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Ravageur

Carpocapse : reconnaître le ver des pommes, comprendre son cycle et protéger ses fruits

Une pomme qui tombe trop tôt, un petit tas de sciure brune collé sur la peau, et au cœur une galerie qui file jusqu'aux pépins : le « ver » est passé. C'est la chenille d'un papillon gris qui vole les soirs tièdes de juin, et qui passera l'hiver à 50 cm du sol, sous l'écorce de votre pommier. C'est là qu'on l'arrête le plus facilement.

Mis à jour le 14 octobre 2026 23 min de lecture Sévérité : Élevé
Carpocapse : reconnaître le ver des pommes, comprendre son cycle et protéger ses fruits

Le carpocapse (Cydia pomonella) est un petit papillon dont la chenille creuse les pommes, les poires, les coings et les noix jusqu'au cœur : c'est le fameux « ver de la pomme ». Au jardin, on le combat sans insecticide en combinant bandes-pièges en carton sur le tronc, ramassage des fruits véreux, filets ou ensachage des fruits, nématodes à l'automne et accueil des mésanges et chauves-souris.

Le carpocapse est le premier ravageur des pommiers en France, au jardin comme en verger. Dans un verger non protégé, une grande partie des pommes peut être véreuse en fin de saison, surtout dans le Sud où il fait deux, voire trois générations par an.

Cette fiche explique comment reconnaître ses dégâts et le distinguer des autres « vers » des fruits, comment se déroule son cycle et à quels moments il est vulnérable, quelles méthodes fonctionnent réellement au jardin (et lesquelles relèvent surtout du verger professionnel), avec un calendrier d'action mois par mois. Le carpocapse des prunes, une espèce différente, est traité dans une section à part.

Fiche ravageur

Fiche ravageur
Nom courant Carpocapse, carpocapse des pommes et des poires, ver de la pomme
Nom latin Cydia pomonella
Famille Tordeuses (Tortricidés), ordre des lépidoptères
Adulte Papillon gris de 15 à 22 mm d'envergure, tache brun cuivré au bout des ailes
Larve Chenille de 1,5 mm à l'éclosion, 15 à 20 mm adulte, blanc rosé à tête brune
Générations 1 à 2 dans le Nord, 2 à 3 dans le Sud
Hivernage Larve dans un cocon sous l'écorce du tronc ou au sol
Au jardin
Fruits touchés Pommes, poires, coings, nashis, noix ; plus rarement abricots et pêches
Période de vol Fin avril à septembre, pics en juin et en août
Signes Trou d'entrée avec amas de déjections brunes, galerie jusqu'aux pépins, chute précoce des fruits
Moments clés Juin (bandes-pièges, filets), juillet-août (ramassage des fruits), septembre-octobre (nématodes)
Méthodes prioritaires Bandes-pièges en carton, ramassage, filets ou ensachage, nématodes, nichoirs

Reconnaître le carpocapse et ses dégâts

carpocapse-papillon
Papillon du carpocapse adulte en gros plan

Les dégâts sur les fruits

  • Le trou d'entrée : un petit orifice sur la peau, souvent au point de contact entre deux fruits ou entre un fruit et une feuille, ou dans l'œil des poires. Il est marqué par un amas de déjections brun-rouge, semblable à de la sciure.
  • La galerie : elle descend en spirale jusqu'au cœur du fruit, remplie d'excréments. La chenille se nourrit en priorité des pépins.
  • Le trou de sortie : plus large, par lequel la chenille quitte le fruit une fois son développement terminé.
  • La chute prématurée : les fruits attaqués mûrissent trop tôt et tombent, souvent avec la chenille encore à l'intérieur en début d'été.
  • La pourriture : la blessure laisse entrer les champignons et le fruit pourrit à partir du trou.
  • Les « piqûres » : un trou d'entrée peu profond, sans galerie, correspond à une jeune chenille morte ou ayant abandonné le fruit.

Sur noyer, la chenille du carpocapse dévore le cerneau de la noix encore verte, qui tombe en juillet-août.

Reconnaître le papillon et la chenille

Le papillon adulte mesure environ 2 cm d'envergure. Ses ailes antérieures, gris strié, imitent parfaitement l'écorce ; leur extrémité porte une tache brune bordée de lignes cuivrées brillantes, très caractéristique. Il ne vole qu'au crépuscule et reste invisible le jour.

La chenille est blanchâtre à l'éclosion, puis rose pâle, avec une tête brun foncé. Adulte, elle mesure 15 à 20 mm.

Ne pas confondre avec

Tous les « vers » des fruits ne sont pas des carpocapses, et le traitement diffère.

« Ver » dans le fruit Responsable Fruits Comment le reconnaître
Galerie jusqu'aux pépins, déjections en sciure, juillet à octobre Carpocapse des pommes (Cydia pomonella) Pomme, poire, coing, noix Amas de déjections brunes à l'entrée
Ver rose dans les prunes, gomme au point d'entrée, juillet-août Carpocapse des prunes (Grapholita funebrana) Prune, mirabelle, reine-claude, quetsche Fruit qui bleuit et tombe prématurément
Jeunes prunes véreuses en mai, qui tombent toutes petites Hoplocampe du prunier Prune Larve à odeur de punaise, dégâts juste après la floraison
Ruban liégeux en spirale sous la peau des jeunes pommes, en juin Hoplocampe du pommier Pomme Cicatrice superficielle, fruits tombés en juin
Pousses de pêcher qui flétrissent, puis fruits véreux Tordeuse orientale du pêcher (Grapholita molesta) Pêche, abricot, parfois pomme Pousses en crosse au printemps
Asticot blanc dans les cerises mûres Mouche de la cerise Cerise Asticot sans pattes, pulpe ramollie autour du noyau
Ver dans les châtaignes et les glands Carpocapse des châtaignes (Cydia splendana) Châtaigne Trou de sortie rond en automne

Le cycle du carpocapse : où et quand il est vulnérable

  1. Hiver : la chenille adulte passe l'hiver dans un cocon blanc et soyeux, caché dans les anfractuosités de l'écorce du tronc et des grosses branches, le plus souvent entre 30 et 60 cm du sol, parfois au sol, dans les débris, les piquets ou les caisses de fruits.
  2. Avril-mai : elle se transforme en chrysalide. Les premiers papillons émergent pendant la floraison des pommiers.
  3. Mai-juin, vol de la première génération : les papillons volent au crépuscule. Ils s'accouplent si la température dépasse 12 °C au coucher du soleil, et les femelles pondent quand elle dépasse 14 à 15 °C. Les soirées fraîches ou ventées bloquent la ponte. Chaque femelle pond une centaine d'œufs, déposés un par un sur les feuilles et les jeunes fruits.
  4. Éclosion : les œufs, plats et blancs, de 1 mm, éclosent en 9 jours à 20 °C, 18 jours à 15 °C. La jeune chenille erre 1 à 5 jours avant de pénétrer dans un fruit : c'est le seul moment où elle est exposée.
  5. Dans le fruit, 3 à 4 semaines : la chenille creuse jusqu'aux pépins, puis sort du fruit (ou du fruit tombé) et descend le long du tronc pour tisser son cocon.
  6. Juillet-août : une partie des chenilles se nymphose aussitôt et donne une deuxième génération de papillons, en juillet-août. Les autres entrent en repos jusqu'au printemps suivant.
  7. Août-octobre : les chenilles de deuxième génération attaquent des fruits plus gros, plus près de la récolte, puis rejoignent l'écorce pour hiverner.

Ce cycle montre trois points faibles : la chenille qui descend du fruit vers le tronc (bandes-pièges), le cocon hivernant sous l'écorce (nématodes, brossage) et la jeune chenille qui erre avant d'entrer dans le fruit (filets, ensachage, virus de la granulose).

Calendrier d'action contre le carpocapse

Période Ce que fait le carpocapse Action au jardin
Janvier – mars Chenilles en cocon sous l'écorce Brosser l'écorce écailleuse des vieux troncs, retirer cocons et débris ; nettoyer piquets et caisses à fruits
Mars – avril Nymphose Nématodes possibles si l'automne précédent a été manqué (sol et écorce au-dessus de 10 °C) ; poser les nichoirs
Fin avril – mai Émergence pendant la floraison Poser un piège à phéromones pour repérer le début du vol
Fin mai – juin Ponte et éclosions de 1re génération Filets ou ensachage après la chute des pétales ; virus de la granulose 7 à 10 jours après le début des captures ; pose des bandes-pièges fin juin
Juillet Chenilles qui sortent des fruits, 2e vol qui commence Ramasser les fruits tombés deux fois par semaine ; relever les bandes tous les 10 à 15 jours
Août Ponte de 2e génération Deuxième passage de virus de la granulose en cas de fortes captures ; ramassage ; relevé des bandes
Septembre – octobre Chenilles qui gagnent l'écorce pour hiverner Nématodes sur tronc et pied d'arbre ; relevé des bandes
Novembre Toutes les chenilles en cocon Retirer et détruire les bandes-pièges ; ne pas laisser de fruits véreux au sol ni au grenier

Les dates glissent de 2 à 3 semaines entre le Midi et le Nord-Est. Le piège à phéromones donne la date de votre jardin.

Le piège à phéromones : savoir quand agir

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Piège à phéromones contre le carpocapse des fruits

Le piège à phéromones, souvent appelé « piège à hormones », est le premier outil à installer contre le carpocapse. Il ne protège pas les fruits à lui seul, mais il indique quand le vol commence, quand il culmine et quand il s'arrête dans votre jardin. Toutes les autres interventions en dépendent : la pose des filets, le virus de la granulose, le relevé des bandes-pièges.

Comment il fonctionne

Le piège contient une petite capsule imprégnée de la phéromone sexuelle de la femelle carpocapse, la codlémone. Les mâles, attirés par cette odeur à plusieurs dizaines de mètres, entrent dans le piège et restent collés sur une plaque engluée. La phéromone est spécifique de l'espèce : un piège à carpocapse des pommes n'attire ni le carpocapse des prunes, ni la tordeuse orientale du pêcher, qui ont chacun leur propre capsule. Il n'attire pas non plus les abeilles ni les autres insectes utiles.

Il s'agit d'une phéromone, c'est-à-dire un signal chimique entre individus de la même espèce, et non d'une hormone : le nom « piège à hormones » est courant mais impropre.

Le matériel

  • Le piège : le modèle le plus courant est le piège « delta », un petit toit triangulaire en carton plastifié, ouvert aux deux bouts, avec une plaque engluée au fond.
  • La capsule de phéromone : posée au centre de la plaque engluée. Elle reste active 4 à 6 semaines selon le fabricant ; il faut donc la changer une à deux fois dans la saison, en particulier avant le vol de deuxième génération, début juillet.
  • Les plaques engluées : à remplacer quand elles sont couvertes de papillons, de poussière ou d'écailles d'ailes, généralement toutes les 3 à 4 semaines, car une plaque saturée ne capture plus.

Un kit pour le jardin (piège, 2 à 3 capsules, plusieurs plaques) couvre une saison.

Où et quand le poser

  • Nombre : un piège suffit pour un jardin ou un petit verger de moins de 10 arbres. Plusieurs pièges n'apportent pas plus d'information et attirent davantage de mâles des alentours.
  • Date : fin avril, avant la fin de la floraison des pommiers, pour ne pas manquer les premiers papillons.
  • Emplacement : dans un pommier ou un poirier, à hauteur d'homme (1,5 à 2 m), en périphérie de la couronne, sur une branche dégagée où l'air circule. Éviter le cœur dense de l'arbre et le plein soleil de l'après-midi, qui fait sécher la glu.
  • Durée : jusqu'à fin août ou mi-septembre, pour suivre les deux générations.
  • Manipulation : toucher la capsule avec des gants ou une pince, car l'odeur des doigts et les traces d'autres phéromones la rendent moins attractive.

Lire les captures

Relever le piège deux fois par semaine, compter les papillons, puis les retirer de la plaque ou cocher ceux déjà comptés.

Ce que montre le piège Ce que cela signifie Ce qu'il faut faire
Premiers papillons capturés, 1 à 3 par semaine Début du vol de première génération Noter la date : les éclosions commencent 7 à 10 jours plus tard
Captures régulières, plusieurs par semaine Vol en cours, pontes sur feuilles et jeunes fruits Filets déjà posés ; virus de la granulose au moment des éclosions ; préparer les bandes-pièges
Pic de captures Ponte maximale Les dégâts apparaîtront 2 à 3 semaines plus tard ; renouveler le virus s'il est utilisé
Plus aucune capture pendant 1 à 2 semaines en juillet Fin du premier vol Changer la capsule avant le deuxième vol
Reprise des captures en juillet-août Vol de deuxième génération Mêmes interventions, en surveillant les fruits proches de la récolte
Aucune capture de la saison Pas de carpocapse, ou capsule ou piège mal placés Vérifier la date de la capsule et l'emplacement

En verger professionnel, on considère le risque élevé au-delà d'environ 10 papillons par piège et par semaine, deux semaines de suite, pour la première génération. Au jardin, il n'existe pas de seuil établi : un vol régulier suffit à justifier la protection des fruits sur les arbres qui ont été véreux les années précédentes.

Ce que le piège ne fait pas

  • Il ne capture que des mâles. Les femelles déjà fécondées, ou fécondées par les mâles qui ont échappé au piège, continuent de pondre. Une capture importante ne signifie donc pas que les fruits sont protégés.
  • Il ne réduit pas suffisamment la population. Un seul mâle féconde plusieurs femelles ; pour peser réellement sur les accouplements, il faudrait des centaines de diffuseurs par hectare, c'est le principe de la confusion sexuelle employée en verger professionnel.
  • Il peut attirer des mâles des jardins voisins. C'est sans grande conséquence, puisque seuls les mâles viennent, mais c'est une raison de plus de ne pas multiplier les pièges.

Le piège à phéromones est donc un outil de décision, à associer aux méthodes de protection décrites ci-dessous.

Les méthodes qui fonctionnent au jardin

Les bandes-pièges en carton ondulé

C'est la méthode la plus simple et l'une des plus efficaces au jardin. Elle exploite l'habitude de la chenille de chercher un abri sur le tronc pour tisser son cocon.

  • Matériel : une bande de carton ondulé de 10 à 20 cm de large, ou un sac de toile de jute plié en plusieurs épaisseurs.
  • Pose : autour du tronc, à 30-50 cm du sol, face ondulée contre l'écorce, maintenue par une ficelle ou un élastique. Une deuxième bande sur la base des grosses charpentières augmente les captures.
  • Quand : dès la mi-juin, avant les premières sorties de chenilles, jusqu'en novembre.
  • Relevé : en été, tous les 10 à 15 jours, car les chenilles de première génération se transforment en papillons en 2 à 3 semaines. Ouvrir la bande au-dessus d'un seau, détruire les chenilles et cocons, puis la remettre ou la remplacer.
  • Fin de saison : retirer et détruire les bandes en novembre, avec les chenilles qui y hivernent.

Les bandes abritent aussi des auxiliaires, perce-oreilles et araignées, grands consommateurs d'œufs et de jeunes chenilles de carpocapse. Plutôt que de brûler la bande entière, mieux vaut la secouer au-dessus d'un récipient, écraser les chenilles et laisser repartir les autres occupants. La page piège à carpocapse détaille la fabrication des bandes et des pièges faits maison.

Le ramassage des fruits véreux

Les fruits qui tombent en juin-juillet contiennent souvent encore la chenille. Les ramasser deux fois par semaine et les détruire empêche celle-ci de rejoindre le tronc. Les cueillir aussi sur l'arbre quand le trou de sortie n'est pas encore percé.

Les fruits véreux ne vont pas au compost en tas froid : la chenille en sort et repart vers les arbres. Les mettre aux déchets verts, les donner aux poules, ou les faire tremper 48 heures dans un seau d'eau.

Les filets anti-insectes

Un filet à mailles fines posé sur l'arbre empêche les femelles de pondre sur les fruits.

  • Maille : 5 × 3 mm ou plus fine.
  • Pose : juste après la floraison, une fois la pollinisation faite, et jusqu'à la récolte.
  • Fermeture : le filet doit être fermé sous la couronne ou autour du tronc ; un filet ouvert en bas laisse passer les papillons.
  • Limites : faisable sur les pommiers basse-tige, les palmettes et les arbres de moins de 3 m. Le filet doit être posé avant le premier vol ; sinon des papillons déjà présents restent enfermés.

Les filets protègent aussi des oiseaux, des guêpes et d'autres ravageurs.

L'ensachage des fruits

Sur un petit arbre ou des fruits de prestige (poires de garde, pommes de collection), on enferme les fruits un par un.

  • Quand : juste après l'éclaircissage, quand les fruits ont la taille d'une noisette, fin mai à début juin.
  • Sachets : papier kraft, sachets en organza ou sacs prévus pour l'arboriculture, fermés autour du pédoncule par une agrafe ou un lien.
  • Retrait : 2 à 3 semaines avant la récolte pour les variétés qui doivent se colorer.

Compter environ 1 à 2 minutes par fruit : l'ensachage est réservé à quelques dizaines de fruits.

Les nématodes à l'automne

Les nématodes Steinernema feltiae (ou S. carpocapsae) sont des vers microscopiques qui pénètrent dans les chenilles hivernantes et les tuent en quelques jours. Ils ne s'attaquent ni aux humains, ni aux animaux domestiques, ni aux vers de terre.

  • Quand : de septembre à fin octobre, quand toutes les chenilles sont en cocon, ou en mars-avril avant la nymphose. Une fois la chenille transformée en chrysalide, les nématodes ne sont plus efficaces.
  • Conditions : température au-dessus de 10 °C, par temps couvert ou en soirée. Mouiller le tronc avant et après l'application et garder l'écorce humide plusieurs heures.
  • Application : pulvériser sur le tronc, les grosses branches et le sol au pied de l'arbre sur 1 m de rayon.

Les nématodes réduisent la population de votre arbre, mais pas les papillons qui arrivent des jardins voisins. Ils sont donc plus efficaces en complément des bandes-pièges et du ramassage, et coordonnés avec les voisins.

Les auxiliaires : mésanges, chauves-souris, perce-oreilles

  • Mésanges : un couple nourrit ses petits de milliers de chenilles au printemps et fouille l'écorce en hiver à la recherche des cocons. Poser un nichoir à trou de 28 mm à 2-3 m de haut, à l'automne.
  • Chauves-souris : la pipistrelle et l'oreillard chassent les papillons nocturnes au crépuscule, au moment même du vol des carpocapses. Un gîte à chauve-souris sur un mur exposé au sud ou à l'est les attire.
  • Perce-oreilles : ils mangent œufs et jeunes chenilles. Un pot de fleurs retourné, rempli de paille et suspendu dans l'arbre, leur sert d'abri.
  • Araignées : les araignées du feuillage capturent les jeunes chenilles errantes. Éviter tout insecticide qui les détruirait.

Le virus de la granulose

Le virus de la granulose (CpGV) est un virus spécifique du carpocapse. La jeune chenille qui l'ingère en mordant la peau du fruit arrête de se nourrir et meurt en quelques jours. Il est sans effet sur les autres insectes, les oiseaux et les mammifères, et constitue le traitement de référence en verger biologique.

  • Moment : 7 à 10 jours après le début des captures dans le piège à phéromones, au moment des éclosions, puis tous les 8 à 10 jours tant que le vol dure. Le virus se dégrade à la lumière en quelques jours.
  • Disponibilité : les formulations professionnelles sont courantes ; l'offre en version jardin (mention « Emploi autorisé au jardin ») est limitée. Vérifier sur le site e-phy de l'Anses avant l'achat.
  • Limite : inefficace sur les coings.

Ce qui fonctionne mal au jardin

Méthode Ce qu'on en dit Ce qu'il en est
Piège à phéromones utilisé seul « Il élimine les carpocapses » Il ne capture que des mâles et ne protège pas les fruits : c'est un outil de surveillance qui indique quand agir (voir plus haut)
Confusion sexuelle (diffuseurs) « Désoriente les mâles » Efficace seulement sur plusieurs hectares (400 à 1 000 diffuseurs par hectare) ; au jardin, les femelles fécondées arrivent des alentours
Bacillus thuringiensis « Tue les chenilles » Efficacité faible : la jeune chenille entre dans le fruit sans manger assez de surface traitée
Huile d'hiver, chaulage « Étouffe les œufs » Le carpocapse hiverne sous forme de chenille en cocon, pas d'œuf ; l'huile ne l'atteint pas sous l'écorce
Macération d'absinthe, purin de fougère, de rhubarbe « Repousse les papillons » Aucun effet démontré en essai
Piège à bouteille avec jus de pomme ou vinaigre « Piège maison efficace » Capture quelques papillons, dont des femelles, mais aussi beaucoup d'insectes utiles ; intérêt surtout de surveillance
Trichogrammes « Parasitent les œufs » Résultats irréguliers au jardin, lâchers nombreux et coûteux

Ces méthodes ne sont pas à rejeter toutes, mais aucune ne suffit seule. Une stratégie efficace au jardin combine : bandes-pièges + ramassage + nématodes à l'automne + nichoirs, et des filets ou l'ensachage sur les arbres qu'on peut couvrir.

Les insecticides chimiques

Les insecticides de synthèse ne sont plus autorisés aux jardiniers amateurs depuis 2019. Seuls restent disponibles les produits de biocontrôle, à faible risque ou utilisables en agriculture biologique. En verger professionnel, la lutte chimique se raisonne avec des pièges, des seuils d'intervention et des modèles de prévision.

Le carpocapse des prunes

Le « ver des prunes » n'est pas le même insecte : c'est le carpocapse des prunes (Grapholita funebrana), une petite tordeuse proche. Sa chenille rose rougeâtre creuse la chair autour du noyau ; le fruit attaqué bleuit avant les autres, laisse souvent perler une goutte de gomme au point d'entrée, et tombe prématurément.

  • Fruits touchés : prunes, quetsches, mirabelles, reines-claudes ; plus rarement abricots et cerises.
  • Cycle : 2 générations ; les dégâts de la seconde, en juillet-août, sont les plus visibles sur les fruits mûrs.
  • Lutte : les mêmes principes s'appliquent, avec un piège à phéromones spécifique au carpocapse des prunes. Ramasser les fruits tombés deux fois par semaine, poser des bandes-pièges en carton à partir de juin, et appliquer des nématodes à l'automne.
  • Variétés : les variétés précoces, récoltées avant la deuxième génération, sont moins touchées.

Les petites prunes véreuses qui tombent en mai, juste après la floraison, sont en revanche dues à l'hoplocampe du prunier, un insecte différent qui se combat au moment de la floraison.

Variétés et choix au verger

Toutes les variétés de pommiers peuvent être attaquées pendant le vol des papillons. Quelques pistes réduisent toutefois les dégâts :

  • Variétés précoces : les pommes et poires d'été, récoltées en juillet-août, échappent en partie à la deuxième génération.
  • Poiriers : les variétés d'été et d'automne ('Williams', 'Docteur Jules Guyot', 'Beurré Hardy') sont sensibles dès la première génération ; les variétés d'hiver ('Conférence', 'Doyenné du Comice') surtout à la deuxième.
  • Variétés réputées peu attaquées : quelques variétés locales, comme la pomme basque 'Anis basque précoce', sont citées comme moins attaquées, sans résistance prouvée.
  • Éclaircissage : des fruits espacés de 15 à 20 cm, sans contact entre eux, offrent moins de points d'entrée à la chenille, qui pénètre volontiers là où deux fruits se touchent.

Les vers dans les fruits sont-ils dangereux ?

Non. La chenille du carpocapse n'est pas toxique et ne transmet aucune maladie à l'homme. Une pomme véreuse peut être consommée après avoir retiré la galerie et la partie brunie autour. Les fruits véreux se conservent mal : la blessure laisse entrer les moisissures. Il faut donc les trier à la cueillette et les consommer rapidement ou les transformer, sans les stocker avec les fruits sains.

Questions fréquentes sur le carpocapse

Comment se débarrasser du carpocapse naturellement ?

En combinant plusieurs méthodes : bandes-pièges en carton sur le tronc de juin à novembre, ramassage des fruits véreux deux fois par semaine, nématodes en septembre-octobre, filets ou ensachage des fruits sur les petits arbres, et nichoirs à mésanges et à chauves-souris. Aucune méthode ne suffit seule.

Quand traiter les pommiers contre le carpocapse ?

Au moment des éclosions, soit 7 à 10 jours après le début des captures dans un piège à phéromones : en général fin mai à juin pour la première génération, et en août pour la seconde. Les nématodes s'appliquent en septembre-octobre sur les chenilles qui hivernent.

Le piège à phéromones suffit-il contre le carpocapse ?

Non. Il ne capture que des mâles et ne protège pas les fruits. Il sert à surveiller le vol et à savoir quand agir : les éclosions commencent 7 à 10 jours après les premières captures. Un seul piège, posé fin avril à 1,5-2 m dans un pommier, suffit pour un jardin.

Comment fabriquer un piège à carpocapse ?

Le piège maison le plus efficace est une bande de carton ondulé de 10 à 20 cm de large, enroulée autour du tronc à 30-50 cm du sol, face ondulée contre l'écorce. Les chenilles viennent s'y cacher pour tisser leur cocon ; il suffit de relever la bande tous les 10 à 15 jours en été et de la détruire en novembre.

Où le carpocapse passe-t-il l'hiver ?

Sous forme de chenille dans un cocon blanc, caché dans les fissures de l'écorce du tronc et des grosses branches, surtout entre 30 et 60 cm du sol, parfois au sol ou dans les piquets et caisses à fruits.

Peut-on manger une pomme véreuse ?

Oui. La chenille du carpocapse n'est pas dangereuse pour la santé. Il suffit de retirer la galerie et la chair brunie autour. Les fruits véreux se conservent mal et doivent être consommés rapidement.

Le carpocapse attaque-t-il aussi les prunes et les noix ?

Les noix, oui : le même carpocapse creuse le cerneau des noix vertes. Les prunes sont attaquées par une espèce voisine, le carpocapse des prunes, qui se combat avec les mêmes méthodes mais un piège à phéromones spécifique.

Quels sont les prédateurs naturels du carpocapse ?

Les mésanges, qui mangent chenilles et cocons, les chauves-souris, qui chassent les papillons au crépuscule, les perce-oreilles et les araignées, qui consomment œufs et jeunes chenilles, et des micro-guêpes parasites.

Quel produit bio contre le carpocapse ?

Le virus de la granulose, spécifique du carpocapse, est la référence en agriculture biologique ; il s'applique au moment des éclosions. Les nématodes Steinernema sont efficaces à l'automne contre les chenilles hivernantes. Le Bacillus thuringiensis est peu efficace contre ce ravageur.

Pourquoi mes pommes tombent-elles avant d'être mûres ?

Si les pommes tombées portent un trou avec un amas de déjections brunes, c'est le carpocapse : les fruits attaqués mûrissent trop tôt et tombent. Sinon, il peut s'agir d'une chute physiologique en juin, d'un manque d'eau ou d'une surcharge de fruits.

Tom le Jardinier
Tom le Jardinier

Horticulteur de formation, je cultive un potager naturel à plus de 900 mètres d'altitude dans le Jura suisse. Chaque article est basé sur des années de pratique et d'observation au jardin.

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