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Légumineuses Fabacées (anciennement Légumineuses)

Pois chiche

Cicer arietinum

Presque personne n'a vu un pois chiche sur pied, et beaucoup imaginent qu'il pousse sur un arbre. C'est en réalité une petite plante buissonnante de 50 cm, couverte de poils glanduleux, dont chaque gousse renflée ne contient qu'une ou deux graines. Sa culture prend le contrepied de tout ce qu'on sait du potager : ni fumure, ni arrosage, ni terre riche et une récolte qui attend que tout ait séché sur pied.

Expositionplein soleil, chaud
Arrosagetrès faibles : culture sèche, sauf au moment de la floraison
Rusticitésupporte le froid modéré, mais les fleurs coulent en dessous de 15 °C de moyenne
SemisFév–Mai
RécolteJul–Sep
Pois chiche

Calendrier du pois chiche

Semis
F M A M
Récolte
J A S
Semis Récolte

Le pois chiche (Cicer arietinum) est une légumineuse annuelle de la famille des Fabacées, cultivée pour ses graines sèches. C'est un aliment que tout le monde connaît et une plante que presque personne n'a vue : elle apparaît si rarement dans les potagers français qu'une part des recherches à son sujet porte sur son apparence, voire sur l'idée qu'elle pousserait sur un arbre. Il n'en est rien — c'est une petite plante buissonnante d'une cinquantaine de centimètres.

Malgré son nom, le pois chiche n'est pas un pois. Il appartient à un genre botanique différent (Cicer et non Pisum), et sa culture prend le contrepied de celle du petit pois sur presque tous les points : semis de printemps et non d'hiver, sol pauvre et sec plutôt que riche et frais, aucun arrosage régulier, pas de tuteurage indispensable, et une récolte de graines sèches et non de gousses fraîches. Arriver avec les réflexes du petit pois est la première cause d'échec.

Cette fiche couvre toute la culture : reconnaître la plante et comprendre comment elle pousse, distinguer les types kabuli et desi, choisir le bon sol — et il est contre-intuitif —, semer au bon moment, entretenir (c'est-à-dire ne presque rien faire), gérer l'anthracnose qui est sa seule vraie maladie, et récolter au stade exact où les gousses sonnent creux. Vous y trouverez aussi le rendement à attendre et l'argument qui rend cette culture pertinente aujourd'hui : le pois chiche pousse sans arrosage là où le haricot sec n'y parvient plus.

Reconnaître le pois chiche : à quoi ressemble la plante ?

Pois chiche en croissance au potager
Pois chiche en croissance au potager

Commençons par lever la confusion la plus répandue : le pois chiche ne pousse pas sur un arbre. C'est une herbacée annuelle, au port dressé et buissonnant, qui mesure le plus souvent 40 à 60 cm et peut atteindre 1 mètre dans de bonnes conditions.

Les tiges sont dressées, simples ou ramifiées, et couvertes de poils glanduleux qui donnent à toute la plante un aspect légèrement duveteux et poisseux au toucher.

Les feuilles sont composées imparipennées — c'est-à-dire divisées en folioles disposées de part et d'autre du pétiole, avec une foliole terminale isolée au bout. On compte 3 à 8 paires de folioles ovales, longues d'environ 17 mm et larges de 10 mm, aux bords finement dentés. De petites stipules triangulaires marquent la base des feuilles. Le feuillage est d'un vert franc à vert foncé.

Les fleurs apparaissent à partir de juin, solitaires ou par deux, portées sur un fin pédicelle. Ce sont de petites fleurs papilionacées typiques des légumineuses, longues d'environ 12 mm, aux pétales blanc crème chez les types kabuli, lilas à violet chez les types desi.

Le fruit est une gousse courte, gonflée et arrondie, mesurant jusqu'à 3,5 cm de long sur 1,7 cm de large, elle aussi couverte de poils glanduleux. Sa particularité déroute : elle ne contient qu'une à quatre graines, le plus souvent deux — là où une gousse de petit pois en aligne huit ou dix. Chaque plante compense par un très grand nombre de gousses, plusieurs dizaines sur un pied bien développé.

La graine, enfin, est sphérique, bosselée et terminée en une petite pointe recourbée — un « bec » caractéristique, qu'on retrouve dans l'un de ses noms populaires, le pois tête de bélier. Elle atteint 15 mm sur 10 mm, et sa couleur va du blanc crème au beige chez les variétés cultivées en France.

Sous terre, le système racinaire est étendu et profond, la racine principale pouvant descendre jusqu'à un mètre. C'est ce qui explique sa résistance remarquable à la sécheresse. Les racines portent des nodosités habitées par des bactéries fixatrices d'azote spécifiques au pois chiche, Mesorhizobium ciceri et Mesorhizobium mediterraneum — et non les mêmes que celles du petit pois.

Un détail qui a des conséquences pratiques : les feuilles du pois chiche sécrètent de l'acide malique. Cette sécrétion acide fait fuir la plupart des insectes phytophages, ce qui explique que la plante soit si peu attaquée. Mais elle peut aussi irriter la peau au contact du feuillage en pleine croissance : mieux vaut porter des manches longues quand on bine entre des rangs bien développés.

Comment pousse le pois chiche ?

Le cycle complet dure 4 à 6 mois, du semis de printemps à la récolte de fin d'été. Après une levée en 6 à 8 jours, la plante développe d'abord son système racinaire en profondeur, ce qui explique une croissance aérienne d'abord lente. La floraison démarre en juin et se poursuit longtemps.

Le pois chiche a une croissance de type indéterminé : il continue de fleurir et de former de nouvelles gousses tant que les conditions le permettent. Ce sont normalement les conditions sèches de fin de cycle qui arrêtent la plante et déclenchent le mûrissement d'ensemble. C'est un point important sous climat frais et humide : sans cet arrêt naturel, la plante continue de végéter et les gousses peinent à arriver à maturité avant les pluies d'automne.

Sur pied, les gousses vertes gonflent puis brunissent et sèchent progressivement. Contrairement à beaucoup de légumineuses, elles restent fermées à maturité et ne s'ouvrent pas pour disperser les graines : on ne perd donc pas la récolte en tardant un peu.

Kabuli ou desi : les deux visages du pois chiche

Une seule espèce, mais deux grands groupes de cultivars, nommés d'après les usages du monde indien. La distinction est utile, car ce ne sont pas les mêmes plantes à regarder ni les mêmes graines à cuisiner.

Kabuli (macrosperma) Desi (microsperma)
Graine 7 à 8 mm, ronde, peu ridée 3,5 à 6 mm, anguleuse, avec un bec marqué
Tégument Mince, lisse, clair (beige, crème, jaune paille) Épais, rugueux, sombre (brun, rouge foncé, noir, vert)
Port Érigé Buissonnant, petites folioles
Fleurs Blanc crème Pourpres ou violettes
Aire Méditerranée, Asie du Sud-Ouest, Amérique Inde, Pakistan, Afghanistan, Éthiopie
Usage Entier Souvent décortiqué et cassé (dal)

En France, c'est le type kabuli qui est cultivé, à graines claires et grosses — celui de nos conserves. C'est aussi celui que vous trouverez dans le commerce des semences. Un troisième type, gulabi, à petites graines claires et lisses, n'est pas produit en France.

Sept variétés seulement sont inscrites au catalogue français, et la plupart des semenciers grand public n'en proposent qu'une seule, souvent sans en mentionner le nom. Le choix variétal est donc, en pratique, quasi inexistant pour le jardinier amateur : concentrez-vous sur la conduite de culture plutôt que sur la recherche d'un cultivar particulier. Si vous trouvez une variété nommée, privilégiez celles sélectionnées pour la tolérance à l'anthracnose.

Climat, sol et exposition : oubliez les réflexes du potager

C'est ici que le pois chiche déroute le plus, parce qu'il demande l'inverse de ce qu'on offre habituellement à un légume.

Le climat d'abord. Le pois chiche est une plante de chaleur et de sécheresse. Il lui faut du plein soleil et des températures franches : en dessous de 20 °C, la croissance s'atrophie. C'est en conditions méditerranéennes qu'il donne le meilleur de lui-même.

Un seuil précis mérite d'être connu : les fleurs sont sensibles aux températures fraîches et coulent quand les moyennes descendent sous 15 °C, produisant des gousses vides, sans graines. Si votre printemps est frais et pluvieux au moment de la floraison, c'est là que la récolte se perd.

Hors du Midi, la culture reste possible mais devient aléatoire. Sous climat océanique, continental ou en montagne, ne la tentez qu'en sol franchement drainant — sableux ou pierreux — et en exposition très chaude, exactement comme pour la lentille. Dans un fond de vallon argileux qui se ressuie mal, l'échec est quasi certain, surtout si la fin du printemps est arrosée.

Le sol ensuite, et c'est le plus contre-intuitif. Le pois chiche se contente de sols pauvres, caillouteux et secs, et il les préfère. Les terres légères, sableuses ou siliceuses lui conviennent parfaitement, y compris calcaires. En revanche :

  • Votre belle terre de potager patiemment enrichie de compost ne lui convient guère. Un sol trop riche produit du feuillage au détriment des gousses.
  • Les terres argileuses sont rédhibitoires pour le semis, et les terres froides et humides le sont pour toute la culture.
  • Les meilleurs sols sont ceux qui se réchauffent vite au printemps.

Autrement dit, réservez-lui le coin ingrat du jardin — celui que vous jugez trop sec, trop maigre ou trop caillouteux pour autre chose. C'est exactement ce qu'il lui faut.

Semer le pois chiche

Semis de pois chiche en pleine terre
Semis de pois chiche en pleine terre

Le pois chiche se sème directement en place et ne se repique pas : sa racine pivotante s'installe tôt et profondément.

Quand semer

Les sources divergent, et la raison est climatique : plus on descend vers le sud, plus on peut semer tôt.

  • Climat méditerranéen ou doux : de février à avril, voire un semis d'automne en zone méditerranéenne peu pluvieuse, pour une récolte dès avril-mai.
  • Ailleurs : d'avril à fin mai, en terre réchauffée.

La température de germination optimale se situe entre 10 et 15 °C, et la levée demande 6 à 8 jours dans un sol à 19 °C. Ne tardez pas : la récolte n'intervenant que 4 à 6 mois plus tard, un semis trop tardif ne laisse pas le temps aux gousses de sécher avant les pluies d'automne.

Comment semer

  • Préparez le sol en ameublissant à la griffe et en nivelant au râteau. Ne fertilisez pas : ni compost, ni fumier, ni engrais azoté.
  • Ouvrez des sillons de 3 cm de profondeur. Enfoncez les graines correctement : les pigeons et les corvidés s'attaquent volontiers aux semis superficiels.
  • Espacez largement les rangs. C'est un point où beaucoup se trompent : comptez 40 cm au minimum, et jusqu'à 60-75 cm. Le système racinaire prospecte un volume important, et surtout les tiges, qui peuvent atteindre 1 mètre, retombent de part et d'autre du rang sous le poids des gousses. Prévoyez également 60 cm entre le rang de pois chiches et la culture voisine.
  • Semez soit en poquets de 3 graines tous les 20 à 25 cm, en ne gardant ensuite que le plus beau plant, soit en ligne tous les 10 cm, avec un éclaircissage ultérieur à 20-25 cm.
  • Recouvrez de terre fine, tassez légèrement au râteau et arrosez une fois en pluie fine.

Un repère utile pour doser vos semences : on compte environ 3 graines par gramme, et la faculté germinative se conserve 3 ans.

Entretenir la culture : le minimum

Entretien du pois chiche au potager
Entretien du pois chiche au potager

C'est la culture la moins exigeante du potager. Trois interventions suffisent, et deux d'entre elles se font le même jour.

L'arrosage : presque aucun. Arrosez une fois au semis, puis les toutes premières semaines si les pluies manquent — surtout pour un semis tardif. Ensuite, les racines profondes prennent le relais et la culture se mène en sec. Un seul moment critique : ne laissez pas la plante manquer d'eau au moment de la floraison, comme pour toutes les légumineuses. Hors de cette période, l'excès d'eau est bien plus dangereux que le manque.

Le binage, un mois après la levée. Passez la binette pour aérer le sol et supprimer les adventices, sans abîmer les racines. Ensuite, la végétation devient assez dense pour couvrir le sol elle-même, et le désherbage n'est plus nécessaire.

Le buttage, dans le même geste. Quand les plants atteignent 20 à 30 cm, ramenez un peu de terre au pied pour former un petit monticule, comme pour les haricots. Cela évite que les pieds ne se couchent au sol et que les gousses n'y pourrissent. Enchaînez immédiatement avec un paillage, et vous n'aurez plus rien à faire jusqu'à la récolte.

Aucune fertilisation. Le pois chiche fixe son propre azote grâce à ses nodosités. Un apport azoté serait contre-productif.

Faut-il tuteurer ?

La question divise, et il est honnête de le dire. La plupart des sources considèrent que le buttage suffit. Mais des praticiens en climat méditerranéen observent que les tiges, longues d'un mètre et garnies de nombreuses ramifications portant plusieurs dizaines de gousses, finissent par se coucher sous le poids — surtout après une averse. Les gousses au contact du sol, même sur paillage, risquent alors de pourrir.

En pratique : buttez systématiquement, et tuteurez si vos plants deviennent hauts et chargés, avec quelques piquets et une ficelle tendue de part et d'autre du rang. Une astuce élégante consiste à semer les pois chiches à l'emplacement des tomates de l'année précédente, en réutilisant leurs tuteurs déjà en place.

Maladies et ravageurs

Flétrissement sur un plant de pois chiche
Flétrissement sur un plant de pois chiche

Le pois chiche est remarquablement peu attaqué, grâce à l'acide malique sécrété par son feuillage qui repousse la plupart des insectes phytophages. Trois problèmes méritent toutefois d'être connus.

Problème Symptômes Prévention et traitement
Anthracnose (ascochytose, Ascochyta rabiei) Taches concaves, claires à brunes sur les gousses, les feuilles et les tiges ; dessèchement Rotation de 3 à 4 ans, semences saines, arracher et brûler les pieds atteints ; décoction de prêle en préventif
Bruche Petit trou circulaire dans le grain sec, larve à l'intérieur Passer les graines 24 à 48 h au congélateur après récolte ; filet anti-insectes à la floraison
Noctuelle (Helicoverpa) Chenille pénétrant dans les jeunes gousses et dévorant les graines en formation Ramassage manuel, filet ; dégâts généralement limités
Mouche mineuse Galeries dans le feuillage Décoction de tanaisie ; rarement préoccupant

L'anthracnose est la seule maladie vraiment préoccupante. Elle est transmise par les semences contaminées et par les débris de culture, et se propage par le vent et la pluie. Elle est favorisée par les pluies continues et une forte humidité — ce qui, encore une fois, ramène à la question du climat. En respectant un délai de trois à quatre ans entre deux cultures de pois chiche sur la même parcelle, vous ne devriez pas la rencontrer.

Une astuce de prévention originale mérite d'être testée : alterner un rang de pois chiche sur deux avec un rang de lin freine la progression du champignon responsable de l'anthracnose.

Rotation et associations

Respectez 3 à 4 ans avant de recultiver des pois chiches au même endroit — c'est la mesure prophylactique n°1 contre l'anthracnose.

Comme toutes les légumineuses, le pois chiche enrichit le sol en azote. Placez-le donc entre deux cultures gourmandes, et après la récolte, coupez les pieds au ras du sol en laissant les racines en terre : les nodosités s'y décomposeront au profit de la culture suivante. Un légume-feuille ou un légume-fruit exigeant en azote en bénéficiera directement.

Bonnes associations : le maïs, dont le port vertical se marie bien avec le buisson du pois chiche, et le lin, pour son effet sur l'anthracnose.

À éviter : les alliacées — ail, oignon, échalote —, dont les composés soufrés perturbent la fixation de l'azote par les légumineuses. C'est la même incompatibilité que pour le pois et le haricot.

En rotation de plein champ, le pois chiche est réputé excellent, notamment en troisième année après un blé dur.

Récolter les pois chiches

Récolte des pois chiches à maturité
Récolte des pois chiches à maturité

La récolte intervient 4 à 6 mois après le semis, soit de juillet à septembre pour un semis de printemps, et dès avril-mai pour un semis d'automne méditerranéen.

Le stade de récolte : les gousses sèches. Attendez que les gousses soient brunes et sèches. Deux tests permettent de confirmer :

  • Secouez une gousse : vous devez entendre les graines remuer à l'intérieur. C'est le repère le plus fiable.
  • La gousse éclate sous la pression des doigts.

Ne tardez pas trop pour autant. Contrairement à d'autres légumineuses, les gousses restent fermées et vous ne perdrez pas de graines au sol — mais deux risques existent. D'une part, plus les graines sèchent au soleil, plus elles seront longues à cuire ensuite. D'autre part, les pluies de fin de saison peuvent les réhumecter, voire les faire germer sur place dans la gousse.

Deux méthodes de récolte :

  • Coupe au ras du sol : la plus recommandée, puisqu'elle laisse les racines et leurs nodosités enrichir la parcelle. Écossez ensuite les gousses à la main.
  • Arrachage et séchage en bottes : arrachez les pieds délicatement, sans les secouer, constituez des bottes ficelées au pied et suspendez-les tête en bas dans un local sec et aéré pendant quelques semaines. Pour l'écossage en série, glissez les gousses très sèches dans un sac de toile et brisez-les à travers le tissu : le tri est ensuite bien plus simple.

La récolte en vert, une option méconnue. Profitez d'avoir des pois chiches au jardin pour en cueillir une partie avant maturité : attendez que les gousses soient bien formées mais encore franchement vertes, la graine à l'intérieur l'étant aussi. C'est une récolte impossible à trouver dans le commerce, disponible dès le début juillet en climat méditerranéen, plutôt en août ailleurs.

Quel rendement attendre ?

Les références agronomiques situent le rendement du pois chiche entre 15 et 30 quintaux par hectare en production conventionnelle, soit 150 à 300 g de graines sèches par mètre carré.

Au potager, avec des plants bien espacés et une conduite soignée, on se situe dans le haut de cette fourchette, autour de 200 à 300 g par m². C'est modeste en apparence — mais il s'agit de graines sèches, denses et conservables plusieurs mois, là où un kilo de petits pois frais fond à la cuisson et se conserve quelques jours.

Concrètement, comptez 10 m² pour récolter 2 à 3 kg de pois chiches secs, de quoi couvrir une consommation familiale régulière sur l'année.

Conserver les pois chiches

La conservation est le grand avantage de cette culture : une fois secs, les grains se gardent plusieurs mois, voire plus d'un an, dans une boîte ou un bocal hermétique, à l'abri de l'humidité et de la lumière.

Le geste indispensable avant stockage : passez les graines 24 à 48 heures au congélateur. Le froid détruit les larves de bruche éventuellement présentes dans les grains, qui sinon poursuivraient leur développement et vous feraient perdre tout le lot. C'est un réflexe à ne jamais sauter.

Vérifiez ensuite que les graines sont parfaitement sèches avant de fermer le contenant : la moindre humidité résiduelle provoque des moisissures.

Les pois chiches récoltés en vert se conservent en revanche comme un légume frais : quelques jours au réfrigérateur, ou congelés après un blanchiment rapide.

Faire ses propres semences

Le pois chiche est une espèce autogame quasi stricte : il se féconde lui-même et ne se croise pratiquement pas. Conserver ses graines d'une année sur l'autre est donc simple et fiable, sans risque de dégénérescence variétale.

Prélevez simplement une part de votre récolte de graines sèches, issue des plants les plus vigoureux, passez-la au congélateur comme le reste, et stockez-la au sec. La faculté germinative se maintient environ 3 ans.

Le pois chiche, une culture d'avenir au potager

Un argument mérite d'être posé clairement, parce qu'il justifie à lui seul de tenter cette culture. Le pois chiche est l'une des rares légumineuses à produire sans arrosage, y compris lors de printemps particulièrement secs.

Comparez avec le haricot sec, sa concurrente directe au potager : le haricot exige au moins 15 °C pour germer, il ne peut donc pas être semé avant avril, et il doit ensuite être systématiquement arrosé pour produire des graines. Le pois chiche, semé plus tôt et doté d'un enracinement profond, s'en passe.

Dans les régions où les étés secs s'allongent et où l'arrosage devient contraint, le pois chiche peut utilement remplacer le haricot sec. C'est probablement la légumineuse la mieux adaptée aux conditions qui s'installent.

Questions fréquentes

Le pois chiche pousse-t-il sur un arbre ?

Non. C'est une plante herbacée annuelle, buissonnante, de 40 à 60 cm de haut, parfois jusqu'à 1 mètre. Ses gousses courtes et renflées, portées le long des tiges, ne contiennent qu'une à quatre graines chacune, le plus souvent deux.

Comment pousse le pois chiche ?

Semé au printemps, il lève en 6 à 8 jours puis développe d'abord ses racines en profondeur. Il fleurit à partir de juin, en petites fleurs papilionacées blanches ou violettes, puis forme des gousses renflées qui brunissent et sèchent sur pied. Le cycle complet dure 4 à 6 mois et se termine par une récolte de graines sèches.

Quand semer les pois chiches ?

De février à avril en climat doux ou méditerranéen, d'avril à fin mai ailleurs, en terre réchauffée. Un semis d'automne est possible en zone méditerranéenne peu pluvieuse. La température de germination optimale se situe entre 10 et 15 °C.

Quel sol pour le pois chiche ?

Un sol léger, drainant, plutôt pauvre et caillouteux, sableux ou siliceux, qui se réchauffe vite. Contrairement à la plupart des légumes, il ne faut pas l'installer dans une terre riche en compost : cela produit du feuillage au détriment des gousses. Les terres argileuses, froides ou humides sont à proscrire.

Faut-il arroser les pois chiches ?

Presque pas. Un arrosage au semis, puis les premières semaines si les pluies manquent, et c'est tout : les racines profondes prennent ensuite le relais. Le seul moment sensible est la floraison, où il ne faut pas que la plante manque d'eau. Le reste du temps, l'excès d'eau est bien plus dangereux que le manque.

Quelle distance entre les plants de pois chiche ?

Espacez les rangs de 40 cm au minimum, idéalement 60 à 75 cm, car les tiges retombent de part et d'autre sous le poids des gousses. Sur le rang, gardez un plant tous les 20 à 25 cm, soit en semant en poquets de 3 graines, soit en semant tous les 10 cm puis en éclaircissant.

Faut-il butter ou tuteurer les pois chiches ?

Buttez systématiquement, quand les plants atteignent 20 à 30 cm, pour éviter qu'ils ne se couchent et que les gousses ne pourrissent au sol. Le tuteurage n'est pas indispensable, mais il devient utile sur des plants hauts et très chargés : quelques piquets et une ficelle tendue de part et d'autre du rang suffisent.

Quand et comment récolter les pois chiches ?

De juillet à septembre, 4 à 6 mois après le semis, quand les gousses sont brunes et sèches. Le test le plus fiable : secouez une gousse, vous devez entendre les graines remuer à l'intérieur. Coupez les pieds au ras du sol en laissant les racines en terre, ou arrachez-les et suspendez-les en bottes tête en bas dans un local sec avant d'écosser.

Quelle différence entre pois chiche kabuli et desi ?

Le kabuli a de grosses graines rondes et claires (7-8 mm) à tégument lisse, un port érigé et des fleurs blanc crème : c'est le type cultivé en France et celui de nos conserves. Le desi a de petites graines anguleuses et sombres (3,5-6 mm) à tégument épais, un port buissonnant et des fleurs violettes ; il domine en Inde, au Pakistan et en Éthiopie, où on le consomme souvent décortiqué.

Peut-on cultiver le pois chiche en dehors du Midi ?

Oui, mais la réussite est aléatoire. Hors zone méditerranéenne, ne le tentez qu'en sol franchement drainant — sableux ou pierreux — et en exposition très chaude, comme pour la lentille. Le risque principal est un printemps frais et humide : sous 15 °C de moyenne, les fleurs coulent et les gousses restent vides.

Quel rendement pour des pois chiches ?

Comptez 150 à 300 g de graines sèches par mètre carré, soit environ 2 à 3 kg pour 10 m². Le rendement paraît modeste, mais il s'agit de graines sèches qui se conservent plus d'un an.

Comment conserver les pois chiches récoltés ?

Passez impérativement les graines 24 à 48 heures au congélateur pour détruire les larves de bruche, vérifiez qu'elles sont parfaitement sèches, puis stockez-les en bocal hermétique à l'abri de l'humidité et de la lumière. Elles se gardent ainsi plusieurs mois à plus d'un an.

Le pois chiche a-t-il des maladies ?

Très peu, car son feuillage sécrète de l'acide malique qui repousse la plupart des insectes. La seule maladie vraiment préoccupante est l'anthracnose (ascochytose), qui provoque des taches concaves brunes sur les gousses et les tiges. Elle se prévient par une rotation de 3 à 4 ans, des semences saines, et éventuellement l'alternance d'un rang de lin sur deux.

Peut-on manger les pois chiches verts ?

Oui, et c'est une récolte introuvable dans le commerce. Cueillez les gousses quand elles sont bien formées mais encore franchement vertes, la graine à l'intérieur l'étant également. C'est possible dès début juillet en climat méditerranéen, plutôt en août ailleurs.

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Tom le Jardinier

Jardinier passionné depuis l'enfance, j'ai grandi avec mon grand-père qui m'a transmis l'amour de la terre et du potager. Aujourd'hui installé dans le Jura suisse, je cultive un potager naturel à plus de 900 mètres d'altitude et je partage mes expériences avec plus de 30 000 passionnés.