Le kiwi ne pousse pas sur un arbre mais sur une liane vigoureuse, l'actinidia. Cultiver ses propres kiwis est tout à fait possible sous nos climats, à condition de comprendre deux points qui font échouer la plupart des débutants : la question du pied mâle et du pied femelle (le kiwi est le plus souvent dioïque), et la nécessité d'un support solide pour porter une liane qui grimpe à plusieurs mètres et devient lourde avec l'âge.
Cette fiche couvre le kiwi côté verger, de la plantation à la récolte. On commence par répondre à la question la plus posée — comment s'appelle vraiment l'arbre à kiwi, et sur quoi poussent les kiwis — avant de dérouler la pollinisation, le choix des variétés (dont les autofertiles et le kiwi jaune), le palissage, l'arrosage (bien plus déterminant qu'on ne le croit pour la fructification), la taille façon vigne, la récolte et la conservation.
Pas de recettes ni de considérations nutritionnelles ici : uniquement la culture de la liane et la conservation technique des fruits. Le kiwi demande de la patience et un peu de méthode, mais une fois installé et bien conduit, un pied produit des kiwis en abondance pendant des décennies.
Comment s'appelle l'arbre à kiwi ?
C'est la question qui revient le plus souvent, et la réponse tient en une phrase : il n'y a pas d'« arbre » à kiwi. Le kiwi pousse sur une liane, une plante grimpante ligneuse dont le nom botanique est actinidia, et le nom français actinidier. On l'appelle couramment « arbre à kiwi » ou « kiwitier », mais ce ne sont que des surnoms : botaniquement, c'est un Actinidia, de la famille des Actinidiacées.
Sur quoi et comment poussent les kiwis ? Sur cette liane sarmenteuse, qui peut atteindre 5 à 10 m et qui a besoin de s'accrocher à un support. Les fruits sont portés en grappes sur les pousses de l'année. Contrairement à un arbre fruitier classique au tronc dressé, l'actinidia se conduit palissé, sur une pergola, une treille ou un mur — plus proche d'une vigne que d'un pommier. C'est cette nature de liane qui commande toute sa culture : support, palissage et taille.
Le kiwi porte d'autres noms hérités de son histoire : il fut longtemps appelé groseille de Chine (Chinese gooseberry), avant d'être rebaptisé kiwi pour sa commercialisation. Mais qu'on dise arbre à kiwi, kiwitier, actinidier ou actinidia, il s'agit toujours de la même liane grimpante, et jamais d'un arbre au sens propre — un détail qui a des conséquences très concrètes sur la façon de le planter et de le conduire.
Kiwi, kiwi jaune, kiwaï : ne pas confondre
Le genre Actinidia regroupe plusieurs espèces cultivées, qu'il est utile de distinguer.
| Espèce | Nom courant | Fruit |
|---|---|---|
| Actinidia deliciosa | Kiwi (commun, 'Hayward') | Gros, peau brune poilue, chair verte |
| Actinidia chinensis | Kiwi jaune (gold) | Peau lisse, chair jaune, plus sucré |
| Actinidia arguta | Kiwaï, kiwi de Sibérie | Petit, peau lisse, se croque entier |
Le kiwi commun à peau poilue est le plus cultivé. Le kiwi jaune (A. chinensis), à chair dorée et plus sucrée, gagne du terrain ; il est un peu moins rustique. Le kiwaï (A. arguta), aux petits fruits lisses que l'on croque entiers et à la rusticité exceptionnelle, fait l'objet d'une fiche dédiée. Tous se cultivent sur le même principe de liane palissée, avec la même problématique de pollinisation mâle/femelle.
Reconnaître la liane

L'actinidia est une liane volubile et sarmenteuse, à feuilles caduques, très vigoureuse : ses tiges ligneuses peuvent grimper à 5-10 m et couvrir une pergola en quelques années. Les jeunes rameaux et les pétioles sont souvent teintés de rouge, et les tiges se couvrent d'une pilosité rousse. Les feuilles, alternes, sont grandes, arrondies à cordiformes, vert foncé, et fortement évapotranspirantes — d'où le grand besoin en eau de la plante.
Les fleurs, blanc crème virant au chamois, apparaissent en mai-juin, parfumées. Le fruit, la baie que l'on connaît, est ovoïde, à peau brune et duveteuse (verte et lisse chez le kiwi jaune), à chair verte parsemée de petites graines noires. Les racines sont peu profondes et charnues, ce qui a deux conséquences pratiques : un binage prudent au pied, et une sensibilité au manque d'eau en surface l'été.
Pied mâle, pied femelle ou autofertile : la clé de la fructification

C'est le point décisif, et la cause n°1 d'un kiwi qui fleurit sans jamais fructifier.
Le kiwi est le plus souvent dioïque : les fleurs mâles et femelles sont portées par des pieds séparés. Un pied femelle produit les fruits, mais seulement s'il est fécondé ; un pied mâle ne donne jamais de fruits, il ne sert qu'à polliniser. Il faut donc, en principe, un pied mâle pour cinq à six pieds femelles, plantés à proximité. La pollinisation est assurée par les abeilles : le vent seul ne suffit pas, la présence de butineurs au moment de la floraison est indispensable.
Reconnaître un pied mâle d'un pied femelle se fait à la floraison, en regardant le cœur de la fleur :
- fleur mâle : de longues étamines jaunes très chargées de pollen, et pas de véritable ovaire central ; les pieds mâles sont d'ailleurs plus florifères ;
- fleur femelle : un ovaire central bien visible, surmonté d'une couronne de stigmates blancs rayonnants, entouré d'étamines (souvent stériles).
Les variétés autofertiles existent ('Solissimo', 'Solo', 'Jenny') et se passent de pied mâle. Attention à une confusion fréquente : autofertile ne veut pas dire qu'un pied donne forcément des fruits dès la première année — cela signifie qu'il n'a pas besoin d'un autre pied pour être fécondé. La production reste souvent améliorée par la proximité d'un mâle, et il faut de toute façon attendre plusieurs années (voir plus bas).
Pourquoi un kiwi ne donne-t-il pas de fruits ? Par ordre de fréquence : c'est un pied femelle sans mâle à proximité (variété non autofertile) ; la plante est encore trop jeune ; un manque d'eau a fait avorter la fructification (cause très sous-estimée : le kiwi a besoin d'arrosages abondants pour nouer et grossir ses fruits) ; une gelée printanière a détruit fleurs ou jeunes pousses ; ou l'absence d'abeilles a empêché la pollinisation.
Variétés de kiwi
Le choix se fait d'abord selon le besoin ou non d'un pollinisateur.
| Variété | Type | Remarque |
|---|---|---|
| 'Hayward' | Femelle (mâle requis) | La référence, gros fruits, bonne conservation |
| 'Bruno', 'Abbott' | Femelles (mâle requis) | Productives, fruits allongés |
| 'Tomuri', 'Atlas', 'Matua' | Mâles pollinisateurs | Indispensables aux femelles ; aucun fruit |
| 'Solissimo', 'Solo' | Autofertiles | Un seul pied suffit ; petit jardin |
| 'Jenny' | Partiellement autofertile | Mieux avec un mâle à proximité |
| Kiwi jaune ('Soreli', gold) | A. chinensis | Chair jaune, plus sucré, un peu moins rustique |
Pour un petit jardin, une variété autofertile est le choix le plus simple. Pour une production abondante, l'association d'une ou plusieurs femelles ('Hayward') avec un pied mâle ('Tomuri') donne les meilleurs rendements.
Climat, sol et exposition
Climat : le kiwi est assez rustique — il supporte l'hiver jusqu'à environ −15 °C — mais ses jeunes bourgeons gèlent dès −4 °C. Le vrai danger n'est donc pas le froid hivernal mais les gelées printanières, qui grillent le débourrement et anéantissent la récolte. Il lui faut aussi une longue arrière-saison chaude pour mûrir ses fruits : c'est pourquoi il réussit surtout dans la moitié sud (Sud-Ouest, Midi). Ailleurs, offrez-lui l'emplacement le plus chaud et abrité, contre un mur au sud par exemple.
Exposition : ensoleillée à mi-ombre chaude, impérativement à l'abri des vents froids et desséchants, qui cassent le feuillage et brûlent les jeunes pousses. Un brise-vent, une haie ou un mur remplissent bien ce rôle.
Sol : profond, riche en matière organique, frais mais bien drainé, et plutôt acide à neutre. Le kiwi redoute fortement le calcaire, qui provoque une chlorose ferrique (jaunissement des feuilles entre les nervures) : en sol calcaire ou argileux compact, corrigez par des apports de matière organique et, si besoin, un chélate de fer.
Calendrier de culture du kiwi
| Période | Intervention |
|---|---|
| Automne (oct.-nov.) | Plantation (climat doux) ; récolte des fruits fermes |
| Déc.-janv. | Taille d'hiver, avant la montée de sève |
| Printemps (mars-avril) | Plantation (région froide) ; débourrement (surveiller le gel) |
| Mai-juin | Floraison ; apport d'engrais ; présence des abeilles indispensable |
| Été | Arrosage abondant et suivi ; taille en vert (début juillet, puis août) |
| Fin d'été | Deuxième apport d'engrais ; grossissement des fruits |
Trois rendez-vous structurent l'année : la taille d'hiver avant que la sève ne monte, la surveillance du gel et des abeilles au printemps, et surtout l'arrosage estival, sans lequel la récolte se réduit. Le reste du temps, la liane pousse pratiquement seule.
Support et palissage

Comme la vigne, le kiwi exige un support solide, durable et dimensionné dès le départ : la liane devient lourde et ne se soutient pas seule.
Les solutions les plus courantes :
- Pergola ou tonnelle : décorative et productive, elle offre ombre et fruits ; prévoyez des poteaux et traverses robustes.
- Treille sur fils de fer : à la manière de la vigne, des fils tendus horizontalement entre des poteaux costauds, sur lesquels on palisse les bras charpentiers.
- Contre un mur : solution idéale en climat frais, le mur emmagasinant la chaleur et protégeant du vent ; fixez un treillage solide, à distance du mur pour l'aération.
Installez le support avant ou au moment de la plantation, jamais après. Fabriquer une structure sous-dimensionnée est l'erreur classique : une liane adulte chargée de fruits représente un poids considérable, sur des années. Guidez régulièrement les jeunes tiges pour construire la charpente et éviter un enchevêtrement inextricable.
Fabriquer un support pour kiwi : le modèle le plus fiable s'inspire de la vigne. Plantez des poteaux solides (bois traité classe 4, métal ou béton) tous les 4 à 5 m, ancrés profondément, et tendez entre eux plusieurs fils de fer galvanisés robustes à différentes hauteurs (par exemple à 60 cm, 1,20 m et 1,80 m), bien tendus par des tendeurs. On y palisse le tronc puis les bras horizontaux. Pour une pergola, choisissez des sections de poteaux et de traverses largement dimensionnées, car la charge finale se compte en dizaines de kilos de bois et de fruits. Une structure fragile, treillage léger ou fil trop fin, cédera en quelques années : mieux vaut surdimensionner d'emblée.
Plantation

Période : plantez à l'automne en climat doux (bon enracinement avant l'été) ou au printemps en région froide, hors gel.
Distances : espacez les pieds de 4 à 5 m, la liane étant très vigoureuse. Si la variété n'est pas autofertile, placez le pied mâle au centre, à 5 à 6 m au maximum des femelles, pour rester dans le rayon d'action des abeilles.
Étapes :
- Installez d'abord le support.
- Creusez un trou large et profond, ameublissez le fond.
- Amendez la terre avec du compost bien décomposé ; en sol calcaire, ajoutez de la matière organique acidifiante.
- Positionnez la motte, collet au niveau du sol, contre le support.
- Rebouchez, tassez, arrosez copieusement, puis paillez généreusement le pied (racines superficielles).
- Attachez les premières tiges au support.
Culture en pot
Le kiwi peut se cultiver quelques années en très grand bac, de préférence une variété autofertile compacte, le temps de sa jeunesse ou pour une terrasse abritée. Choisissez un contenant profond et drainé, un substrat riche et plutôt acide, un treillage solide, et surveillez de près l'arrosage, car la liane est gourmande en eau et le substrat sèche vite. À terme, sa vigueur et son besoin d'eau le destinent à la pleine terre, où il fructifie bien mieux : le pot reste une solution d'attente.
Arrosage et entretien
Arrosage — le facteur le plus sous-estimé. Le kiwi a de gros besoins en eau, en raison de son feuillage abondant et de ses racines superficielles. Un sol maintenu frais tout l'été, de la floraison à la récolte, est déterminant : c'est souvent un simple manque d'eau qui explique des fleurs qui tombent ou des fruits qui restent petits. En période chaude, un arrosage copieux et régulier (l'équivalent de plusieurs litres par pied et par jour sur un sujet adulte en pleine chaleur) fait toute la différence, associé à un bon paillage.
Paillage : épais et permanent, il conserve la fraîcheur, protège les racines superficielles et limite le désherbage. Binez avec prudence au pied pour ne pas blesser les racines.
Fertilisation : le kiwi est gourmand. Apportez du compost ou un engrais pour fruitiers après la taille de printemps, puis au milieu de l'été, en griffant légèrement au pied avant d'arroser. Évitez l'excès d'azote pur, qui pousse au feuillage.
Chlorose : un feuillage qui jaunit signale souvent une carence en fer liée à un sol calcaire ; corrigez par la matière organique et un chélate de fer.
Tailler le kiwi
La taille se conduit comme celle de la vigne, et elle est indispensable pour maîtriser la vigueur et obtenir des fruits. Principe : le kiwi fructifie sur les pousses de l'année, issues du bois de l'année précédente.
Taille de formation : dans les premières années, construisez une charpente palissée — un tronc conduit jusqu'au support, puis un ou deux bras horizontaux principaux d'où partiront les rameaux fruitiers.
Taille d'hiver : taillez de préférence en décembre-janvier, et surtout pas trop tard : monté en sève, le kiwi « pleure » abondamment par les plaies, comme la vigne, ce qui l'affaiblit. Raccourcissez les rameaux ayant fructifié en laissant trois ou quatre yeux au-dessus de l'emplacement du dernier fruit de l'an passé (repérable si l'on a laissé les pédoncules à la récolte). Tous les trois à quatre ans, rajeunissez les branches fruitières en les rabattant à deux ou trois yeux de la base.
Taille d'été (en vert) : début juillet, quand les fruits ont la taille d'une noix, raccourcissez les brindilles fruitières en gardant quatre feuilles au-dessus du dernier bouquet de fruits, et supprimez les gourmands (longs rameaux stériles). En août, rabattez à deux feuilles les pousses reparties. Cette taille en vert contient la vigueur et grossit les fruits.
Sans taille, le kiwi devient un fouillis improductif ; avec une taille régulière, il reste généreux et gérable pendant des décennies.
Multiplication
Le kiwi se multiplie par bouturage (boutures de tiges semi-aoûtées en été, dans un substrat drainant à l'étouffée légère) ou par marcottage d'une tige souple au printemps. Le greffage est pratiqué en pépinière. Le semis est déconseillé : il ne reproduit pas la variété et, surtout, on ne connaît le sexe du plant qu'à la première floraison, des années plus tard — un vrai problème quand la fructification dépend justement du bon couple mâle/femelle.
Maladies, ravageurs et points de vigilance
Le kiwi est réputé exceptionnellement sain : il n'est pratiquement attaqué par aucune maladie cryptogamique ni aucun insecte. Les points de vigilance sont ailleurs :
- Chlorose ferrique : en sol calcaire ; le principal désordre physiologique (voir entretien).
- Gelées printanières : le vrai risque, sur les jeunes pousses ; d'où l'emplacement abrité et le brise-vent.
- Les chats : l'actinidia dégage une substance qui attire les chats, lesquels mordillent, griffent et couchent les jeunes plants — c'est aussi ce qui explique certaines questions sur « l'odeur » de l'arbre à kiwi. Protégez les sujets récemment plantés par un grillage le temps qu'ils s'installent.
- Pourriture des racines : en sol détrempé ; un bon drainage l'évite.
Récolte

La récolte a lieu de la fin octobre à novembre, avant les fortes gelées, qui abîment les fruits restés sur la liane. On cueille les kiwis encore fermes : ils finissent de mûrir après la récolte. Laissez de préférence les pédoncules sur la branche à la cueillette, ce qui aide à repérer les points de taille l'hiver suivant.
Comment savoir si les kiwis sont prêts à récolter ? Ils ne mûrissent pas sur la liane comme d'autres fruits : on les cueille à maturité physiologique, quand les pépins ont noirci et que les fruits se détachent facilement, généralement à l'approche des premières gelées. Un kiwi cueilli ferme puis conservé se bonifie ; un kiwi laissé geler sur la plante est perdu. Mieux vaut donc récolter la totalité en une fois, un peu avant les gros froids, et laisser mûrir à la maison au fil des besoins.
Un pied adulte bien conduit est très productif et peut donner plusieurs dizaines de kilos de fruits. Le kiwi étant un fruit qui se conserve longtemps, cette abondance ne se perd pas.
Conservation des kiwis
- Fruits fermes : ils se conservent très longtemps — plusieurs semaines à plusieurs mois — dans un local frais, sombre et aéré, ou au réfrigérateur. C'est l'un des grands atouts du kiwi.
- Faire mûrir : pour amollir des kiwis fermes, placez-les dans un récipient fermé avec une pomme ou une banane, dont l'éthylène accélère le mûrissement.
- Congélation : les kiwis se congèlent, entiers ou en morceaux.
Associer le kiwi au jardin
Liane pérenne et vigoureuse, le kiwi occupe un emplacement durable, souvent sur une structure dédiée. Quelques principes d'association restent utiles :
- Au pied : des couvre-sol légers ou des légumineuses (trèfle, luzerne) qui enrichissent le sol en azote et le maintiennent frais peuvent accompagner le kiwi, sans lui faire une concurrence excessive pour l'eau.
- À proximité : des aromatiques et des fleurs mellifères attirent les abeilles, précieuses pour la pollinisation.
- À éviter : planter le kiwi en concurrence directe avec de grands arbres gourmands en eau, ou dans l'ombre dense qui compromet la fructification.
Ces associations sont des appoints : l'essentiel de la réussite tient au support, à la pollinisation et à l'arrosage.
Délai de fructification et rendement
Combien de temps avant les premiers kiwis ? Il faut de la patience : un kiwi issu de pépinière commence généralement à fructifier 3 à 4 ans après la plantation, parfois plus, surtout si les conditions (arrosage, pollinisation, chaleur) ne sont pas réunies. Il n'est pas rare que les premières vraies récoltes n'arrivent qu'au bout de plusieurs années — un délai normal pour cette liane.
Rendement : une fois adulte et bien conduit, l'actinidia est très généreux, de plusieurs kilos à plusieurs dizaines de kilos par pied. C'est cette productivité durable, alliée à l'excellente conservation des fruits, qui récompense l'attente.
Les erreurs à éviter
Le kiwi déçoit rarement quand on évite les fautes classiques qui l'empêchent de fructifier.
- Planter un seul pied non autofertile. Un pied femelle sans mâle, ou un pied de sexe inconnu, ne donnera pas de fruits. On choisit soit une variété autofertile, soit un couple mâle + femelles identifié.
- Sous-estimer l'arrosage. C'est la cause cachée de bien des échecs : sans un sol frais tout l'été, les fleurs tombent et les fruits restent petits. Le kiwi boit beaucoup.
- Sous-dimensionner le support. Une liane de plusieurs mètres et de dizaines de kilos casse une structure légère. Le support se pense solide et durable dès le départ.
- Tailler trop tard en hiver. Taillé quand la sève monte, le kiwi « pleure » et s'affaiblit. On taille en décembre-janvier.
- Le planter en sol calcaire. Chlorose ferrique assurée. Sol drainé, plutôt acide, et matière organique.
- L'exposer aux gelées de printemps. Très rustique en hiver, il perd sa récolte si le débourrement gèle : emplacement abrité, brise-vent, contre un mur.
- Manquer de patience. Le kiwi met 3 à 4 ans, parfois plus, avant de produire. Ce n'est pas un signe d'échec.
FAQ
Comment s'appelle l'arbre à kiwi ?
Il n'y a pas d'arbre à proprement parler : le kiwi pousse sur une liane, l'actinidia (nom français actinidier), de la famille des Actinidiacées. On la surnomme couramment « arbre à kiwi » ou « kiwitier », mais botaniquement c'est un Actinidia.
Sur quoi poussent les kiwis ?
Sur une liane grimpante ligneuse pouvant atteindre 5 à 10 m, qui se conduit palissée sur une pergola, une treille ou un mur, comme la vigne. Les fruits sont portés sur les pousses de l'année.
Faut-il un pied mâle et un pied femelle pour avoir des kiwis ?
Oui pour les variétés dioïques : un pied mâle pour cinq à six pieds femelles, plantés à proximité et pollinisés par les abeilles. Les variétés autofertiles ('Solissimo', 'Solo') se passent de pied mâle.
Comment reconnaître un pied de kiwi mâle d'un pied femelle ?
À la floraison : la fleur mâle porte de longues étamines jaunes chargées de pollen sans ovaire central, tandis que la fleur femelle montre un ovaire surmonté de stigmates blancs rayonnants. Les pieds mâles fleurissent plus abondamment.
Pourquoi mon kiwi ne donne-t-il pas de fruits ?
Souvent parce que c'est un pied femelle sans mâle à proximité, ou une plante encore trop jeune. Autres causes fréquentes : un manque d'eau qui fait avorter la fructification, une gelée printanière, ou l'absence d'abeilles pour polliniser.
Le kiwi est-il autofertile ?
Certaines variétés le sont ('Solissimo', 'Solo', 'Jenny'). Mais autofertile ne signifie pas qu'un seul pied fructifie forcément vite : il faut quand même plusieurs années, et la production est souvent meilleure avec un pied mâle à proximité.
Quand et comment planter un kiwi ?
À l'automne ou au printemps, dans un sol profond, drainé et non calcaire, au soleil et à l'abri du vent, avec un support solide installé dès la plantation. Espacez les pieds de 4 à 5 m et prévoyez un mâle à moins de 5-6 m des femelles si la variété n'est pas autofertile.
Quand et comment tailler un kiwi ?
Comme la vigne. En hiver, de préférence en décembre-janvier (pas plus tard, car le kiwi « pleure » quand la sève monte), on raccourcit les rameaux ayant fructifié en gardant trois ou quatre yeux. En été, début juillet, on raccourcit les brindilles fruitières et on supprime les gourmands pour aérer et grossir les fruits.
Le kiwi est-il rustique ?
Il supporte l'hiver jusqu'à environ −15 °C, mais ses jeunes bourgeons gèlent dès −4 °C. Son vrai risque est donc la gelée printanière, d'où l'importance d'un emplacement abrité et d'un brise-vent.
Combien de temps avant que le kiwi produise des fruits ?
En général 3 à 4 ans après la plantation, parfois davantage. C'est une liane qui demande de la patience avant d'entrer en pleine production.
Pourquoi les fleurs de mon kiwi tombent-elles ?
Sur un jeune plant, c'est souvent normal. Sinon, les causes principales sont un manque d'eau (le kiwi a besoin d'arrosages abondants pour nouer ses fruits), une gelée printanière, ou une pollinisation insuffisante faute de mâle ou d'abeilles.
Peut-on cultiver un kiwi en pot ?
Quelques années, dans un très grand bac drainé, de préférence une variété autofertile. Sa vigueur et son grand besoin en eau le destinent toutefois à la pleine terre, où il fructifie bien mieux.
Qu'est-ce que le kiwi jaune ?
C'est le fruit de l'Actinidia chinensis, à peau plus lisse et à chair jaune dorée, plus sucrée que le kiwi vert classique. Il se cultive de la même façon (liane palissée, pollinisation), mais il est un peu moins rustique et apprécie donc les situations chaudes et abritées. Il existe des variétés de kiwi jaune autofertiles.
Peut-on planter un kiwi contre un mur ?
Oui, et c'est même recommandé en climat frais : un mur exposé au sud emmagasine la chaleur, protège du vent et favorise la maturation. Fixez-y un treillage solide, à quelques centimètres du mur pour laisser l'air circuler, et palissez la liane comme sur une treille.
Pourquoi dit-on que l'arbre à kiwi a une odeur ?
L'actinidia émet une substance qui attire fortement les chats, un peu comme la cataire : ils viennent s'y frotter, mordiller et parfois marquer les jeunes plants, ce qui explique les questions sur son « odeur ». Ses fleurs, elles, sont au contraire agréablement parfumées. Protégez les jeunes plants des chats avec un grillage le temps qu'ils s'installent.
Quelle distance entre un kiwi mâle et un kiwi femelle ?
Au maximum 5 à 6 m, pour que les abeilles transportent efficacement le pollen du mâle vers les femelles. En pratique, on place le pied mâle au centre d'un groupe de femelles, chacune à portée. Un mâle pollinise cinq à six femelles.
Avec quoi associer le kiwi au jardin ?
Au pied, des légumineuses (trèfle, luzerne) enrichissent le sol en azote et le gardent frais ; à proximité, des fleurs mellifères attirent les abeilles utiles à la pollinisation. On évite en revanche la concurrence de grands arbres gourmands en eau et l'ombre dense, qui nuit à la fructification.