Tom le Jardinier
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Arbustes fruitiers Grossulariacées

Groseillier

Ribes rubrum

Rouge, blanc, à maquereau ou simplement décoratif : sous le nom de groseillier se cachent plusieurs arbustes que l'on confond sans cesse. Cette fiche fait le tri, puis détaille tout ce qui fait réussir un groseillier à grappes au jardin : où le planter, comment le tailler pour qu'il produise quinze ans, et quoi installer à son pied.

ExpositionSoleil non brûlant ou mi-ombre ; mi-ombre obligatoire au sud
ArrosageModérés mais réguliers, surtout au printemps ; redoute la sécheresse
RusticitéExcellente, jusqu'à -25 °C
RécolteJun–Aoû
Groseillier

Calendrier du groseillier

Plantation
J F M O N D
Récolte
J J A
Plantation Récolte

Le groseillier est un arbuste fruitier rustique qui produit des grappes de baies acidulées pendant plus de quinze ans avec un entretien minime. Sous ce seul nom se rangent pourtant des plantes très différentes : le groseillier à grappes rouge ou blanc (Ribes rubrum), le groseillier à maquereau aux gros fruits (Ribes uva-crispa), et le groseillier à fleurs (Ribes sanguineum) qui, lui, ne se mange pas du tout. Cette fiche traite avant tout le groseillier à grappes, le plus cultivé au potager-verger, et indique à chaque étape ce qui change pour les autres espèces.

Vous y trouverez la distinction claire entre ces arbustes, le choix des variétés rouges et blanches, les conditions de sol et d'exposition, la plantation pas à pas en pleine terre comme en pot, la taille adaptée à chaque type, la gestion des maladies et ravageurs courants, les bonnes associations au jardin et la récolte. La taille détaillée et le bouturage font l'objet de fiches dédiées vers lesquelles cette page renvoie.

Groseillier à grappes, à maquereau ou à fleurs : ne plus confondre

Trois arbustes portent le nom de « groseillier » et appartiennent tous au genre Ribes (famille des Grossulariacées, environ 200 espèces). Les confondre conduit à acheter le mauvais plant ou à appliquer la mauvaise taille. Voici comment les distinguer.

Nom courant Nom latin Fruit Épines Usage
Groseillier à grappes Ribes rubrum Petites baies rouges, roses ou blanches en grappes Non Comestible
Groseillier à maquereau Ribes uva-crispa Grosses baies isolées vertes, rouges ou jaunes Oui Comestible
Groseillier à fleurs Ribes sanguineum Baies bleu-noir insipides Non Ornemental, non comestible
Cassissier Ribes nigrum Baies noires aromatiques Non Comestible
Caseille Ribes × nidigrolaria Hybride cassis × groseille à maquereau Non Comestible

Le point qui piège le plus de jardiniers : le groseillier à fleurs (Ribes sanguineum), couvert de grappes roses au printemps, est un arbuste strictement décoratif. Ses baies ne se consomment pas. Si vous cherchez des fruits, écartez-le et orientez-vous vers Ribes rubrum ou Ribes uva-crispa.

Le groseillier à maquereau se cultive globalement comme le groseillier à grappes mais s'en distingue sur deux points (taille des pousses de l'année et sensibilité à l'oïdium) : il fait l'objet d'une fiche dédiée. Le reste de cette page concerne le groseillier à grappes, en signalant ce qui diffère pour le maquereau.

Reconnaître le groseillier à grappes

Le groseillier à grappes forme une touffe buissonnante de 0,80 à 1,60 m de haut, composée de plusieurs branches partant de la souche. L'écorce des jeunes rameaux est claire, celle des vieux bois plus grise et écaillée. Les feuilles, caduques, comptent trois à cinq lobes dentés, vert moyen, et ressemblent à de petites feuilles de vigne.

La floraison a lieu d'avril à mai : de discrètes fleurs verdâtres groupées en grappes pendantes. C'est à ce stade que se joue la récolte, car des gelées tardives entre 1 et 5 °C perturbent la fécondation et provoquent la chute des jeunes fruits. Les baies, réunies en grappes, mûrissent ensuite en virant au rouge translucide, au rose ou au blanc selon la variété.

La plupart des variétés sont autofertiles, mais la fructification est plus abondante quand plusieurs pieds (mêmes ou variétés différentes) sont plantés à proximité, ce qui favorise la pollinisation croisée par les insectes.

Son système racinaire est superficiel et traçant : c'est une raison de plus pour pailler en permanence, car les racines souffrent vite d'un sol nu qui se dessèche ou chauffe en surface. Cette caractéristique rend aussi le binage profond risqué au pied de l'arbuste.

Hauteur, croissance et longévité

À maturité, un groseillier à grappes mesure de 0,80 à 1,60 m de haut pour une largeur comparable, selon la variété et la taille pratiquée. Les formes vigoureuses dites « groseille-raisin » peuvent dépasser 1,60 m et rivaliser avec un cassissier ; on les espace alors davantage.

Sa croissance est modérée : un jeune plant met 2 à 3 ans pour s'étoffer et atteindre sa silhouette adulte. La première récolte significative intervient dès la 2ᵉ ou 3ᵉ année après la plantation, et le plein rendement vers la 4ᵉ-5ᵉ année.

Bien conduit, l'arbuste reste productif 15 à 20 ans. Au-delà, ou faute de taille de renouvellement, la souche vieillit, le bois s'épuise et la production décline : on remplace alors le pied, idéalement à un autre emplacement pour éviter la fatigue du sol.

Variétés de groseilliers à grappes

Le choix d'une variété se raisonne sur trois critères : la couleur, la période de récolte (pour étaler la cueillette de juin à août) et la vigueur. Voici les valeurs sûres.

Variétés rouges

Variété Récolte Caractéristiques
Jonkheer van Tets Précoce, mi-juin Vigoureux (1,5 m), grosses grappes, très répandu
Rolan Mi-saison Autofertile, baies fermes, bonne tenue
London Market Mi-saison Productif, fruits fermes, longues grappes
Rovada Tardive, juillet Très productive, gros fruits, longues grappes, étale la récolte
Gloire des Sablons Mi-saison Ancienne variété à baies roses

Variétés blanches

Variété Récolte Caractéristiques
Versaillaise Blanche Mi-saison Classique, baies douces translucides
Blanka Tardive Très productive, longues grappes claires
Cerise Blanche Mi-saison Saveur douce, peu acide

Associer une variété précoce (Jonkheer van Tets) et une tardive (Rovada, Blanka) permet de récolter de la mi-juin à la fin juillet sur un même massif.

Variétés à maquereau (aperçu)

Le groseillier à maquereau (Ribes uva-crispa) étant traité dans une fiche dédiée, en voici seulement les variétés repères à connaître pour ne pas se tromper à l'achat :

Variété Couleur Particularité
Hinnonmaki Rouge / Vert / Jaune selon le type Productives, rustiques, valeurs sûres
Captivator Rouge Quasiment sans épines, pratique à récolter
Invicta Vert Résistant à l'oïdium, vigoureux

La culture détaillée de ces variétés (taille spécifique, gestion de l'oïdium) est développée dans la fiche groseillier à maquereau.

Climat, exposition et sol

Le groseillier est un arbuste de climat frais. Sa rusticité (-25 °C) le rend parfaitement adapté au nord de la Loire et à la moyenne montagne. À l'inverse, il redoute la chaleur et la sécheresse : en région méridionale, plantez-le impérativement à mi-ombre, dans un endroit frais, jamais en plein soleil de l'après-midi.

L'exposition idéale est un soleil doux du matin ou une mi-ombre lumineuse, à l'abri des vents violents. Une situation trop ombragée réduit la fructification ; une situation brûlante grille le feuillage et dessèche les fruits.

Côté sol, le groseillier réclame une terre fraîche, profonde, humifère et bien drainée, légèrement acide à neutre. Il tolère les sols argileux à condition qu'ils soient drainés, mais déteste les terres trop calcaires et l'eau stagnante. Un sol qui reste frais en été, sans être détrempé, donne les meilleures récoltes — d'où l'intérêt d'un paillage permanent.

Si votre eau d'arrosage est très calcaire, préférez l'eau de pluie : un excès de calcaire bloque l'assimilation du fer et provoque une chlorose, ce jaunissement caractéristique du limbe entre des nervures restées vertes. Un sol naturellement calcaire se corrige progressivement par des apports réguliers de compost, de terreau de feuilles et de matière organique, qui acidifient et allègent la terre.

En pratique, le groseillier se plaît particulièrement au nord de la Loire, en climat océanique ou de moyenne montagne. Plus on descend vers le sud, plus il faut compenser : mi-ombre fraîche, arrosage régulier, paillage épais — ou bien le cultiver en pot que l'on place à l'ombre l'après-midi.

Planter un groseillier

Plantation d’un groseillier au jardin
Plantation d’un groseillier au jardin

Quand planter ?

La meilleure période s'étend d'octobre à mars, hors gel, lorsque l'arbuste est en repos et sans feuilles. La plantation d'automne est idéale : les racines s'installent avant l'hiver et l'arbuste démarre vigoureusement au printemps. Une plantation de printemps reste possible mais exige des arrosages suivis dès les premières chaleurs.

Les plants en racines nues se plantent uniquement de novembre à mars ; les plants en conteneur peuvent se planter toute l'année hors gel et fortes chaleurs, en privilégiant tout de même l'automne.

À quelle distance ?

Configuration Distance
Entre deux pieds isolés 1 à 1,5 m
En haie fruitière 1,20 m sur le rang
Variétés vigoureuses (groseille-raisin) 1,80 m sur le rang
Entre les rangs (verger) 2 à 2,50 m

Comment planter, étape par étape

Préparez le terrain quelques semaines à l'avance si possible : ameublissez le sol en profondeur, retirez les cailloux et les racines de vivaces indésirables (chiendent, liseron), et incorporez du compost mûr. Un sol décompacté et enrichi sur une bonne profondeur permet aux racines superficielles du groseillier de s'étendre rapidement.

  1. Réhydrater la motte (conteneur) en la plongeant dans un seau d'eau jusqu'à ce que les bulles cessent, ou praliner les racines nues après avoir recoupé proprement les extrémités abîmées.
  2. Creuser une fosse de 40 à 50 cm en tous sens, sans lisser les parois, en décompactant le fond.
  3. Amender la terre extraite avec du compost mûr ou du fumier décomposé.
  4. Positionner le plant droit, le point de greffe ou le collet au niveau du sol. On peut enterrer légèrement la base des branches pour favoriser l'émission de nouvelles tiges.
  5. Reboucher, tasser modérément, former une cuvette d'arrosage.
  6. Arroser abondamment (10 L), même par temps frais, pour souder la terre aux racines.
  7. Pailler sur 8 à 10 cm (paille, BRF, tontes sèches) pour maintenir la fraîcheur.

Cultiver le groseillier en pot

Le groseillier se prête bien à la culture en bac sur terrasse ou balcon, à condition de ne pas sous-dimensionner le contenant — c'est l'erreur la plus fréquente.

Le pot : choisissez un contenant d'au moins 50 cm de profondeur et de diamètre (40 L minimum). Un pot de 30 cm donne nettement moins de fruits et oblige à arroser sans cesse. Percé au fond, avec une couche drainante de billes d'argile.

Le substrat : un mélange de terre de jardin riche et de terreau de plantation, additionné de compost. Maintenez-le légèrement acide à neutre. Privilégiez en pot les variétés peu vigoureuses ou conduites sur tige, plus faciles à contenir qu'une variété de plein vent. Tous les 2 à 3 ans, surfacez le substrat (remplacez les premiers centimètres par du compost frais) ou rempotez dans un contenant légèrement plus grand pour entretenir la vigueur.

Arrosage et fertilisation : le terreau sèche vite en pot. Arrosez dès que la surface est sèche, plus souvent en été, sans laisser d'eau dans la soucoupe. Apportez un engrais organique pour petits fruits au début du printemps, puis un complément après la floraison.

Hivernage : rustique jusqu'à -25 °C en pleine terre, le groseillier en pot a les racines plus exposées au gel. Ne le rentrez pas dans une pièce chauffée, ce qui briserait son repos hivernal indispensable. Laissez-le dehors, éventuellement contre un mur abrité, et entourez le pot d'un voile ou de papier-bulle en cas de gel sévère et prolongé.

Entretenir le groseillier

Arrosage : régulier la première année et en été, surtout au moment du grossissement des fruits. Un sol qui se dessèche au printemps favorise la rouille et compromet la récolte. Le paillage limite la fréquence des arrosages.

Fertilisation : un apport de compost ou de fumier décomposé chaque début de printemps suffit. Évitez l'excès d'azote, qui favorise les feuilles au détriment des fruits. Un engrais riche en potasse soutient la fructification.

Paillage : maintenez un paillis organique permanent au pied. Il garde la fraîcheur, limite le désherbage et nourrit le sol en se décomposant.

Protection des fruits : avant que les baies ne rougissent, les oiseaux s'en régalent. Plutôt qu'un filet où ils s'emmêlent, une simple écuelle d'eau à proximité les détourne souvent ; en cas de forte pression, un filet à mailles fines tendu sur des arceaux protège efficacement.

Tailler le groseillier

La taille du groseillier à grappes a un objectif précis : conserver une douzaine de rameaux productifs par pied, en renouvelant régulièrement le vieux bois. Les rameaux fructifient surtout sur le bois de 2 à 3 ans ; au-delà de 4 à 5 ans, ils s'épuisent et doivent être supprimés.

Principes de base :

  • À la plantation, rabattre les tiges à 2-3 yeux pour forcer la ramification depuis la base.
  • En hiver (de décembre à février, hors gel), supprimer à la base les branches de plus de 4-5 ans (écorce grise, peu productives).
  • Aérer le centre de la touffe en éliminant le bois mort et les branches qui se croisent, pour laisser entrer la lumière.
  • Conserver chaque année quelques jeunes pousses vigoureuses pour assurer le renouvellement.

Les deux interventions de l'année :

  • Taille d'hiver (décembre à février, hors gel) : c'est la taille principale. On retire le vieux bois improductif à la base, on aère le centre et on raccourcit les pousses de l'année pour stimuler la formation de boutons à fruits. C'est le bon moment pour récupérer des rameaux et faire des boutures.
  • Taille d'été (juin-juillet, facultative) : on pince l'extrémité des jeunes pousses qui ne portent pas de fruits, afin de favoriser la ramification et de concentrer la sève vers les grappes en cours de grossissement.

La différence importante selon le type : chez le groseillier à grappes, on peut rabattre les pousses de l'année des deux tiers de leur longueur. Chez le groseillier à maquereau, on ne pratique pas ce rabattage de la même façon ; chez le cassissier et la caseille, on ne raccourcit que d'un tiers, car ils fructifient davantage sur le bois jeune. Appliquer aveuglément la taille du groseillier rouge sur ces espèces réduit la récolte.

Conduite ainsi, un groseillier reste productif plus de 15 ans. Pour la méthode complète, geste par geste, et le calendrier détaillé par espèce, voir la fiche dédiée à la taille des groseilliers.

Déplacer ou transplanter un groseillier

Un groseillier mal placé — trop de soleil, sol épuisé, voisinage encombrant — se déplace sans difficulté pendant le repos végétatif, de novembre à février, hors période de gel. C'est aussi le moment de transplanter un sujet acheté en pot ou récupéré chez un voisin.

Procédez ainsi : rabattez d'abord les branches d'environ un tiers pour réduire les besoins en eau du futur plant. Creusez largement autour de la souche, à 30-40 cm du tronc, pour préserver un maximum de racines, puis soulevez la motte avec une fourche-bêche. Replantez immédiatement, sans laisser sécher les racines, dans une fosse amendée selon la même méthode qu'une plantation classique. Arrosez copieusement et paillez. L'arbuste peut marquer un léger ralentissement la première année avant de repartir normalement.

Maladies, ravageurs et erreurs fréquentes

Le groseillier est globalement robuste, mais quelques problèmes reviennent régulièrement. Savoir lire les symptômes permet d'intervenir tôt.

Symptôme observé Cause Solution
Cloques rouges ou vertes boursouflées sur les feuilles Puceron jaune-orangé (Cryptomyzus ribis) sous le limbe Retirer et brûler les feuilles atteintes ; pulvériser eau + savon noir
Feuilles trouées ou réduites aux nervures Chenilles de la tenthrède Ramasser les chenilles ; traiter au savon noir ou au Bacillus thuringiensis
Voile blanc poudreux sur feuilles et fruits Oïdium (fréquent sur maquereau) Bicarbonate + savon noir ; choisir des variétés résistantes
Taches brunes sur les feuilles, défoliation Anthracnose Ramasser les feuilles mortes ; cuivre en prévention
Pustules orange au revers des feuilles Rouille Maintenir le sol frais ; pulvériser à base de cuivre
Rameaux qui se dessèchent en été Sésie (chenille blanche dans la tige) Couper et brûler les rameaux atteints (juin à octobre)
Pellicule cotonneuse sur tiges Cochenilles Traitement d'hiver à l'huile ; savon noir

Prévention générale : la plupart de ces problèmes se limitent par de bonnes pratiques plutôt que par des traitements curatifs. Aérez le centre de l'arbuste à la taille pour faire circuler l'air et réduire l'humidité stagnante propice aux champignons, maintenez le sol frais et paillé, ramassez et brûlez les feuilles malades à l'automne pour casser les cycles de contamination, et favorisez les auxiliaires (coccinelles et leurs larves contre les pucerons) en diversifiant les plantes alentour. Un traitement d'hiver à l'huile blanche ou à la bouillie bordelaise, appliqué sur le bois nu en fin d'hiver, détruit les formes hivernantes de nombreux parasites et constitue la meilleure assurance pour la saison suivante.

Erreurs fréquentes à éviter :

  • Planter en plein soleil au sud : feuillage grillé, fruits desséchés.
  • Laisser le sol se dessécher au printemps : favorise rouille et chute de fruits.
  • Ne jamais tailler le vieux bois : la production s'effondre après quelques années.
  • Apporter trop d'azote : beaucoup de feuilles, peu de groseilles.

Associations et rotation

Le groseillier s'intègre très bien dans une haie fruitière gourmande mêlant cassissiers et framboisiers, ou en bordure de potager où il remplace avantageusement une haie d'ornement. Au-delà de l'esthétique, certaines associations le protègent des ravageurs, attirent les pollinisateurs ou enrichissent le sol à son pied. Comme ses racines sont superficielles, on choisit des compagnes peu concurrentes pour l'eau, plantées à 40-50 cm du tronc.

Bonnes associations :

Plante compagne Bénéfice
Framboisier, cassissier Haie fruitière, mêmes besoins de fraîcheur
Ail, oignon, ciboulette Effet répulsif sur les pucerons et champignons
Capucine Plante-piège qui détourne les pucerons
Œillet d'Inde (Tagetes) Limite les nématodes du sol
Lavande, tanaisie Répulsives contre les pucerons
Bourrache Attire les pollinisateurs au moment de la floraison
Consoude Paillage et engrais riche en potasse au pied

Mauvaises associations :

À éviter Raison
Fenouil Allélopathique, freine la croissance des voisins
Noyer Sécrète de la juglone, toxique pour de nombreux arbustes
Légumes gourmands en azote en concurrence directe Épuisent le sol et l'eau au détriment du groseillier

Le groseillier étant un arbuste pérenne, il ne s'inscrit pas dans une rotation annuelle. En revanche, ne replantez pas un groseillier exactement à l'emplacement d'un ancien groseillier ou cassissier arraché : laissez le sol se reposer ou changez de place pour éviter la fatigue du sol et la persistance de parasites.

Récolter les groseilles

Récolte de groseilles mûres sur le groseillier
Récolte de groseilles mûres sur le groseillier

La récolte s'étale de juin à août selon la variété et la région. Les baies se cueillent bien mûres, lorsqu'elles sont pleinement colorées, brillantes, translucides et se détachent facilement de la grappe. Une groseille récoltée trop tôt reste très acide et ne mûrit plus après la cueillette : mieux vaut patienter et tâter régulièrement. À l'inverse, des fruits laissés trop longtemps attirent les oiseaux et finissent par se rider. Échelonner les variétés (précoce, mi-saison, tardive) permet de cueillir au fur et à mesure plutôt que tout d'un coup.

Geste de cueillette : prélevez la grappe entière par son pédoncule plutôt que baie à baie, ce qui évite d'écraser les fruits et préserve leur conservation. Cueillez de préférence le matin ou en fin d'après-midi, par temps sec, dans une cagette peu profonde pour ne pas tasser la récolte.

Rendement indicatif par pied adulte :

Type Rendement
Groseillier à grappes environ 3 kg
Groseillier à maquereau 3 à 4 kg
Groseille-raisin (formes vigoureuses) 8 à 10 kg

Un groseillier atteint son plein rendement vers la 3ᵉ-4ᵉ année et le maintient une quinzaine d'années si la taille de renouvellement est pratiquée.

Conserver les groseilles après récolte

Fragiles, les groseilles se conservent peu de temps à l'état frais mais se prêtent bien à la conservation longue.

  • Réfrigérateur : dans le bac à légumes, 5 à 7 jours maximum, non lavées, étalées sans les écraser.
  • Congélation : égrappez, étalez les baies sur un plateau pour les congeler séparément, puis stockez-les en sachet. Elles se gardent ainsi 10 à 12 mois et conservent leur tenue, prêtes à l'emploi sans décongélation préalable.
  • Déshydratation : au déshydrateur (50-55 °C) ou au four très doux porte entrouverte, les groseilles séchées se conservent plusieurs mois dans un bocal hermétique, à l'abri de la lumière et de l'humidité.
  • Jus et coulis : transformation rapide qui valorise les fruits trop mûrs pour la conservation fraîche ; le jus se congèle également très bien en portions.

Quel que soit le mode choisi, ne lavez les groseilles qu'au dernier moment : l'humidité résiduelle accélère leur dégradation au réfrigérateur comme au congélateur.

Multiplier le groseillier par bouturage

Le groseillier se multiplie facilement par bouture de bois, gratuitement et fidèlement à la variété mère. Deux fenêtres sont possibles : de fin août à octobre (bois semi-aoûté à aoûté) ou en mars (bois sec, avant le débourrement).

En résumé, la méthode tient en cinq gestes :

  1. Prélevez des boutures de 20 cm sur des rameaux sains de l'année, comportant au moins 4 bourgeons.
  2. Supprimez les feuilles du bas et ne conservez que celles du sommet pour les boutures d'automne.
  3. Plantez directement en place, par groupes de 3, ou en pépinière dans une petite tranchée, en terre légère et fraîche, à mi-ombre.
  4. Enterrez la bouture en ne laissant dépasser que 2 bourgeons au-dessus du sol.
  5. Maintenez le sol frais tout l'été ; transplantez les plants enracinés au bout d'un an.

La bouture dans l'eau est possible mais donne un enracinement plus fragile qu'en pleine terre. La méthode complète en photos, avec le cas particulier du groseillier à maquereau, est détaillée dans la fiche dédiée au bouturage du groseillier.

Calendrier du groseillier

Ce calendrier récapitule les grandes interventions de l'année. Les dates exactes varient selon la région et la variété (précoce ou tardive).

Période Travaux
Novembre à mars Plantation (racines nues et conteneur), déplacement et transplantation
Décembre à février Taille d'hiver hors gel, traitement d'hiver sur bois nu
Mars Bouturage de bois sec, apport de compost au pied
Avril-mai Floraison : surveiller et protéger des gelées tardives
Juin-juillet Taille d'été facultative, début de récolte des variétés précoces
Juin à août Récolte échelonnée selon les variétés, arrosage suivi
Fin août à octobre Bouturage de bois semi-aoûté à aoûté
Automne Ramassage et destruction des feuilles malades, renouvellement du paillage

Questions fréquentes

Où planter un groseillier et à quelle exposition ?

Au soleil doux ou à la mi-ombre, dans un sol frais et bien drainé, à l'abri des vents. Au sud de la France, la mi-ombre est indispensable : le groseillier redoute la chaleur. Évitez les terres calcaires et l'eau stagnante.

Quand planter un groseillier ?

D'octobre à mars, hors période de gel, de préférence à l'automne pour un meilleur enracinement. Les plants en racines nues se plantent de novembre à mars, ceux en conteneur toute l'année hors gel et canicule.

Peut-on planter un groseillier et un framboisier ensemble ?

Oui, c'est même une excellente association en haie fruitière : tous deux apprécient un sol frais et une exposition douce. Espacez-les d'environ 1 m et paillez généreusement pour satisfaire leurs besoins communs en fraîcheur.

Que planter au pied d'un groseillier ?

De l'ail, de l'oignon ou de la ciboulette (répulsifs), des capucines (piège à pucerons), de la consoude (engrais et paillage) ou de la bourrache (pollinisateurs). Évitez le fenouil et la proximité immédiate d'un noyer.

Pourquoi mon groseillier ne donne-t-il pas de fruits ?

Plusieurs causes possibles : gelées printanières (1 à 5 °C) pendant la floraison, exposition trop ombragée, absence de taille de renouvellement (vieux bois improductif), ou excès d'azote favorisant les feuilles. Planter plusieurs pieds améliore aussi la pollinisation.

Mes feuilles de groseillier sont boursouflées et rouges, que faire ?

Ce sont des cloques dues à un puceron (Cryptomyzus ribis) installé sous les feuilles, pas une maladie grave. Retirez et brûlez les feuilles atteintes et pulvérisez de l'eau additionnée de savon noir.

Mes feuilles de groseillier sont mangées ou trouées, quel est le coupable ?

Le plus souvent les chenilles de la tenthrède, qui peuvent défolier un arbuste en quelques jours. Ramassez-les à la main dès les premières attaques et traitez au savon noir ou au Bacillus thuringiensis.

Le groseillier se cultive-t-il en pot ?

Oui, dans un contenant d'au moins 50 cm de profondeur rempli d'un mélange terre-terreau. Arrosez régulièrement, fertilisez au printemps et laissez le pot dehors l'hiver : ne le rentrez surtout pas dans une pièce chauffée.

Le groseillier à fleurs est-il comestible ?

Non. Le groseillier à fleurs (Ribes sanguineum), cultivé pour ses grappes roses décoratives, produit des baies insipides qui ne se consomment pas. Pour des fruits, choisissez un groseillier à grappes (Ribes rubrum) ou à maquereau (Ribes uva-crispa).

Quelle est la différence entre la groseille et la groseille à maquereau ?

La groseille à grappes (Ribes rubrum) donne de petites baies acidulées réunies en grappes ; la groseille à maquereau (Ribes uva-crispa) donne de grosses baies isolées, sur un arbuste épineux. Ce sont deux espèces distinctes du même genre Ribes.

Quelle est la durée de vie d'un groseillier ?

De 15 à 20 ans en moyenne, à condition de renouveler le vieux bois par la taille. Sans taille, l'arbuste vieillit et sa production chute après quelques années.

À quelle distance planter deux groseilliers ?

Comptez 1 à 1,5 m entre deux pieds, 1,20 m sur le rang en haie, et 2 à 2,50 m entre les rangs au verger.

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Photo de Tom dans son potager du Jura
Tom le Jardinier

Jardinier passionné depuis l'enfance, j'ai grandi avec mon grand-père qui m'a transmis l'amour de la terre et du potager. Aujourd'hui installé dans le Jura suisse, je cultive un potager naturel à plus de 900 mètres d'altitude et je partage mes expériences avec plus de 30 000 passionnés.