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Maladie

Moniliose : reconnaître la maladie, comprendre son cycle et protéger fleurs et fruits

Une prune qui brunit en deux jours, se couvre de petits coussinets gris puis se dessèche sur la branche sans jamais tomber. Elle passera l'hiver accrochée là, et c'est elle qui contaminera les fleurs au printemps prochain. La moniliose se gagne ou se perd au sécateur, en hiver, bien plus qu'au pulvérisateur.

Mis à jour le 15 octobre 2026 19 min de lecture Sévérité : Moyen
Moniliose : reconnaître la maladie, comprendre son cycle et protéger fleurs et fruits

La moniliose est une maladie des arbres fruitiers due à des champignons du genre Monilinia. Elle dessèche les fleurs et les rameaux au printemps, surtout sur l'abricotier et le cerisier, et fait pourrir les fruits en été, qui se couvrent de coussinets blancs ou gris puis se momifient sur l'arbre. On la maîtrise d'abord par l'hygiène : supprimer les fruits momifiés et les rameaux desséchés, éviter les blessures des fruits, aérer l'arbre.

Elle touche presque toutes les rosacées fruitières : abricotier, cerisier, prunier, pêcher, nectarinier, amandier, pommier, poirier, cognassier, néflier. C'est aussi la principale maladie de conservation des fruits : une pomme ou une pêche saine en apparence à la cueillette peut pourrir en quelques jours au cellier.

Cette fiche explique comment reconnaître les deux formes de la maladie et la distinguer du gel, du feu bactérien ou d'autres pourritures, comment le champignon passe l'hiver et contamine l'arbre, quels gestes et quels traitements fonctionnent réellement au jardin (et lesquels ne servent à rien, comme le soufre), et comment adapter la stratégie à chaque arbre.

Fiche maladie

Fiche maladie
Nom Moniliose, monilia, pourriture brune des fruits
Agents Monilinia laxa, Monilinia fructigena, Monilinia fructicola (forme asexuée : Monilia)
Type Champignon ascomycète, parasite de faiblesse et de blessure
Arbres touchés Abricotier, cerisier, prunier, pêcher, nectarinier, amandier, pommier, poirier, cognassier, néflier
Formes Moniliose des fleurs et rameaux (arbres à noyau surtout) ; moniliose des fruits (tous)
Conservation Fruits momifiés, chancres et rameaux desséchés
Au jardin
Conditions favorables Floraison sous la pluie, fruits blessés, étés orageux, fruits serrés
Période à risque Floraison (février à avril) ; 4 à 6 semaines avant la récolte ; conservation
Signes Bouquets floraux bruns restés accrochés, rameaux secs avec gomme, fruits pourris à coussinets, momies
Gestes prioritaires Retirer toutes les momies en hiver, tailler les rameaux atteints, protéger les fruits des blessures
Traitements Cuivre en hiver, biocontrôle à la floraison sur arbres sensibles ; pas de traitement curatif

Les deux formes de la moniliose

moniliose-arbre
Rameaux desséchés par la moniliose sur un arbre fruitier

La moniliose ne se présente pas de la même façon selon l'arbre et la saison. Distinguer les deux formes est la première étape pour agir au bon moment.

Moniliose des fleurs et rameaux Moniliose des fruits
Champignons M. laxa, M. fructicola M. fructigena, M. laxa, M. fructicola
Arbres surtout touchés Abricotier, cerisier, amandier, prunier, pêcher Pommier, poirier, cognassier, et tous les arbres à noyau
Saison Floraison, de février à avril De la nouaison à la récolte, et en conservation
Symptômes Fleurs et jeunes feuilles brunes, desséchées, qui restent collées au rameau ; rameau qui sèche sur 10 à 30 cm ; gomme Tache brune qui s'étend en 2 à 4 jours, coussinets de spores, fruit qui se momifie
Porte d'entrée Le pistil des fleurs ouvertes Une blessure du fruit : insecte, oiseau, grêle, éclatement
Moment pour agir Avant et pendant la floraison En été, en protégeant les fruits des blessures ; en hiver, en retirant les momies

Les trois espèces de Monilinia

Espèce Fruits touchés Coussinets sur fruit Particularité
Monilinia fructigena Surtout pommes, poires, coings ; aussi prunes, pêches Beiges à crème, gros, en cercles concentriques réguliers Active au-dessus de 15 °C ; n'attaque que les fruits
Monilinia laxa Surtout abricots, cerises, prunes, pêches, amandes Gris cendré, petits, irréguliers Active dès 5 °C ; attaque fleurs, rameaux et fruits
Monilinia fructicola Fruits à noyau Gris cendré, irréguliers Détectée en France en 2001 ; très agressive, attaque fleurs, rameaux et fruits

M. laxa et M. fructicola ne se distinguent pas à l'œil nu. La différence entre « pourriture des pommes » et « dessèchement des fleurs d'abricotier » tient donc d'abord à la température : les espèces actives dès 5 °C peuvent infecter les fleurs en mars, quand M. fructigena attend les chaleurs de l'été.

Reconnaître la moniliose

Sur fleurs et rameaux

Au printemps, sur l'abricotier, le cerisier, le prunier ou l'amandier :

  • Les fleurs brunissent quelques jours après leur ouverture, puis tout le bouquet, fleurs et jeunes feuilles, sèche d'un coup.
  • Le bouquet desséché reste accroché au rameau au lieu de tomber. C'est le critère qui le distingue d'un coup de gel.
  • Le rameau sèche à partir de la fleur sur 10 à 30 cm ; les feuilles fanent puis brunissent.
  • Un chancre se forme à la base de la partie sèche : écorce déprimée, brun-violacé, souvent avec un écoulement de gomme ambrée sur les arbres à noyau.
  • Par temps humide, de petits coussinets gris apparaissent sur les fleurs mortes.

Sur les fruits

Pomme atteinte de moniliose avec pourriture du fruit
Pomme atteinte de moniliose avec pourriture du fruit
  • Une tache brune, ronde, souvent centrée sur une blessure (piqûre, morsure, crevasse), s'étend en 2 à 4 jours à tout le fruit.
  • Des coussinets de spores percent la peau : beiges et en cercles concentriques (M. fructigena), ou gris cendré et dispersés (M. laxa).
  • La chair devient brune et spongieuse, sans odeur forte au début.
  • Le fruit se dessèche sur l'arbre sans tomber : il devient une momie, ridée et noirâtre, qui peut rester accrochée tout l'hiver.
  • En conservation, la pomme peut devenir entièrement noire et luisante, sans coussinets (« pourriture noire »), à cause de l'obscurité du cellier.
  • Par contact, la pourriture passe d'un fruit à l'autre quand ils se touchent, sur l'arbre en grappe comme dans une cagette.

Ne pas confondre avec

Symptôme Moniliose ? Autre cause possible
Fleurs brunes qui tombent après une nuit de gelée Non Gel : fleurs brunies au cœur (pistil noir), sans coussinets, toutes touchées en même temps
Fleurs et pousses noircies en crosse, aspect brûlé, sur poirier, pommier, cognassier Non Feu bactérien : pousses recourbées en crosse, gouttelettes d'exsudat ; maladie à signaler
Feutrage gris et duveteux sur fruits mûrs, cerises et fraises surtout Non Botrytis (pourriture grise) : moisissure poudreuse grise, pas de coussinets
Taches brunes circulaires sur pommes en cave, autour des lenticelles Non Gloeosporiose (pourriture lenticellaire) : taches enfoncées, rondes, nettes
Pourriture brune, chair amère, coussinets noirs en cercles Non Pourriture amère
Pousses de pêcher qui flétrissent en crosse, avec un ver Non Tordeuse orientale du pêcher
Rameaux de cerisier secs avec gomme, sans fleurs touchées Pas forcément Chancre bactérien ou coryneum

Le cycle de la moniliose

  1. Hiver : le champignon survit dans les fruits momifiés restés sur l'arbre ou au sol, dans les pédoncules et les rameaux desséchés, et dans les chancres. Une momie peut produire des spores pendant deux saisons.
  2. Floraison : dès 5 °C, par temps humide, les momies et les chancres libèrent des spores. Le vent, la pluie et les insectes pollinisateurs les déposent sur les fleurs. Le champignon entre par le pistil et descend dans le rameau. C'est l'infection la plus grave pour l'abricotier et le cerisier.
  3. Printemps : les bouquets et rameaux tués se couvrent de coussinets et deviennent de nouvelles sources de spores.
  4. Été : les spores attendent une blessure du fruit pour y pénétrer : carpocapse, tordeuse, drosophile, guêpes, frelons, oiseaux, grêle, éclatement après une pluie suivant une sécheresse, frottement entre fruits. La période la plus risquée couvre les 4 à 6 semaines précédant la récolte, quand la peau s'affine.
  5. Propagation : un fruit pourri contamine ses voisins par contact, et produit des millions de spores qui gagnent les fruits blessés de l'arbre.
  6. Automne : les fruits non récoltés se momifient. Le cycle est bouclé.

Ce cycle montre que tout passe par les momies et les blessures. Un arbre dont on retire chaque hiver toutes les momies et les rameaux secs, et dont les fruits sont protégés des blessures, est rarement gravement atteint.

Calendrier de protection

Période Ce que fait le champignon Action au jardin
Novembre – février Hiverne dans les momies et les chancres Retirer toutes les momies sur l'arbre et au sol ; tailler les rameaux secs et chancreux ; cuivre possible à la chute des feuilles
Fin février – avril (floraison) Infecte les fleurs par temps humide Sur abricotier, cerisier, amandier : surveiller la météo ; traitement de biocontrôle avant une pluie, au stade boutons blancs
Avril – mai Bouquets et rameaux tués produisent des spores Couper les rameaux desséchés 15 à 20 cm sous la zone brune dès leur apparition
Mai – juin — Éclaircir les fruits pour qu'ils ne se touchent plus ; lutter contre carpocapse et tordeuse
Juillet – septembre Infecte les fruits blessés Retirer chaque fruit pourri dès qu'il apparaît ; protéger des guêpes et oiseaux ; arrosage régulier contre l'éclatement ; récolter sans attendre la surmaturité
Septembre – octobre Momification des fruits oubliés Récolter tout ; ne laisser aucun fruit sur l'arbre ; trier les fruits destinés à la conservation
Conservation Contamination par contact Ne stocker que des fruits intacts, sans qu'ils se touchent ; inspecter chaque semaine

Prévenir la moniliose : les gestes qui comptent

Retirer toutes les momies

moniliose-coing-au-sol
Coing momifié atteint de moniliose

C'est le geste le plus efficace, et il ne coûte rien. En hiver, quand l'arbre est nu :

  • Décrocher chaque fruit momifié, avec son pédoncule et, sur les arbres à noyau, la petite portion de rameau qui le porte.
  • Ramasser les momies tombées au sol, y compris sous le paillis.
  • Ne pas les composter : le compost domestique ne chauffe pas assez pour tuer le champignon. Les mettre aux déchets verts ou à la poubelle. Le brûlage des végétaux est interdit dans la plupart des communes.

Une momie oubliée suffit à contaminer les fleurs de tout un abricotier au printemps suivant.

Tailler les rameaux atteints

  • Au printemps, dès qu'un rameau sèche après la floraison, le couper 15 à 20 cm sous la limite de la partie brune, dans le bois sain, pour éliminer le chancre.
  • En hiver (fruits à pépins) ou en fin d'été (fruits à noyau), supprimer les rameaux morts et chancreux restants.
  • Désinfecter le sécateur à l'alcool à 70° entre chaque coupe sur un arbre atteint.
  • Aérer la couronne : une couronne ouverte sèche plus vite après la pluie, ce qui réduit la durée pendant laquelle les spores peuvent germer.

Éviter les blessures des fruits

Sans blessure, le champignon des fruits entre très difficilement. Protéger les fruits, c'est donc protéger la récolte.

  • Contre les vers des fruits : lutter contre le carpocapse sur pommes et poires, la tordeuse orientale sur pêches, la drosophile sur cerises.
  • Contre les guêpes, frelons et oiseaux : filets à mailles fines ou ensachage des fruits sur les petits arbres.
  • Contre l'éclatement : arrosage régulier en été, paillage, pour éviter les crevasses causées par une pluie après une sécheresse.
  • Contre la grêle : après un orage de grêle, surveiller l'arbre de près et retirer les fruits touchés.
  • À la cueillette : manipuler les fruits par le pédoncule, ne pas les jeter dans le panier.

Éclaircir les fruits

Des fruits qui se touchent se contaminent les uns les autres. Après la chute naturelle de juin, éclaircir pour laisser :

  • un fruit tous les 15 à 20 cm sur pommier et poirier ;
  • un fruit tous les 10 à 15 cm sur pêcher et abricotier ;
  • des grappes de prunes dédoublées sur les variétés très productives.

Récolter au bon moment

Les fruits surmûrs ont la peau fine et sont les premiers touchés. Récolter régulièrement, sans laisser de fruits sur l'arbre en fin de saison. En cas d'attaque en cours, cueillir les fruits sains quelques jours avant leur pleine maturité.

Fertiliser sans excès d'azote

Un excès d'azote produit des pousses tendres et des fruits à peau fine, plus sensibles. Un apport de compost à l'automne suffit le plus souvent.

Traitements contre la moniliose

Le cuivre, en hiver

Le cuivre (bouillie bordelaise) agit en surface et réduit les spores sur l'écorce, les chancres et les bourgeons. Il s'utilise :

  • à la chute des feuilles, en automne ;
  • au gonflement des bourgeons, en fin d'hiver, avant l'ouverture des fleurs.

Il ne remplace pas le retrait des momies et n'agit pas sur une infection déjà installée. Le cuivre peut être phytotoxique sur les fleurs et les jeunes feuilles des arbres à noyau : on ne l'applique pas pendant la floraison. La réglementation limite son usage à 4 kg de cuivre métal par hectare et par an en moyenne : deux passages par an au maximum suffisent au jardin. Respecter la dose de l'étiquette des produits portant la mention « Emploi autorisé au jardin ».

Le biocontrôle à la floraison

Sur les arbres très sensibles à la moniliose des fleurs (abricotier, cerisier, amandier), quelques produits de biocontrôle autorisés au jardin peuvent être appliqués juste avant une période de pluie pendant la floraison, au stade boutons blancs puis fleurs ouvertes. Ce sont notamment des préparations à base de Bacillus subtilis ou d'autres micro-organismes antagonistes, ou à base de bicarbonate de potassium. Leur efficacité est partielle et dépend d'une application avant la contamination. Vérifier sur le site e-phy de l'Anses que le produit est autorisé sur l'arbre et contre la moniliose.

Le soufre est-il efficace contre la moniliose ?

Non. Le soufre est un fongicide efficace contre l'oïdium et, dans une moindre mesure, contre la tavelure, mais il n'a pas d'action reconnue contre les Monilinia . Il n'est pas homologué contre la moniliose et n'empêche ni l'infection des fleurs ni la pourriture des fruits. Sur abricotier, il peut en outre brûler le feuillage par forte chaleur. Les pulvérisations de soufre « contre la moniliose », souvent conseillées par habitude, sont donc inutiles.

Les autres remèdes naturels

Remède Ce qu'on en dit Ce qu'il en est
Décoction de prêle « Renforce l'arbre contre les champignons » Effet préventif modeste, sans résultats démontrés contre la moniliose ; peut accompagner les autres gestes
Huiles essentielles (clou de girofle, arbre à thé) « Antifongiques naturels » Non autorisées comme fongicides au jardin ; risque de brûlures sur fleurs et jeunes fruits
Bicarbonate de soude « Fongicide de grand-mère » Pas d'efficacité démontrée contre la moniliose ; à ne pas confondre avec le bicarbonate de potassium homologué
Purin d'ortie « Stimule les défenses » Engrais azoté : favorise au contraire des tissus tendres
Navets ou ail au pied de l'arbre « Repoussent le champignon » Aucun mécanisme ni résultat connu
Chaulage du tronc « Désinfecte l'écorce » Effet limité ; les momies restent la vraie source

Existe-t-il un traitement curatif de la moniliose ?

Non, au jardin, il n'existe aucun traitement curatif : un fruit pourri ou un rameau desséché ne se soigne pas. Quand la maladie est déclarée, il faut :

  1. Retirer immédiatement fleurs, rameaux et fruits atteints, pour limiter la production de spores.
  2. Couper les rameaux 15 à 20 cm sous la zone malade.
  3. Récolter les fruits sains sans attendre la pleine maturité.
  4. Préparer l'hiver : retrait de toutes les momies, taille d'assainissement, cuivre à la chute des feuilles.

La moniliose selon les arbres

Abricotier

L'abricotier est l'arbre le plus touché par la moniliose des fleurs et rameaux. Par printemps pluvieux, des pans entiers de l'arbre peuvent sécher en quelques jours après la floraison, avec beaucoup de gomme. La protection repose sur le retrait rigoureux des rameaux secs et des momies, un biocontrôle avant les pluies de floraison, et le choix de variétés moins sensibles. Le détail est dans la fiche moniliose de l'abricotier.

Cerisier

moniliose-cerisier
Cerisier atteint de moniliose

Le cerisier subit les deux formes : bouquets floraux desséchés au printemps, en particulier sur les griottiers et cerisiers acides, et cerises pourries à l'approche de la récolte, souvent après des pluies qui les font éclater. Voir la fiche moniliose du cerisier.

Prunier, mirabellier, quetschier

Le prunier est surtout touché sur fruits : les prunes pourrissent en grappes juste avant la récolte, se couvrent de coussinets gris et se momifient en restant accrochées. Les prunes qui pourrissent sur l'arbre en août sont presque toujours atteintes de moniliose, souvent à partir d'une piqûre de carpocapse des prunes ou de guêpe. L'éclaircissage des grappes, la lutte contre le carpocapse des prunes et le retrait des momies sont les mesures prioritaires. La forme fleurs et rameaux existe aussi par printemps humide.

Pêcher et nectarinier

Les deux formes sont présentes. Les pêches et nectarines mûres sont très sensibles, surtout après les blessures de la tordeuse orientale ou de la grêle. C'est aussi la première cause de pertes en conservation : une pêche contaminée sur l'arbre peut pourrir 2 à 3 jours après la cueillette. Ne pas confondre les rameaux desséchés au printemps avec la cloque du pêcher, qui déforme les feuilles sans les dessécher.

Pommier

Sur pommier, c'est surtout M. fructigena qui fait pourrir les fruits en fin d'été, à partir d'un trou de carpocapse ou d'une morsure de guêpe : la pomme brunit et se couvre de coussinets beiges en cercles concentriques. En cave, elle peut devenir noire et luisante. La lutte contre le carpocapse est la meilleure prévention.

Poirier

Le poirier est atteint de la même façon que le pommier, sur les fruits blessés. Les poires d'automne et d'hiver, qui restent longtemps sur l'arbre, sont plus exposées. Récolter les poires d'été un peu avant maturité et les laisser mûrir à l'intérieur limite les pertes.

Cognassier et néflier

moniliose-cognassier
Cognassier atteint de moniliose

Le cognassier et le néflier ont chacun leur propre moniliose (Monilinia linhartiana et M. mespili), qui attaque les feuilles et les jeunes fruits au printemps : taches brunes sur les feuilles, fruits qui se momifient. Les mêmes mesures d'hygiène s'appliquent : retirer les momies et les feuilles atteintes, aérer l'arbre.

Amandier

L'amandier, qui fleurit très tôt, est sensible à la moniliose des fleurs par temps humide en février-mars. Les rameaux qui sèchent après la floraison sont à couper dans le bois sain.

Moniliose en conservation : protéger les fruits stockés

La moniliose est la principale cause de pourriture des fruits au cellier. Pour limiter les pertes :

  • Ne stocker que des fruits intacts, sans meurtrissure, piqûre ni trace de pédoncule arraché.
  • Les poser sans qu'ils se touchent, sur une seule couche, dans des cagettes ou sur des claies.
  • Inspecter chaque semaine et retirer aussitôt tout fruit qui brunit, avec ses voisins immédiats.
  • Conserver au frais, entre 2 et 6 °C pour les pommes et poires, dans un local aéré.
  • Consommer en priorité les fruits cueillis en fin de saison sur un arbre atteint.

Questions fréquentes sur la moniliose

Comment traiter la moniliose naturellement ?

Avant tout par l'hygiène : retirer en hiver tous les fruits momifiés et les rameaux desséchés, couper au printemps les rameaux qui sèchent après la floraison, éviter les blessures des fruits et les éclaircir. Le cuivre en hiver et un biocontrôle à base de Bacillus subtilis à la floraison complètent ces gestes sur les arbres sensibles.

Existe-t-il un traitement curatif contre la moniliose ?

Non. Une fleur, un rameau ou un fruit atteint ne se soigne pas. Il faut le retirer immédiatement pour limiter la production de spores, puis préparer l'année suivante par le retrait des momies et un traitement au cuivre en hiver.

Le soufre est-il efficace contre la moniliose ?

Non. Le soufre agit contre l'oïdium mais n'a pas d'efficacité reconnue contre les champignons Monilinia. Il n'est pas homologué contre la moniliose et n'empêche ni le dessèchement des fleurs ni la pourriture des fruits.

Quand traiter contre la moniliose ?

À la chute des feuilles et au gonflement des bourgeons avec du cuivre, puis, sur les arbres à noyau sensibles, pendant la floraison avec un produit de biocontrôle, juste avant une période de pluie. En été, la protection consiste surtout à éviter les blessures des fruits.

Pourquoi mes prunes pourrissent-elles sur l'arbre ?

Le plus souvent à cause de la moniliose, qui entre par une piqûre de carpocapse des prunes, une morsure de guêpe ou une crevasse après la pluie, puis passe d'un fruit à l'autre dans les grappes serrées. Éclaircir les grappes, lutter contre le carpocapse et retirer les fruits atteints et les momies limite le problème.

Que faire des fruits momifiés ?

Les retirer tous, sur l'arbre et au sol, de préférence en hiver, et les jeter aux déchets verts ou à la poubelle. Ne pas les composter : le compost domestique ne chauffe pas assez pour détruire le champignon.

Peut-on manger un fruit atteint de moniliose ?

On peut consommer la partie saine d'un fruit à peine touché en retirant largement la zone brune, mais la chair voisine est souvent altérée. Un fruit couvert de coussinets ou momifié est à jeter.

La moniliose se transmet-elle d'un arbre à l'autre ?

Oui. Les spores sont transportées par le vent, la pluie et les insectes. M. laxa passe facilement d'un arbre à noyau à un autre. Il faut donc nettoyer tous les arbres du jardin, pas seulement le plus atteint.

Comment différencier la moniliose et le gel des fleurs ?

Après un gel, les fleurs ont le cœur noir et finissent par tomber, et toutes celles exposées sont touchées en même temps. Avec la moniliose, les fleurs et les jeunes feuilles sèchent en bouquet, restent collées au rameau, et le rameau lui-même sèche, souvent avec de la gomme.

Quels arbres sont touchés par la moniliose ?

Presque toutes les rosacées fruitières : abricotier, cerisier, prunier, pêcher, nectarinier, amandier, pommier, poirier, cognassier et néflier. L'abricotier et le cerisier souffrent surtout de la forme des fleurs ; le pommier et le poirier, de la pourriture des fruits.

La moniliose touche-t-elle les fruits en conservation ?

Oui, c'est même la première cause de pourriture au cellier. Un fruit contaminé sur l'arbre peut pourrir quelques jours après la cueillette et contaminer ses voisins par contact. Ne stocker que des fruits intacts, sans qu'ils se touchent, et les inspecter chaque semaine.

Faut-il couper les branches atteintes de moniliose ?

Oui. Dès qu'un rameau sèche après la floraison, le couper 15 à 20 cm sous la limite de la partie brune, dans le bois sain, en désinfectant le sécateur entre chaque coupe. Les rameaux coupés vont aux déchets verts.

Tom le Jardinier
Tom le Jardinier

Horticulteur de formation, je cultive un potager naturel à plus de 900 mètres d'altitude dans le Jura suisse. Chaque article est basé sur des années de pratique et d'observation au jardin.

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