas).
- Décoration de fin d'année : les touffes coupées peuvent servir, à condition de jeter les baies hors de portée des enfants et des animaux, et de ne pas les déposer ensuite au pied d'un arbre.
Erreurs fréquentes
| Erreur | Conséquence | À faire à la place |
|---|---|---|
| Arracher la touffe à la main | Repousse dans les 1 à 3 ans à partir des cordons corticaux | Couper la branche sous l'insertion, ou couper au ras et écorcer légèrement |
| Couper au milieu d'une branche | Chicot sec, porte d'entrée pour les champignons | Couper au ras d'une ramification |
| Creuser profondément dans le bois pour « extraire les racines » | Plaie large qui affaiblit plus la branche que le gui | Gratter l'écorce seulement, sur quelques centimètres |
| Intervenir en mars-avril | Graines déjà dispersées par les oiseaux | Couper en novembre-décembre sur fruitiers à pépins |
| Tailler les fruitiers à noyau en plein hiver | Risque de gommose et de maladie du plomb | Intervenir en fin d'été |
| Supprimer tout le gui d'un vieil arbre en une fois | Choc de taille, rejets en masse, arbre affaibli | Étaler sur 2 à 3 hivers |
| Traiter le gui avec un désherbant | Aucun produit n'est autorisé ni efficace sans nuire à l'arbre | Lutte mécanique uniquement |
| Ignorer l'aubépine pleine de gui de la haie voisine | Réinfestation permanente du verger | Traiter aussi les foyers proches, ou en parler au voisin |
Prévenir l'installation du gui
- Inspecter les fruitiers chaque hiver, à la chute des feuilles, à la jumelle pour les cimes. Une plantule d'un an se retire en 10 secondes ; une touffe de 10 ans demande de sacrifier une branche.
- Tailler régulièrement : la taille annuelle des pommiers et poiriers supprime les jeunes touffes avant qu'elles ne s'enracinent dans le bois.
- Maintenir l'arbre vigoureux : paillage, apport de compost au pied en fin d'hiver, arrosage des jeunes arbres pendant les sécheresses. Un arbre en bonne santé réagit plus vite à la pénétration du suçoir.
- Favoriser les mésanges et les sittelles : nichoirs dans le verger, haies diversifiées. Ces oiseaux consomment la majorité des graines collées sur les branches.
- Surveiller les sources proches : aubépines, peupliers et pommiers abandonnés autour du jardin. Une touffe femelle à moins de 50 m alimente en continu le verger.
- Planter des fruitiers peu sensibles dans les zones très colonisées : poiriers, cerisiers, pruniers sont beaucoup moins touchés que les pommiers.
Réglementation : gui, voisinage et obligations
La lutte contre le gui a longtemps été obligatoire en France, mais ce texte général a été abrogé au début des années 1980. Le gui figure désormais parmi les organismes nuisibles dont la lutte peut être rendue obligatoire localement et temporairement par arrêté préfectoral ou municipal, notamment dans les zones de vergers ou de peupleraies. En pratique, peu de départements ont pris de tels arrêtés : il faut se renseigner auprès de la mairie ou de la direction départementale des territoires.
Le gui n'est pas une espèce protégée en France : on peut le couper librement sur ses propres arbres. Sur un terrain qui n'est pas le sien, en revanche, la cueillette nécessite l'accord du propriétaire, et dans une forêt publique, celui de l'Office national des forêts.
Si les arbres d'un voisin sont couverts de gui et réinfestent les vôtres, aucune règle générale n'oblige à les nettoyer en dehors d'un arrêté local. La démarche efficace reste amiable : proposer une intervention commune en hiver, éventuellement en partageant le coût d'un élagueur. Les branches du voisin qui dépassent sur votre terrain peuvent faire l'objet d'une demande d'élagage au titre des règles de voisinage, mais vous ne pouvez pas les couper vous-même sans son accord.
Le gui, un rôle dans l'écosystème
Le gui n'est pas qu'un parasite. En hiver, quand les ressources se raréfient, ses baies nourrissent la grive draine, la fauvette à tête noire, le merle et d'autres oiseaux. Ses fleurs précoces fournissent du nectar aux mouches, abeilles et bourdons dès février. Ses touffes servent d'abri à de nombreux insectes et à certains oiseaux nicheurs.
La position la plus raisonnable consiste à protéger les arbres fruitiers et les jeunes arbres, où le gui coûte réellement en production et en longévité, et à tolérer quelques touffes sur les grands arbres d'ornement vigoureux et dans les haies éloignées du verger.
Toxicité du gui pour les animaux
Toutes les parties aériennes du gui sont toxiques, en particulier les feuilles et les baies, qui contiennent des viscotoxines. Les intoxications concernent surtout :
- les chiens et les chats qui mâchent les baies d'une décoration de fin d'année tombées au sol : salivation, vomissements, diarrhée, parfois troubles neurologiques ;
- les chevaux et les ruminants au pâturage, quand une branche chargée de gui tombe dans le pré après une tempête ou un élagage.
Il faut donc ramasser les baies tombées et ne jamais laisser les branches coupées dans un pré occupé. En cas d'ingestion par un animal, contacter rapidement un vétérinaire ou un centre antipoison vétérinaire. Les baies sont aussi toxiques pour les enfants : décorations à mettre hors de portée.
Questions fréquentes sur le gui
Sur quels arbres pousse le gui ?
Le gui des feuillus pousse surtout sur les pommiers, peupliers, aubépines, sorbiers, tilleuls, robiniers, saules et amandiers. Il est rare sur les poiriers, cerisiers, noisetiers et châtaigniers, exceptionnel sur les chênes et les ormes, et ne pousse jamais sur les hêtres ni les platanes. Deux autres sous-espèces colonisent les pins et les sapins.
Comment le gui arrive-t-il sur les arbres ?
Par les oiseaux. La grive draine avale les baies et rejette les graines dans ses fientes, la fauvette à tête noire mange la pulpe et colle la graine sur la branche. Entourée d'une substance collante, la viscine, la graine germe au printemps et perce l'écorce avec un suçoir en environ deux mois.
Le gui est-il un parasite ?
Oui, un hémiparasite. Il fait sa propre photosynthèse grâce à ses feuilles vertes, mais il prélève l'eau et les sels minéraux dans les vaisseaux de la branche qui le porte, par des suçoirs implantés dans le bois.
Le gui fait-il mourir les arbres ?
Rarement directement. Quelques touffes sur un arbre vigoureux sont sans grande conséquence. En revanche, une colonisation importante affaiblit les branches, réduit la fructification et peut faire dépérir un vieux pommier ou un amandier, surtout lors des étés secs.
Faut-il enlever le gui des arbres fruitiers ?
Oui. Sur un pommier ou un amandier, il faut retirer le gui dès les premières touffes, avant qu'il ne s'enracine dans les branches charpentières et ne réinfeste tout l'arbre. Sur un grand arbre d'ornement vigoureux, quelques touffes peuvent être tolérées.
Comment enlever le gui d'un pommier ?
En hiver, couper la branche porteuse 20 à 30 cm sous le point d'insertion du gui, au ras d'une ramification. Si le gui est sur une grosse branche ou le tronc, couper la touffe au ras, gratter l'écorce sur quelques centimètres autour, couvrir d'un manchon opaque et couper les repousses chaque hiver.
Quand faut-il couper le gui ?
De novembre à février sur les fruitiers à pépins, idéalement avant que les oiseaux ne mangent les baies. Sur les fruitiers à noyau (cerisier, prunier, abricotier, amandier), plutôt en fin d'été, pour éviter les plaies hivernales qui favorisent la gommose.
Pourquoi le gui repousse-t-il après avoir été coupé ?
Parce que le suçoir et les cordons corticaux qui circulent sous l'écorce restent dans la branche et produisent de nouvelles pousses. Il faut couper la branche sous l'insertion, ou à défaut écorcer légèrement autour et recouper les repousses chaque année.
Existe-t-il un traitement chimique contre le gui ?
Non. Aucun produit n'est autorisé pour détruire le gui sans nuire à l'arbre qui le porte. La lutte est uniquement mécanique : taille, écorçage léger, surveillance.
Y a-t-il une loi obligeant à enlever le gui ?
Plus de façon générale en France. La lutte peut être rendue obligatoire localement par arrêté préfectoral ou municipal, mais ces arrêtés sont rares. Il faut se renseigner auprès de sa mairie.
Pourquoi le gui pousse-t-il sur les pommiers et pas sur les poiriers ?
Le pommier est l'hôte le plus favorable au gui des feuillus, alors que le poirier oppose une résistance naturelle plus forte, probablement liée aux composés de défense produits autour du suçoir. Les vieux pommiers haute-tige, isolés et peu taillés, sont en outre très fréquentés par les grives.
Le gui est-il toxique pour les animaux ?
Oui. Feuilles et baies contiennent des viscotoxines toxiques pour les chiens, les chats, les chevaux et les ruminants. Il faut ramasser les baies tombées et ne pas laisser de branches coupées dans un pré.