Le mandarinier (Citrus reticulata) est un petit arbre fruitier à feuillage persistant, cultivé pour ses mandarines parfumées récoltées de l’automne à l’hiver. Originaire d’Asie, il fait partie des agrumes ancestraux à l’origine, par hybridation, de nombreuses variétés modernes.
Son principal atout au jardin est sa résistance au froid. Certaines variétés, notamment les mandariniers satsumas, comptent parmi les agrumes les plus rustiques. Le mandarinier peut ainsi être cultivé en pot dans toutes les régions et, dans les situations abritées, en pleine terre bien au-delà du seul pourtour méditerranéen.
Cette fiche explique comment planter, cultiver, tailler et multiplier un mandarinier, mais aussi comment choisir une variété adaptée à son climat, obtenir des fruits, reconnaître un problème de culture ou intervenir après un épisode de gel. Pour les techniques communes à tous les agrumes — choix du substrat, rempotage, hivernage détaillé et fertilisation — reportez-vous également à notre fiche Citronnier et à notre guide Agrumes en pot.
Mandarine, clémentine et satsuma : quelles différences ?
Les termes mandarine, clémentine et satsuma sont souvent employés comme des synonymes. Ils désignent pourtant des agrumes différents, avec des conséquences importantes sur la présence de pépins, la période de récolte et la rusticité de l’arbre.
| Nom | Nom botanique | Pépins | Rusticité indicative | Principale particularité |
|---|---|---|---|---|
| Mandarinier commun | Citrus reticulata ou Citrus deliciosa | Souvent nombreux | Bonne selon les variétés | Fruit très parfumé, facile à éplucher |
| Satsuma | Citrus unshiu | Peu ou pas de pépins | Très bonne, environ -8 à -10 °C une fois établi | Mandarinier japonais précoce et particulièrement rustique |
| Clémentinier | Citrus × clementina | Peu ou pas en l’absence de pollinisation croisée | Moyenne | Fruit doux, généralement sans pépins |
| Tangerine, tangor ou tangelo | Hybrides divers | Variable | Variable | Croisements entre mandarinier, oranger ou pomelo |
Pour choisir simplement :
- Pour une culture en pleine terre en climat doux : privilégiez une satsuma, particulièrement si elle est greffée sur un porte-greffe rustique.
- Pour obtenir des fruits très parfumés : choisissez un mandarinier commun ancien, en acceptant la présence fréquente de pépins.
- Pour des fruits faciles à consommer : le clémentinier produit des fruits doux et généralement sans pépins, mais il est moins rustique.
- Pour une région fraîche : choisissez une variété précoce capable de mûrir avant les premières fortes gelées.
Les principales variétés de mandariniers
Chez les satsumas, plusieurs cultivars sont régulièrement proposés en pépinière :
- ‘Owari’ : variété très répandue, productive et rustique, à maturité plus tardive que les satsumas précoces.
- ‘Okitsu’ : variété précoce, adaptée aux régions où l’automne devient rapidement frais.
- ‘Miyagawa’ : autre satsuma précoce, dont les fruits peuvent mûrir dès le début de l’automne selon le climat.
- ‘Changsha’ : mandarinier ancien réputé pour sa bonne rusticité et ses fruits parfumés, mais souvent riches en pépins.
Le choix d’un mandarinier doit reposer sur trois critères : la rusticité de la variété, sa date de maturité et le porte-greffe utilisé. Dans les régions fraîches, une variété très rustique mais tardive peut ne pas recevoir assez de chaleur pour produire des fruits parfaitement mûrs. Les satsumas précoces constituent alors le choix le plus fiable.
Comment reconnaître un mandarinier ?

Le mandarinier forme un petit arbre ou un grand arbuste au port arrondi, mesurant généralement de 2 à 4 m en pleine terre. Sa croissance reste plus limitée lorsqu’il est cultivé en pot.
Son feuillage est persistant. Les feuilles, ovales à lancéolées, sont vert foncé, luisantes et aromatiques lorsqu’on les froisse. Les rameaux peuvent porter quelques épines, particulièrement sur les sujets jeunes ou sur les pousses provenant du porte-greffe.
La floraison apparaît principalement au printemps. Les petites fleurs blanches, parfois légèrement rosées lorsqu’elles sont en bouton, sont très parfumées et attirent les insectes pollinisateurs. Les fruits se développent durant l’été et mûrissent de l’automne à l’hiver selon la variété.
Les mandarines sont généralement plus petites et plus aplaties que les oranges. Leur peau fine et peu adhérente se retire facilement. Leur coloration ne constitue pas toujours un indicateur parfait de maturité : sous un climat doux ou lors d’un automne peu froid, un fruit mûr peut conserver des zones vertes.
Quel mandarinier choisir selon sa région ?
| Climat ou situation | Mandarinier conseillé | Mode de culture recommandé |
|---|---|---|
| Climat méditerranéen doux | Mandarinier commun, satsuma, clémentinier ou hybride adapté | Pleine terre ou grand bac |
| Façade atlantique ou Sud-Ouest abrité | Satsuma précoce comme ‘Okitsu’ ou ‘Miyagawa’ | Pleine terre dans un emplacement protégé |
| Climat océanique frais | Satsuma précoce greffée sur un porte-greffe rustique | Pleine terre dans un microclimat favorable ou culture en pot |
| Climat continental avec fortes gelées | Mandarinier compact ou satsuma en bac | Pot hiverné dans un local clair et hors gel |
| Balcon, terrasse ou petit jardin | Variété peu vigoureuse ou greffée sur un porte-greffe modérateur | Grand pot drainé |
Les températures de rusticité annoncées sont toujours indicatives. La durée du gel, le vent, l’humidité du sol, l’âge de l’arbre, son état de santé et son porte-greffe influencent fortement sa résistance réelle. Un jeune mandarinier récemment planté est beaucoup plus vulnérable qu’un arbre adulte bien installé.
Planter un mandarinier en pleine terre
La plantation en pleine terre est possible dans les régions où les fortes gelées sont rares, en choisissant de préférence une satsuma précoce et rustique.
Installez le mandarinier dans un emplacement :
- très ensoleillé ;
- abrité des vents froids ;
- protégé si possible par un mur exposé au sud ou au sud-ouest ;
- éloigné des zones basses dans lesquelles l’air froid s’accumule ;
- pourvu d’un sol correctement drainé.
Plantez de préférence au printemps, lorsque les fortes gelées sont passées. Creusez un trou plus large que la motte, mais évitez de planter l’arbre trop profondément. Le collet doit rester au niveau du sol et le point de greffe doit toujours se trouver au-dessus de la terre.
Le mandarinier redoute l’eau stagnante autour de ses racines. Dans un terrain lourd ou régulièrement détrempé, il est préférable de planter sur une légère butte ou d’améliorer le drainage sur une zone suffisamment large. Une simple couche de gravier ou de billes d’argile au fond du trou ne suffit pas à corriger un sol compact.
Arrosez abondamment après la plantation, puis régulièrement pendant les deux ou trois premières années. Protégez le jeune arbre avec un voile d’hivernage lors des épisodes de froid, sans enfermer durablement le feuillage dans une atmosphère humide.
Cultiver un mandarinier en pot

Dans les régions froides, le mandarinier se cultive facilement en pot. Il passe la belle saison dehors, au soleil, puis hiverne dans un local clair, frais et hors gel.
Choisissez un contenant percé, suffisamment large et stable. Le pot ne doit pas être démesurément grand par rapport à la motte, au risque de conserver trop longtemps l’humidité. Utilisez un substrat drainant adapté aux agrumes.
Le mandarinier en pot peut être sorti progressivement au printemps lorsque les risques de gel sont écartés. Habituez-le au soleil pendant plusieurs jours afin d’éviter les brûlures du feuillage.
En automne, rentrez les variétés sensibles avant les premières gelées importantes. Placez le pot dans une véranda non chauffée, une serre froide, un jardin d’hiver ou une pièce très lumineuse maintenue au frais. Une pièce chauffée et peu lumineuse favorise la chute des feuilles, les cochenilles et les araignées rouges.
Quand rempoter un mandarinier ?
Rempotez un jeune mandarinier tous les deux ou trois ans, de préférence au début du printemps. Sur un arbre devenu difficile à manipuler, remplacez chaque année les premiers centimètres de substrat par un mélange neuf et riche : cette opération est appelée surfaçage.
Après un rempotage, n’ajoutez pas immédiatement une forte dose d’engrais si le nouveau terreau est déjà fertilisé. Reprenez progressivement les apports lorsque la croissance redémarre.
Arrosage du mandarinier
Le mandarinier demande des arrosages réguliers pendant sa croissance, sa floraison et le grossissement des fruits. Le substrat doit rester frais, mais jamais détrempé.
En pot, arrosez lorsque la surface du terreau commence à sécher. Versez suffisamment d’eau pour humidifier l’ensemble de la motte, puis videz la soucoupe ou le cache-pot. Évitez les petits arrosages superficiels répétés, qui humidifient uniquement la partie supérieure du substrat.
En été, un mandarinier chargé de fruits peut consommer beaucoup d’eau. À l’inverse, les besoins diminuent fortement durant l’hivernage. Continuez néanmoins à surveiller la motte : un agrume persistant ne doit pas rester complètement sec pendant plusieurs semaines.
Une eau très calcaire peut favoriser la chlorose, reconnaissable à un jaunissement du limbe tandis que les nervures restent vertes. Lorsque cela est possible, utilisez de l’eau de pluie ou une eau peu calcaire.
Quel engrais donner à un mandarinier ?
Le mandarinier est gourmand, surtout lorsqu’il pousse en pot. Utilisez un engrais formulé pour les agrumes, contenant de l’azote, du phosphore, du potassium et des oligoéléments comme le fer et le magnésium.
Fertilisez principalement du printemps à la fin de l’été, en respectant les doses indiquées par le fabricant. Un excès d’azote favorise une végétation abondante au détriment de la floraison et peut rendre les jeunes pousses plus sensibles aux pucerons.
Ne fertilisez pas fortement un arbre affaibli par le gel, récemment rempoté, malade ou installé dans un substrat constamment humide. Il faut d’abord corriger le problème de culture.
Comment tailler un mandarinier ?

La taille du mandarinier n’est pas indispensable pour obtenir des fruits. L’arbre adopte naturellement un port arrondi et équilibré. Une taille légère suffit pour maintenir une bonne circulation de l’air et conserver une silhouette adaptée à l’espace disponible.
Quand tailler un mandarinier ?
Taillez de préférence à la fin de l’hiver ou au début du printemps, lorsque les fortes gelées sont passées et avant la reprise complète de la végétation. Une intervention légère peut également être réalisée après la récolte dans les régions douces.
Évitez de tailler juste avant une période de froid, pendant une forte chaleur ou lors de la floraison.
Quelles branches supprimer ?
- le bois mort ou abîmé ;
- les rameaux qui se croisent ;
- les branches orientées vers l’intérieur de la ramure ;
- les pousses très faibles ou mal placées ;
- les rejets situés sous le point de greffe ;
- les branches trop longues qui déséquilibrent un sujet cultivé en pot.
Utilisez un sécateur propre et bien affûté. Évitez les tailles sévères, qui retirent une grande quantité de feuillage, stimulent la production de pousses vigoureuses et retardent souvent la fructification.
Comment reconnaître un rejet du porte-greffe ?
Un rejet du porte-greffe apparaît sous le point de greffe, parfois directement au niveau du sol. Il pousse généralement très vite, porte davantage d’épines et peut présenter des feuilles différentes de celles du mandarinier.
Supprimez-le au plus près de son point de départ. S’il est conservé, il peut progressivement concurrencer la variété greffée et finir par dominer l’arbre.
Floraison et fructification du mandarinier
Le mandarinier fleurit principalement au printemps, même si quelques fleurs peuvent apparaître à d’autres périodes sur un arbre cultivé sous abri. Les fruits se forment ensuite et grossissent pendant plusieurs mois.
Combien de temps faut-il pour obtenir des mandarines ?
Un mandarinier greffé peut fleurir et fructifier dans les premières années suivant son achat, selon son âge et ses conditions de culture. Un arbre récemment planté peut toutefois perdre une partie de ses fleurs ou de ses jeunes fruits le temps de développer son système racinaire.
Un mandarinier issu d’un pépin traverse une longue phase juvénile. Il peut demander de nombreuses années avant de fleurir et le fruit obtenu ne correspond pas nécessairement à celui dont provenait le pépin.
Pourquoi mon mandarinier ne fleurit-il pas ?
Une absence de floraison peut avoir plusieurs causes :
- un arbre encore trop jeune ;
- un manque de soleil ;
- un hivernage trop chaud et trop sombre ;
- un excès d’engrais azoté ;
- une taille trop sévère ;
- un rempotage récent dans un pot beaucoup trop grand ;
- un stress causé par un manque ou un excès d’eau.
Installez l’arbre dans un emplacement lumineux, respectez une période hivernale plus fraîche et utilisez un engrais équilibré pour agrumes.
Faut-il deux mandariniers pour avoir des fruits ?
Un seul mandarinier suffit souvent pour obtenir des fruits. Les satsumas et de nombreuses mandarines peuvent fructifier sans qu’un second arbre soit planté à proximité.
La situation varie néanmoins selon les variétés. Certains hybrides produisent davantage lorsqu’ils reçoivent le pollen d’un autre agrume compatible. La pollinisation croisée peut aussi provoquer la formation de pépins dans des fruits habituellement considérés comme sans pépins.
Dans une véranda ou une serre peu visitée par les insectes, il est possible de passer délicatement un petit pinceau d’une fleur à l’autre afin de déplacer le pollen.
Pourquoi les fruits restent-ils verts ?
La coloration orange est favorisée par la baisse des températures automnales. Dans un climat doux ou sous abri, une mandarine peut donc être mûre tout en conservant une peau partiellement verte.
Ne vous fiez pas uniquement à la couleur. Tenez compte de la période normale de maturité de la variété, de la souplesse de la peau et du goût d’un premier fruit récolté.
Comment multiplier un mandarinier ?
Le mandarinier peut être multiplié par semis, bouturage, marcottage aérien ou greffe. Ces méthodes ne produisent pas exactement le même type d’arbre.
| Méthode | Difficulté | Variété conservée ? | Principal intérêt |
|---|---|---|---|
| Semis d’un pépin | Facile | Pas toujours | Faire une expérience ou produire un jeune plant |
| Bouturage | Assez délicat | Oui | Obtenir un clone de la plante mère |
| Marcottage aérien | Intermédiaire | Oui | Enraciner une branche encore reliée à l’arbre |
| Greffe | Technique | Oui | Associer une variété fruitière à un porte-greffe adapté |
Faire pousser un mandarinier à partir d’un pépin
Il est facile de faire germer un pépin de mandarine. Récupérez plusieurs pépins dans un fruit mûr et nettoyez-les afin de retirer toute trace de pulpe.
- Remplissez un petit pot avec un terreau léger et drainant.
- Enfoncez les pépins à environ 1 cm de profondeur.
- Humidifiez le substrat sans le détremper.
- Placez le pot dans un endroit lumineux et chaud, idéalement autour de 20 à 25 °C.
- Maintenez le terreau légèrement humide jusqu’à la germination.
Le semis est surtout intéressant pour le plaisir de voir pousser un agrume. Le jeune arbre peut mettre de nombreuses années à fleurir et ne produira pas forcément des fruits identiques à la mandarine d’origine.
Certains agrumes peuvent produire plusieurs plantules à partir d’un seul pépin. Certaines sont génétiquement proches de la plante mère, tandis que d’autres résultent d’une fécondation. Il reste difficile pour un jardinier de les distinguer avec certitude.
Comment bouturer un mandarinier ?
Le bouturage du mandarinier est possible, mais il est plus délicat que celui de nombreux arbustes. Toutes les variétés ne s’enracinent pas avec la même facilité.
Procédez de préférence de la fin du printemps à l’été :
- Prélevez un rameau sain de l’année, long d’environ 10 à 15 cm.
- Coupez juste sous un nœud avec un outil propre.
- Retirez les feuilles situées dans la partie inférieure.
- Supprimez les fleurs et les éventuels jeunes fruits.
- Conservez deux ou trois feuilles dans la partie supérieure.
- Trempez éventuellement la base dans une hormone de bouturage.
- Plantez la bouture dans un mélange léger de terreau fin et de perlite ou de sable.
- Placez-la à la lumière sans soleil direct, dans une atmosphère chaude et humide.
Le substrat doit rester légèrement humide sans être saturé d’eau. Une bouture enracinée reproduit fidèlement la variété, mais le nouvel arbre pousse sur ses propres racines. Il ne bénéficie donc pas des qualités de résistance, de rusticité ou de contrôle de la vigueur apportées par un porte-greffe.
Comment marcotter un mandarinier ?

Le marcottage aérien du mandarinier consiste à faire apparaître des racines sur une branche encore reliée à l’arbre. La branche continue à recevoir de l’eau et des éléments nutritifs pendant son enracinement, ce qui rend cette méthode intéressante pour un jardinier amateur.
Réalisez le marcottage au printemps ou au début de l’été :
- Choisissez une branche saine, au moins aussi épaisse qu’un crayon.
- À environ 20 ou 30 cm de son extrémité, retirez un anneau d’écorce large de 2 à 3 cm.
- Grattez délicatement la fine couche verte située sous l’écorce afin d’empêcher la cicatrisation immédiate.
- Appliquez éventuellement un peu d’hormone d’enracinement.
- Entourez la zone avec de la sphaigne préalablement humidifiée.
- Enfermez la sphaigne dans un plastique transparent bien fermé aux deux extrémités.
- Protégez le manchon du soleil direct avec une feuille d’aluminium ou une enveloppe opaque.
- Vérifiez régulièrement que la sphaigne reste humide.
Lorsque de nombreuses racines sont visibles, coupez la branche juste sous la marcotte. Retirez délicatement l’enveloppe sans casser les racines, puis installez immédiatement le nouveau mandarinier dans un pot drainé.
Placez-le pendant quelques semaines à la lumière tamisée, à l’abri du vent et du soleil brûlant. Le plant obtenu est identique à l’arbre mère, mais il ne possède pas les avantages de son éventuel porte-greffe.
Comment greffer un mandarinier ?
La greffe est la méthode de multiplication la plus utilisée pour produire des mandariniers fruitiers. Elle permet de reproduire précisément une variété tout en profitant des qualités d’un porte-greffe sélectionné.
L’écussonnage, qui consiste à insérer un bourgeon sous l’écorce du porte-greffe, est fréquemment utilisé sur les jeunes agrumes. Une greffe en fente ou sous écorce peut également permettre de changer la variété d’un arbre déjà installé.
La réussite exige :
- un porte-greffe en croissance active ;
- un bourgeon ou un greffon prélevé sur un arbre sain ;
- des outils propres et très bien affûtés ;
- un contact précis entre les tissus du greffon et ceux du porte-greffe ;
- une protection correcte de la zone greffée contre le dessèchement.
Pour obtenir rapidement un arbre productif et limiter les risques de transmission de maladies, l’achat d’un mandarinier greffé, correctement identifié et issu d’une pépinière spécialisée reste la solution la plus simple.
Quelle méthode choisir pour multiplier un mandarinier ?
Choisissez le semis pour observer la germination ou obtenir une plante décorative. Essayez le bouturage si vous disposez de plusieurs rameaux et d’un environnement chaud et humide. Préférez le marcottage aérien pour reproduire une branche adulte sans la séparer immédiatement de l’arbre.
Pour obtenir un véritable arbre fruitier adapté au climat et au sol, la greffe reste généralement la méthode la plus intéressante.
Greffe et porte-greffe du mandarinier
Sur un mandarinier greffé, la partie supérieure de l’arbre correspond à la variété fruitière. La partie située sous le point de greffe forme le système racinaire et constitue le porte-greffe.
Le choix du porte-greffe influence :
- la vigueur et la taille finale de l’arbre ;
- sa résistance au froid ;
- sa tolérance à l’humidité ou à la sécheresse ;
- son adaptation au type de sol ;
- sa rapidité de mise à fruits ;
- sa résistance à certaines maladies racinaires.
Le Poncirus trifoliata et certains de ses hybrides sont fréquemment utilisés dans les régions fraîches. Ils améliorent la rusticité et donnent souvent des arbres de dimensions plus modérées.
Ils ne sont toutefois pas adaptés à toutes les terres. Le Poncirus trifoliata peut notamment souffrir dans les sols très calcaires, alcalins ou salins, où des symptômes de chlorose risquent d’apparaître.
À l’achat d’un mandarinier destiné à une culture en pleine terre dans une région limite, demandez donc le nom exact de la variété et celui du porte-greffe.
Calendrier de floraison et de récolte
La floraison principale se produit au printemps. Les fruits se forment ensuite durant l’été et mûrissent de l’automne à l’hiver.
- Septembre à novembre : premières récoltes possibles chez certaines satsumas très précoces.
- Octobre à décembre : période de maturité de nombreuses satsumas précoces comme ‘Okitsu’ et ‘Miyagawa’.
- Novembre à janvier : récolte de variétés comme ‘Owari’ et de plusieurs mandariniers de saison.
- Hiver : maturité de certaines mandarines et clémentines plus tardives sous climat doux.
Dans les régions fraîches, privilégiez toujours une variété précoce. Une variété tardive peut résister au froid sans disposer d’une saison suffisamment longue pour produire des fruits sucrés.
Mandarinier gelé : que faire après un coup de froid ?
Après une forte gelée, les feuilles peuvent brunir, se recroqueviller ou tomber. Certains rameaux prennent une teinte sombre, mais l’étendue réelle des dégâts reste difficile à évaluer immédiatement.
Ne taillez pas le mandarinier juste après le gel. Attendez le redémarrage de la végétation au printemps. Des branches apparemment mortes peuvent repartir, tandis que d’autres dépérissent progressivement plusieurs semaines après l’épisode de froid.
Lorsque les nouvelles pousses sont bien visibles, grattez très légèrement l’écorce avec l’ongle. Un tissu vert indique que la branche est encore vivante. Coupez uniquement les parties réellement mortes, jusqu’au bois sain.
Supprimez les pousses qui apparaissent sous le point de greffe. Elles proviennent du porte-greffe et ne produiront pas les mandarines attendues.
Arrosez modérément pendant la récupération et évitez les fortes doses d’engrais tant que l’arbre n’a pas repris une croissance normale.
Maladies, ravageurs et problèmes fréquents

| Problème observé | Causes possibles | Solutions |
|---|---|---|
| Mandarinier qui perd ses feuilles | Changement brutal d’emplacement, courant d’air, manque ou excès d’eau, hivernage trop chaud et sombre | Stabiliser les conditions, vérifier la motte, placer l’arbre au frais et à la lumière |
| Feuilles jaunes avec nervures vertes | Chlorose provoquée par un substrat ou une eau trop calcaire | Employer une eau peu calcaire, vérifier le drainage et apporter du fer assimilable si nécessaire |
| Feuilles uniformément pâles | Carence nutritive, racines affaiblies ou manque de lumière | Corriger les conditions de culture avant de fertiliser modérément |
| Feuilles recroquevillées | Manque d’eau, chaleur, pucerons ou jeunes pousses attaquées | Contrôler l’humidité du substrat et inspecter le revers des feuilles |
| Cochenilles | Atmosphère confinée, arbre affaibli, hivernage en intérieur | Retirer les insectes, nettoyer le feuillage, aérer et appliquer un traitement adapté |
| Pucerons | Attaque des jeunes pousses au printemps | Utiliser un jet d’eau, favoriser les auxiliaires ou employer du savon noir |
| Aleurodes | Petites mouches blanches sous les feuilles, surtout sous abri | Aérer, poser des pièges adaptés et nettoyer les feuilles infestées |
| Araignées rouges | Air chaud et sec, surtout durant l’hivernage | Réduire la chaleur, augmenter légèrement l’humidité de l’air et doucher le feuillage |
| Fumagine noire | Champignon se développant sur le miellat des cochenilles, pucerons ou aleurodes | Traiter d’abord les insectes responsables, puis nettoyer les feuilles |
| Absence de fleurs | Manque de lumière, arbre jeune, excès d’azote, taille sévère ou hivernage trop chaud | Améliorer la lumière, équilibrer la fertilisation et respecter le repos hivernal |
| Chute des fleurs ou des jeunes fruits | Phénomène naturel, stress hydrique, chaleur, vent sec ou arbre trop chargé | Maintenir des arrosages réguliers et éviter les changements brutaux |
Pourquoi les jeunes mandarines tombent-elles ?
La chute d’une partie des très jeunes fruits après la floraison est normale. L’arbre élimine naturellement les fruits qu’il n’est pas capable d’alimenter.
Une chute massive ou tardive peut en revanche être causée par :
- un manque d’eau ;
- des arrosages irréguliers ;
- une forte chaleur ou un vent sec ;
- un changement brutal d’exposition ;
- un excès d’eau autour des racines ;
- une fertilisation déséquilibrée ;
- une charge de fruits trop importante pour la taille de l’arbre.
Pendant la floraison et le grossissement des fruits, maintenez une humidité régulière sans laisser d’eau stagner dans le pot.
Pourquoi les mandarines éclatent-elles sur l’arbre ?
L’éclatement des mandarines est généralement un problème physiologique, et non une maladie. Il apparaît souvent lorsqu’une période sèche est suivie d’une pluie abondante ou d’un arrosage massif.
La pulpe absorbe alors rapidement une grande quantité d’eau et gonfle plus vite que l’écorce, qui finit par se fendre.
Les fruits déjà ouverts doivent être retirés avant qu’ils ne pourrissent. Pour limiter le phénomène, arrosez régulièrement pendant le grossissement des fruits et évitez l’alternance entre une terre complètement sèche et un apport d’eau très abondant.
Pourquoi les mandarines sont-elles sèches ou peu sucrées ?
Des fruits secs, très acides ou peu parfumés peuvent résulter :
- d’une récolte trop précoce ;
- d’un manque de soleil ou de chaleur ;
- d’une variété trop tardive pour la région ;
- d’un arbre portant trop de fruits ;
- d’arrosages très irréguliers ;
- de fruits restés excessivement longtemps sur l’arbre après leur pleine maturité.
Dans les régions fraîches, le choix d’une satsuma précoce améliore fortement les chances d’obtenir des fruits correctement mûrs.
Pourquoi le mandarinier produit-il une année sur deux ?
Certains mandariniers présentent une alternance de production. Une année très chargée en fruits est suivie d’une année plus pauvre en fleurs et en mandarines, car l’arbre a consacré une grande partie de ses réserves à la récolte précédente.
Pour limiter ce phénomène :
- maintenez des arrosages réguliers ;
- fertilisez sans excès ;
- évitez les tailles sévères ;
- ne laissez pas un jeune arbre porter une quantité excessive de fruits ;
- retirez une partie des petits fruits si les branches plient fortement sous leur poids.
Récolter les mandarines

Les mandarines se récoltent de l’automne à l’hiver selon la variété. Le fruit doit avoir atteint sa taille normale et présenter une peau souple, facile à détacher de la pulpe.
La couleur seule ne suffit pas toujours à déterminer la maturité. Dans certaines conditions, la peau peut rester partiellement verte alors que la chair est déjà sucrée.
Récoltez de préférence par temps sec. Coupez le pédoncule avec un petit sécateur plutôt que de tirer sur le fruit, car la peau fine des mandarines se déchire facilement.
Goûtez un premier fruit avant de récolter toute la production. Contrairement à certains fruits, une mandarine ne devient pas réellement plus sucrée après avoir été cueillie.
Conserver les mandarines
Les mandarines se conservent quelques jours à température ambiante, dans une corbeille non surchargée. Pour une conservation plus longue, placez-les dans un endroit frais, sec et aéré.
Évitez les sacs fermés qui retiennent l’humidité et favorisent les moisissures. Inspectez régulièrement les fruits et retirez rapidement ceux qui commencent à ramollir ou à se tacher.
Lorsque le climat le permet, il est possible de laisser une partie des fruits sur l’arbre et de les récolter progressivement. Cette durée de maintien dépend néanmoins de la variété et des conditions météorologiques.
Calendrier d’entretien du mandarinier
| Période | Travaux à réaliser |
|---|---|
| Janvier à février | Maintenir les arbres en pot au frais et à la lumière, protéger les sujets en pleine terre et espacer les arrosages. |
| Mars à avril | Reprendre progressivement les arrosages, effectuer une taille légère, rempoter si nécessaire et recommencer la fertilisation. |
| Avril à juin | Surveiller la floraison, les pucerons et les cochenilles. Sortir progressivement les pots lorsque les gelées sont passées. |
| Juin à août | Arroser régulièrement, fertiliser, surveiller le grossissement des fruits et protéger les pots d’une surchauffe excessive. |
| Septembre à octobre | Récolter les variétés les plus précoces, réduire progressivement la fertilisation et anticiper l’hivernage. |
| Novembre à décembre | Récolter les variétés de saison, rentrer les pots sensibles et protéger les arbres en pleine terre lors des coups de froid. |
Questions fréquentes sur le mandarinier
Quelle est la différence entre une mandarine, une clémentine et une satsuma ?
La mandarine est le fruit de différents mandariniers proches de Citrus reticulata. Elle est parfumée, facile à éplucher et souvent riche en pépins. La clémentine est un hybride produisant généralement des fruits doux et peu pourvus en pépins. La satsuma est une mandarine japonaise précoce, facile à éplucher et particulièrement résistante au froid.
Quel est le mandarinier le plus résistant au froid ?
Les satsumas, appartenant à l’espèce Citrus unshiu, figurent parmi les mandariniers les plus rustiques. Une variété adaptée, greffée sur un porte-greffe rustique et installée dans un emplacement abrité, peut supporter des gelées modérées une fois bien établie.
Peut-on cultiver un mandarinier en dehors des régions méditerranéennes ?
Oui. Le mandarinier se cultive en pot dans toutes les régions, à condition de l’hiverner dans un local clair et hors gel. Certaines satsumas peuvent également pousser en pleine terre sur la façade atlantique, dans le Sud-Ouest et dans d’autres microclimats abrités.
Quand planter un mandarinier ?
La meilleure période pour planter un mandarinier en pleine terre est le printemps, une fois les fortes gelées passées. L’arbre dispose ainsi de plusieurs mois pour développer ses racines avant son premier hiver.
Quand et comment tailler un mandarinier ?
Taillez légèrement à la fin de l’hiver ou au début du printemps. Supprimez le bois mort, les branches qui se croisent, les rameaux mal orientés et les rejets situés sous le point de greffe. Évitez les tailles sévères.
Combien de temps un mandarinier met-il pour donner des fruits ?
Un sujet greffé peut fructifier dans les premières années suivant son achat. Un mandarinier issu d’un pépin peut mettre de nombreuses années à fleurir et ne produira pas nécessairement les mêmes fruits que la plante d’origine.
Pourquoi mon mandarinier perd-il ses feuilles ?
La chute des feuilles peut être causée par un changement brutal d’emplacement, un courant d’air froid, un excès ou un manque d’eau, un défaut de lumière ou un hivernage dans une pièce trop chaude. Vérifiez d’abord l’état du substrat et les conditions d’exposition.
Pourquoi mon mandarinier ne fleurit-il pas ?
Le manque de lumière, un excès d’azote, une taille sévère, un hivernage trop chaud ou le jeune âge de l’arbre peuvent empêcher la floraison. Placez-le au soleil, fertilisez de manière équilibrée et respectez une période hivernale plus fraîche.
Peut-on faire pousser un mandarinier à partir d’un pépin ?
Oui. Semez plusieurs pépins frais dans un terreau léger et maintenez-les au chaud. Les plants obtenus peuvent toutefois mettre de nombreuses années à fructifier et ne reproduisent pas toujours fidèlement la variété d’origine.
Comment multiplier un mandarinier ?
Le mandarinier se multiplie par semis, bouturage, marcottage aérien ou greffe. Le semis est le plus simple, tandis que la greffe est généralement la meilleure méthode pour obtenir rapidement un arbre fruitier adapté au sol et au climat.
Peut-on marcotter un mandarinier ?
Oui. Le marcottage aérien consiste à retirer un anneau d’écorce sur une branche, puis à entourer la zone de sphaigne humide jusqu’à l’apparition de racines. La branche est ensuite séparée de l’arbre et mise en pot.
Peut-on bouturer une branche de mandarinier ?
Oui, mais le bouturage reste assez délicat. Prélevez en été un rameau sain et semi-ligneux, placez-le dans un substrat drainant et maintenez-le dans une atmosphère chaude, lumineuse et humide.
Quelle est la meilleure période pour marcotter un mandarinier ?
Le printemps et le début de l’été sont les périodes les plus favorables, car l’arbre est alors en croissance active. La branche ne doit être séparée que lorsqu’un réseau de racines bien développé est visible dans la sphaigne.
Faut-il greffer un mandarinier issu d’un pépin ?
La greffe n’est pas obligatoire, mais elle permet de remplacer la partie fruitière incertaine du semis par une variété connue. Le jeune plant sert alors de porte-greffe.
Faut-il deux mandariniers pour obtenir des fruits ?
Pas nécessairement. De nombreux mandariniers peuvent fructifier seuls. Certaines variétés produisent toutefois davantage en présence d’un autre agrume compatible, et la pollinisation croisée peut provoquer l’apparition de pépins.
Que faire si un mandarinier a gelé ?
Ne taillez pas immédiatement. Attendez la reprise de la végétation au printemps pour repérer précisément le bois mort, puis coupez jusqu’aux tissus sains. Supprimez également les rejets qui apparaissent sous le point de greffe.
Pourquoi les jeunes mandarines tombent-elles ?
Une chute limitée après la floraison est naturelle. Une chute importante peut être provoquée par un manque d’eau, une forte chaleur, des arrosages irréguliers, un excès d’humidité ou une quantité de fruits trop importante pour l’arbre.
Pourquoi les mandarines se fendent-elles ?
Les mandarines éclatent souvent lorsqu’une période sèche est suivie d’une pluie abondante ou d’un arrosage massif. Des arrosages réguliers pendant le grossissement des fruits permettent de limiter ce problème.
Pourquoi mon mandarinier produit-il une année sur deux ?
Ce phénomène est appelé alternance de production. Après une récolte très abondante, l’arbre dispose de moins de réserves pour former les fleurs de l’année suivante. Une fertilisation régulière, des arrosages équilibrés et une charge de fruits raisonnable permettent de l’atténuer.