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Arbres à noyaux Oléacées

Olivier

Olea europaea

L'olivier n'est pas réservé au Midi : bien choisi, bien drainé et bien protégé du froid, il pousse partout en France, en pleine terre au sud, en grand bac ailleurs. Encore faut-il comprendre sa rusticité réelle, pourquoi il perd ses feuilles ou refuse de fructifier, et comment l'hiverner. Ce guide couvre toute la culture de l'olivier, du sol au diagnostic.

ExpositionPlein soleil, à l'abri des vents froids
ArrosageFaibles une fois installé ; craint fortement l'excès d'eau
RusticitéEnviron -10 à -12 °C établi (jusqu'à -15 °C en sol drainé) ; jeunes sujets bien plus sensibles
RécolteAoû–Déc
Olivier

Calendrier du olivier

Plantation
A M J O N
Récolte
A S O N D
Plantation Récolte

L'olivier est l'arbre emblématique du bassin méditerranéen, mais sa culture dépasse largement le Midi : à condition de respecter deux exigences — un sol parfaitement drainé et une protection du froid — il s'installe dans presque toute la France, en pleine terre au sud, en grand bac au nord de la Loire. Arbre à croissance lente et à longévité exceptionnelle, il demande peu une fois établi, mais échoue vite quand on lui donne trop d'eau ou qu'on néglige l'hivernage des sujets jeunes et en pot.

Ce guide couvre toute la culture de l'olivier : reconnaître l'arbre, choisir une variété adaptée à sa région, comprendre sa rusticité réelle et l'hiverner correctement, le planter, l'arroser et le nourrir, le faire fructifier (et diagnostiquer pourquoi il ne le fait pas), gérer ses maladies et poser un diagnostic quand il perd ses feuilles ou jaunit. Trois opérations à fort enjeu font l'objet de guides dédiés, résumés ici puis approfondis à part : la taille de l'olivier, la culture en pot et le bouturage. Côté olives, on traite la récolte et le stade de cueillette ; la préparation culinaire des fruits sort du cadre de cette fiche de culture.

Reconnaître l'olivier

Culture de l’olivier au jardin
Culture de l’olivier au jardin

L'olivier est un arbre au feuillage persistant caractéristique : des feuilles allongées, lancéolées, coriaces, d'un vert-gris vernissé sur le dessus et argentées au revers, qui donnent à l'arbre son éclat lumineux au vent. Ce feuillage ne tombe pas à l'automne mais se renouvelle progressivement sur deux à trois ans.

Le tronc, lisse et gris chez les jeunes sujets, devient avec l'âge noueux et crevassé, sculpté, ce qui fait tout le caractère ornemental de l'arbre. Laissé libre, l'olivier peut atteindre 6 à 10 m, mais on le maintient bien plus bas à la taille. Sa croissance est lente : c'est un arbre de patience, à ne pas attendre spectaculaire en quelques saisons.

La floraison, discrète, survient de mai à juillet sous forme de petites grappes de fleurs blanc crème, légèrement parfumées et fugaces. Les olives se forment ensuite sur le bois de l'année précédente, apparaissant en général à partir de la cinquième année de l'arbre. D'abord vertes, elles virent au brun puis au noir à mesure que les températures baissent, à l'automne et en hiver.

Croissance, âge et longévité

L'olivier est un arbre lent, et c'est une donnée à intégrer avant de le planter. Un jeune sujet gagne peu de hauteur chaque année, quelques centimètres à quelques dizaines selon les conditions ; il consacre d'abord son énergie à s'enraciner et à épaissir. Ne le jugez pas sur ses deux ou trois premières saisons, souvent décevantes en apparence, où l'essentiel du travail se passe sous terre.

En contrepartie de cette lenteur, sa longévité est exceptionnelle : un olivier vit des siècles, voire davantage, et son tronc gagne en caractère avec l'âge — c'est un arbre que l'on plante autant pour soi que pour transmettre. Cette lenteur explique aussi pourquoi la fructification tarde (cinquième année environ) et pourquoi une taille mesurée vaut mieux qu'une taille brutale : l'arbre reconstitue lentement ce qu'on lui retire. Pour un effet immédiat, mieux vaut acheter un sujet déjà formé, plus coûteux, que d'attendre dix ans qu'un jeune plant prenne de l'ampleur.

Choisir sa variété selon la région et l'usage

Le genre Olea compte une trentaine d'espèces, mais toutes les variétés cultivées relèvent d'Olea europaea. Le choix se fait selon deux critères : l'usage (fruitier ou ornemental) et surtout la rusticité, déterminante hors Méditerranée.

Variété Type / usage Rusticité indicative Particularité
'Aglandau' Fruitière (huile, olive verte) Bonne (-10 à -12 °C) Rustique, autofertile, valeur sûre
'Bouteillan' Fruitière (huile) Bonne Vigoureuse, productive
'Cailletier' (olive de Nice) Fruitière (olive de table) Moyenne Petit fruit, port souple
'Picholine' Fruitière (olive de table) Moyenne à bonne Grande qualité gustative, à polliniser
'Arbequina' Fruitière, précoce Moyenne Fructifie jeune, adaptée au pot
'Frantoio' Fruitière (huile) Moyenne Italienne, productive

Pour une culture au nord ou en pot, orientez-vous vers les variétés réputées rustiques et/ou autofertiles ('Aglandau', 'Arbequina'). La plupart des oliviers sont partiellement autofertiles, mais la présence d'une seconde variété à proximité améliore nettement la pollinisation et donc le rendement — un point à anticiper si la fructification est votre objectif.

Fruitier ou ornemental ? Beaucoup d'oliviers sont plantés pour leur seule silhouette, sans visée de récolte : dans ce cas, la variété importe peu et c'est le port qui prime. On trouve l'olivier classique sur tige, mais aussi taillé en nuage (niwaki) ou en boule, formes ornementales très demandées pour terrasses et jardins contemporains. Si en revanche vous visez les olives, distinguez les variétés à olive de table (gros fruits, comme 'Picholine' ou 'Cailletier') des variétés à huile (fruits plus petits mais riches, comme 'Aglandau', 'Bouteillan', 'Frantoio') — le choix se fait alors selon l'usage et l'adaptation à votre climat local, en privilégiant les variétés cultivées dans votre région.

Rusticité et culture par région : le point décisif

C'est LA question qui fait réussir ou échouer un olivier hors du Midi, et celle que les fiches méridionales survolent.

La rusticité réelle : un olivier bien établi, en sol drainé, résiste à des gelées de l'ordre de -10 à -12 °C, parfois jusqu'à -15 °C pour un vieux sujet en terrain parfaitement sec. Mais deux nuances capitales : les jeunes oliviers sont bien plus sensibles (les premières années, une gelée modérée peut les tuer), et l'humidité aggrave tout — un olivier gelé en sol détrempé meurt à des températures qu'il supporterait en sol sec. Le froid seul est rarement fatal ; c'est le froid plus l'eau qui tue.

Par région, concrètement :

  • Zone méditerranéenne et Sud-Ouest à hivers doux : culture en pleine terre sans souci particulier, dans la « zone de l'olivier ». C'est là qu'il fructifie le mieux.
  • Façade atlantique et climats doux mais humides : pleine terre possible avec un drainage irréprochable (plantation sur butte, terrain caillouteux), en acceptant une fructification aléatoire.
  • Nord de la Loire, Est, altitude : culture en grand bac, sorti l'été et remisé à l'abri du gel l'hiver (voir hivernage). La pleine terre y est risquée sans protection sérieuse.

Retenez la règle : partout où l'olivier passe l'hiver dehors, c'est le sol drainé qui le sauve ; partout où l'hiver descend sous -10 °C durablement, c'est le bac mobile qui le sauve.

Sol et exposition

Exposition : plein soleil, impérativement, et à l'abri des vents froids (un mur au sud est idéal, il restitue de la chaleur). L'olivier a besoin de lumière et de chaleur pour mûrir son bois et fructifier.

Sol : le maître-mot est le drainage. L'olivier prospère en sol profond, caillouteux, pauvre à moyen, même calcaire — il n'est pas exigeant sur la richesse. La seule chose qu'il ne tolère pas, ce sont les sols humides et lourds, où ses racines pourrissent. En terrain argileux ou en zone pluvieuse, plantez sur une butte, incorporez graviers ou pouzzolane, et proscrivez toute rétention d'eau.

Planter l'olivier

La période idéale de plantation est le printemps (avril à juin), une fois les gelées écartées : les jeunes oliviers, vulnérables au froid, ont ainsi toute la belle saison pour s'enraciner avant leur premier hiver. En climat doux, la plantation d'automne (octobre-novembre) est possible et profite des pluies pour l'enracinement.

En résumé : creusez un trou large (deux à trois fois le volume de la motte), ameublissez le fond sur une bonne profondeur, et assurez un drainage parfait — en sol lourd, disposez un lit de graviers ou de pouzzolane au fond. Trempez la motte avant plantation. Positionnez le collet au niveau du sol (jamais enterré), rebouchez avec la terre extraite éventuellement allégée de sable, tassez sans excès, puis formez une cuvette d'arrosage autour du pied. Arrosez copieusement à la plantation pour chasser les poches d'air et assurer le contact racines-terre, même s'il pleut. Espacez les arbres d'au moins 4 à 5 m en verger. Dans les zones ventées, un tuteurage léger et souple sécurise le jeune sujet les deux premières années, le temps de l'enracinement.

Que planter au pied d'un olivier ? Son pied ensoleillé et sec accueille bien des plantes méditerranéennes couvre-sol peu gourmandes en eau : lavande, thym, romarin, santoline, sauge, gaura. Évitez tout ce qui exige des arrosages fréquents, qui contrarieraient la sobriété hydrique de l'arbre, et laissez un espace dégagé au tronc.

Cultiver l'olivier en pot

La culture en pot est la solution reine hors zone méditerranéenne, et un sujet à part entière — cette section en donne l'essentiel, le guide olivier en pot l'approfondit.

Choisissez un grand contenant (type bac à orangerie), nettement plus large que la motte et percé, car l'olivier développe un système racinaire important. Le substrat doit être très drainant : un mélange de terreau, de terre de jardin et de sable ou pouzzolane, avec une couche de billes d'argile au fond. L'excès d'eau en pot est la première cause de dépérissement de l'olivier.

Placez le bac en plein soleil, contre un mur chaud si possible. Arrosez plus régulièrement qu'en pleine terre — le volume de terre sèche vite — mais toujours en laissant le substrat sécher en surface entre deux apports, et jamais de soucoupe pleine d'eau. En été, en pleine chaleur, cela peut signifier un arrosage tous les 2-3 jours pour un pot exposé ; hors saison, beaucoup moins. Fiez-vous au substrat, pas au calendrier : enfoncez un doigt, s'il est sec sur quelques centimètres, arrosez. Rempotez tous les 3-4 ans dans un contenant à peine plus grand, ou surfacez (renouvellement des premiers centimètres de terreau) les années intermédiaires ; un rempotage se fait au printemps, à la reprise. Les signes qu'un rempotage s'impose : racines qui sortent par les trous de drainage, eau qui traverse trop vite sans imbiber, croissance qui stagne. Le point crucial de la culture en pot, hors Méditerranée, reste l'hivernage, traité juste après.

Hiverner l'olivier et le protéger du froid

L'hivernage est le geste que la plupart des jardiniers du Nord manquent, et il diffère radicalement selon que l'arbre est en pleine terre ou en pot.

En pleine terre, pour un jeune olivier ou en limite de rusticité : protégez la ramure avec un voile d'hivernage (double épaisseur par grand froid), paillez le pied épais pour protéger les racines, et évitez tout excès d'eau hivernal. Un olivier sec supporte bien mieux le gel qu'un olivier détrempé. Retirez les protections dès le radoucissement pour ne pas faire suer l'arbre.

En pot, deux stratégies selon la région :

  • Climat doux : le bac peut rester dehors, contre un mur abrité, avec voile d'hivernage sur la ramure et protection du contenant (le froid attaque les racines par les parois du pot — emballez-le d'un voile ou de plaques isolantes).
  • Climat froid (hivers sous -10 °C) : rentrez le bac dans un local froid, lumineux et hors gel (véranda non chauffée, serre froide, garage clair) — surtout pas dans une pièce chauffée. L'olivier a besoin d'un repos hivernal frais ; rentré au chaud, il s'épuise, file et ne fructifiera pas.

Arrosage hivernal : réduisez fortement. Un olivier au repos, au frais, ne consomme presque rien ; l'excès d'eau en hiver est plus dangereux que le froid lui-même. Un léger apport pour que la motte ne se dessèche pas totalement suffit.

Peut-on garder un olivier en intérieur toute l'année ? Non, et c'est une erreur fréquente. L'olivier n'est pas une plante d'intérieur : dans une pièce chauffée, il manque de lumière, souffre de l'air sec, s'étiole, et surtout il ne reçoit pas le froid hivernal dont il a besoin pour fleurir. Un olivier maintenu au chaud toute l'année survit parfois quelques saisons mais dépérit lentement et ne fructifie pas. Sa place est dehors la belle saison, et dans un local froid et lumineux (non chauffé) l'hiver en climat rude. Considérez-le comme un arbre d'extérieur à protéger ponctuellement, jamais comme une plante verte de salon.

Arroser et fertiliser

Arrosage : les deux premières années après plantation, arrosez régulièrement pour assurer l'enracinement, sans jamais détremper. Une fois bien installé, l'olivier devient très résistant à la sécheresse : en pleine terre, un à deux arrosages par mois en été suffisent, voire aucun en sol profond. En pot, plus fréquent mais toujours mesuré. La règle constante : laisser sécher entre deux arrosages, l'olivier redoute l'eau stagnante à toute saison.

Fertilisation : sobre. Un apport de compost bien décomposé au pied au printemps et en automne couvre les besoins en pleine terre. En pot, un engrais spécifique agrumes/méditerranéennes au printemps-été soutient l'arbre, dont le substrat s'épuise. Évitez l'excès d'azote, qui pousse le feuillage au détriment de la fructification et rend l'arbre plus sensible au froid.

Reconnaître un problème d'arrosage : les deux excès se ressemblent en surface (feuillage terne, chute de feuilles), d'où les confusions. Un olivier trop arrosé présente des feuilles qui jaunissent, un substrat constamment humide et, en pot, une terre qui ne sèche jamais — c'est le cas le plus fréquent et le plus dangereux. Un olivier en manque d'eau montre des feuilles qui s'enroulent, se dessèchent en bordure et tombent, sur un substrat totalement sec. Dans le doute, laissez sécher : l'olivier pardonne bien mieux un oubli d'arrosage qu'un excès.

Tailler l'olivier : l'essentiel

Taille de l’olivier pour favoriser la fructification
Taille de l’olivier pour favoriser la fructification

L'olivier se taille de préférence à la sortie de l'hiver (fin d'hiver-début de printemps), hors période de gel, avant la reprise. La taille de formation, les premières années, construit une charpente aérée « en gobelet », qui laisse pénétrer lumière et air au cœur de l'arbre. La taille d'entretien, ensuite, éclaircit, supprime le bois mort, les gourmands et les rejets du pied, et aère la ramure.

Point technique décisif pour la fructification : les olives se forment sur le bois de l'année précédente. Une taille trop sévère, qui supprime ce jeune bois, compromet la récolte de l'année. C'est l'une des raisons fréquentes d'un olivier qui ne produit pas.

Floraison, pollinisation et fructification : pourquoi n'a-t-il pas d'olives ?

Un olivier qui ne fructifie pas est une déception classique, et les causes sont généralement identifiables.

  • L'arbre est trop jeune : la fructification démarre en général vers la cinquième année. Avant, c'est normal.
  • Il manque de froid hivernal : c'est le point contre-intuitif. L'olivier a besoin d'un coup de froid hivernal (vernalisation) pour induire sa floraison. Un olivier hiverné dans une pièce chauffée, ou soumis à des hivers trop doux, fleurit peu ou pas — d'où l'importance d'un hivernage au frais, pas au chaud.
  • La taille a supprimé le bois porteur : une taille trop sévère retire le bois de l'année précédente sur lequel naissent les olives.
  • La pollinisation est insuffisante : même partiellement autofertile, l'olivier fructifie mieux avec une seconde variété à proximité.
  • L'alternance : l'olivier tend naturellement à alterner une année de forte production et une année creuse.
  • L'excès d'azote : trop nourri, il fait des feuilles, pas des fruits.

Multiplier l'olivier

Deux voies, dont l'une fait l'objet d'un guide dédié : le bouturage de l'olivier, méthode la plus fiable pour reproduire une variété à l'identique. On prélève des boutures semi-aoûtées en été, à installer sous châssis chaud avec une hormone de bouturage — la reprise est lente et demande de la patience.

Le semis de noyaux est possible mais long et aléatoire, et ne reproduit pas fidèlement la variété mère : il donne souvent des sujets proches de l'oléastre sauvage, à greffer ensuite. Le greffage permet justement de multiplier une variété fruitière sur un porte-greffe robuste. Pour la plupart des jardiniers, l'achat d'un plant greffé ou le bouturage restent les voies les plus sûres.

Maladies et ravageurs

L'olivier est un arbre robuste ; ses ennemis sont rarement mortels et gênent surtout la production. Le guide maladies de l'olivier détaille les traitements ; voici les principaux.

Problème Symptôme Solution
Mouche de l'olivier Larves dans les fruits, olives impropres Pièges à phéromones, pulvérisations d'argile (kaolinite)
Cochenille noire Amas noirs sur rameaux, affaiblissement Huile blanche, favoriser les auxiliaires, aérer par la taille
Fumagine Feutrage noir suie sur feuilles Traiter la cochenille (cause), l'olivier s'en remet
Œil de paon Taches rondes concentriques sur feuilles, chute Aérer la ramure, bouillie bordelaise, éviter l'humidité stagnante
Thrips Feuilles et fruits déformés Généralement bénin, pas de traitement nécessaire
Verticilliose Rameaux qui se dessèchent brutalement Grave, pas de remède : drainage, éviter les sols contaminés

La meilleure défense reste préventive et tient à la conduite de l'arbre : une ramure aérée par la taille laisse circuler l'air et sécher le feuillage, ce qui limite champignons et cochenilles ; un sol drainé écarte les pourritures racinaires et la verticilliose ; et une fertilisation sobre évite les poussées de feuillage tendre qui attirent les ravageurs. Surveillez l'arbre au fil des saisons : la plupart des problèmes se règlent tôt, par un geste simple, alors qu'ils s'installent si on les laisse filer. Rappelez-vous enfin que, sur un olivier qui dépérit, la cause la plus fréquente n'est ni un insecte ni un champignon, mais un excès d'eau ou un coup de froid — à écarter en premier avant de chercher une maladie.

Diagnostic : feuilles qui tombent, jaunissent, arbre gelé

Ces symptômes amènent beaucoup de jardiniers à s'inquiéter à tort — ou à passer à côté de la vraie cause. Le fil conducteur est presque toujours l'eau ou le froid, rarement une maladie.

Mon olivier perd ses feuilles. Une chute légère et progressive est normale : le feuillage se renouvelle sur 2-3 ans, une défoliation modérée au printemps accompagne l'apparition des nouvelles feuilles. Une chute massive et brutale, en revanche, signale un stress : excès d'eau (cause n°1, surtout en pot — racines asphyxiées), choc de transplantation, coup de froid, ou à l'inverse sécheresse extrême prolongée. Vérifiez d'abord le drainage et l'arrosage.

Les feuilles jaunissent. Le plus souvent, excès d'eau et mauvais drainage (racines qui étouffent, chlorose). Plus rarement, une carence en sol pauvre ou un stress de froid. En pot, suspectez immédiatement l'arrosage et l'absence de drainage.

Mon olivier a gelé (feuilles brunes et sèches). Ne taillez pas dans la précipitation : attendez le redémarrage au printemps pour juger du bois réellement mort. Grattez légèrement l'écorce d'un rameau : s'il est vert dessous, il est vivant ; s'il est brun et sec, il est mort. Rabattez alors seulement le bois mort une fois la reprise visible. Un olivier gelé en apparence repart souvent de la souche ou du tronc, même quand toute la ramure semble perdue — d'où l'importance de patienter jusqu'à la fin du printemps avant de condamner l'arbre.

Mon olivier sèche ou dépérit sans gel. En dehors du froid, les deux coupables habituels sont l'excès d'eau (racines asphyxiées, surtout en pot mal drainé) et, plus rarement, la verticilliose (dessèchement brutal de rameaux, sans remède). Vérifiez d'abord le drainage et l'arrosage avant toute autre hypothèse.

Il ne fait pas d'olives. Voir la section fructification ci-dessus : jeunesse de l'arbre, manque de froid hivernal, taille trop sévère, pollinisation, alternance ou excès d'azote.

Récolter les olives

Récolte des olives sur l’olivier
Récolte des olives sur l’olivier

L'olivier commence à produire vers sa cinquième année. La récolte s'étale de l'automne à l'hiver, selon le stade et l'usage recherché — sachant que le fruit évolue en couleur en mûrissant :

  • Olives vertes : récoltées tôt, en automne (septembre-octobre), fermes.
  • Olives tournantes : stade intermédiaire, violacées.
  • Olives noires : récoltées à pleine maturité, plus tard en hiver, quand le froid les a fait noircir.

La cueillette se fait à la main pour préserver l'arbre et les fruits, ou par gaulage (on secoue les branches au-dessus d'un filet étendu au sol) pour les plus grandes récoltes. On récolte par temps sec. Le rendement dépend fortement de la variété, de l'âge et de l'alternance : quelques kilos sur un jeune sujet, bien davantage sur un arbre adulte les bonnes années.

Les olives fraîchement cueillies ne se consomment pas en l'état : elles nécessitent une préparation pour lever leur amertume avant d'être comestibles. Cette étape relève de la transformation culinaire et sort du cadre de cette fiche de culture, centrée sur la conduite de l'arbre.

Calendrier de l'olivier

Repères mois par mois pour la conduite de l'arbre en pleine terre sous climat tempéré ; à décaler selon la région et à adapter pour les sujets en pot (hivernage plus précoce au nord).

Période Opération
Décembre-janvier Repos végétatif ; protection hivernale en place (voile, paillage, bac remisé au frais) ; arrosage très réduit
Fin février-mars Taille de fin d'hiver hors gel ; retrait progressif des protections au radoucissement
Mars-avril Reprise de la végétation ; apport de compost au pied ; rempotage éventuel des sujets en pot
Avril-juin Plantation (période idéale, après gelées) ; reprise des arrosages mesurés
Mai-juillet Floraison puis pollinisation et nouaison ; surveillance mouche et cochenille
Été Arrosages espacés (1-2/mois en pleine terre) ; bouturage semi-aoûté ; pièges à mouche de l'olivier
Septembre-octobre Récolte des olives vertes ; second apport de compost à l'automne
Octobre-novembre Plantation possible en climat doux ; mise en place des protections hivernales
Automne-hiver Récolte des olives tournantes puis noires selon maturité

FAQ

L'olivier résiste à quelle température ?

Établi et en sol drainé, environ -10 à -12 °C, parfois jusqu'à -15 °C pour un vieux sujet en terrain sec. Les jeunes oliviers sont bien plus sensibles, et l'humidité aggrave fortement les dégâts du gel.

Peut-on cultiver un olivier au nord de la Loire ?

Oui, principalement en grand bac, sorti l'été et remisé l'hiver dans un local froid, lumineux et hors gel. En pleine terre, ce n'est envisageable qu'avec un drainage parfait et une protection hivernale, avec une fructification aléatoire.

Quand et comment hiverner un olivier en pot ?

En climat froid, rentrez le bac avant les fortes gelées dans un local froid, lumineux et hors gel — jamais dans une pièce chauffée. Réduisez fortement l'arrosage. En climat doux, laissez-le dehors abrité, avec voile d'hivernage sur la ramure et protection du pot.

Pourquoi mon olivier perd-il ses feuilles ?

Une chute légère est normale (renouvellement du feuillage). Une chute massive signale un stress, le plus souvent un excès d'eau et un mauvais drainage, surtout en pot. Vérifiez l'arrosage avant tout.

Pourquoi les feuilles de mon olivier jaunissent ?

Principalement un excès d'eau et un drainage insuffisant qui asphyxient les racines. Plus rarement une carence ou un stress de froid. En pot, suspectez l'arrosage.

Mon olivier a gelé, que faire ?

Ne taillez pas tout de suite. Attendez le printemps et le redémarrage. Grattez l'écorce : vert dessous = vivant, brun = mort. Rabattez le bois mort seulement une fois la reprise visible ; l'arbre repart souvent du tronc.

Pourquoi mon olivier ne fait-il pas d'olives ?

Arbre trop jeune (avant 5 ans), manque de froid hivernal pour induire la floraison, taille trop sévère qui a retiré le bois porteur, pollinisation insuffisante, alternance naturelle, ou excès d'azote.

Faut-il beaucoup arroser un olivier ?

Non, sauf les deux premières années pour l'enracinement. Ensuite il résiste très bien à la sécheresse : un à deux arrosages mensuels l'été en pleine terre, davantage en pot mais toujours en laissant sécher entre deux. L'excès d'eau est son principal ennemi.

Quand planter un olivier ?

De préférence au printemps (avril-juin), après les gelées, pour un bon enracinement avant l'hiver. En climat doux, la plantation d'automne est possible.

L'olivier pousse-t-il vite ?

Non, sa croissance est lente, mais sa longévité est exceptionnelle. C'est un arbre de patience, à ne pas juger sur ses premières saisons.

Quel olivier choisir pour une culture en pot ou au nord ?

Une variété rustique et/ou autofertile comme 'Aglandau' ou 'Arbequina', cette dernière fructifiant jeune et s'adaptant bien au pot.

Peut-on garder un olivier en intérieur ?

Non, ce n'est pas une plante d'intérieur. Dans une pièce chauffée, il manque de lumière et de froid hivernal, s'étiole et ne fructifie pas. Il vit dehors la belle saison et hiverne, si besoin, dans un local froid et lumineux non chauffé.

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Tom le Jardinier

Jardinier passionné depuis l'enfance, j'ai grandi avec mon grand-père qui m'a transmis l'amour de la terre et du potager. Aujourd'hui installé dans le Jura suisse, je cultive un potager naturel à plus de 900 mètres d'altitude et je partage mes expériences avec plus de 30 000 passionnés.