Tom le Jardinier
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Légumes feuilles Amaryllidacées (sous-famille des Allioidées, anciennement Alliacées)

Poireau

Allium ampeloprasum var. porrum

Le poireau se joue en deux temps : un semis lent au chaud, puis un repiquage qui décide de tout. C'est là, dans l'habillage des plants, la profondeur de plantation et le buttage, que se fabrique le fût blanc. Voici la méthode complète, du choix de la variété selon la saison visée jusqu'à la récolte en plein hiver, en pleine terre comme en pot, sans se laisser dévorer par la teigne.

Expositionensoleillée
Arrosageréguliers, surtout après le repiquage et en été
Rusticitétrès rustique, résiste au gel et hiverne en pleine terre
SemisFév–Aoû
RécolteJan–Déc
Poireau

Le poireau est un légume-tige de la famille des Amaryllidacées, cultivé pour son fût blanc et ses feuilles vertes disposées en éventail. C'est une plante bisannuelle, très rustique, que l'on récolte la première année et qui peut rester en terre tout l'hiver sans protection. Sa culture est longue — comptez six à sept mois entre le semis et la récolte — mais elle ne demande ni serre chauffée ni matériel particulier.

Le poireau se cultive en deux temps, et c'est ce qui déroute les débutants : on sème d'abord serré en pépinière, puis on repique les jeunes plants ailleurs, deux à trois mois plus tard. C'est ce repiquage qui fait tout le travail, car la longueur du fût blanc dépend directement de la profondeur à laquelle vous enterrez le plant, puis du buttage pratiqué pendant la saison.

Cette fiche couvre l'ensemble du cycle : choisir sa variété selon la saison de récolte visée (été, automne, hiver ou « baguette » de printemps), réussir le semis en pépinière ou sous abri, maîtriser le repiquage avec l'habillage et le pralinage des plants, mener l'entretien (arrosage, paillage, buttage), cultiver en pot ou en jardinière quand on n'a pas de potager, identifier et contrer les deux ravageurs qui gâchent le plus de récoltes — la teigne et la mouche mineuse —, diagnostiquer des poireaux qui ne grossissent pas, puis récolter et conserver. Un point technique souvent négligé y est développé : comment reconnaître la teigne de la mineuse, car les gestes de protection ne sont pas les mêmes.

Reconnaître le poireau et comprendre son cycle

Poireau en croissance au potager
Poireau en croissance au potager

Le poireau forme une tige apparente, le fût, constituée en réalité de gaines de feuilles emboîtées les unes dans les autres. Contrairement à l'oignon, il ne forme pas de bulbe : la base reste cylindrique, à peine renflée. Les feuilles, longues, plates et pliées en gouttière, s'ouvrent en éventail dans un seul plan, avec une teinte allant du vert clair au bleu-vert selon les variétés (le feuillage bleuté du 'Bleu de Solaize' est d'ailleurs son signe distinctif). Les racines sont blanches, fasciculées et superficielles.

Le fût n'est blanc que sur la partie privée de lumière. C'est le point à retenir, car toute la conduite de la culture en découle : plus vous plantez profond et plus vous buttez, plus le blanc est long. Un poireau posé en surface donnera un fût court et vert.

Le poireau est bisannuel. La première année, il constitue son fût et ses réserves : c'est le stade auquel on le récolte. La seconde année, après avoir subi le froid de l'hiver, il émet une hampe florale rigide surmontée d'une grosse ombelle sphérique de fleurs blanches à rosées, très visitée par les abeilles. Dès que cette hampe monte, le cœur du fût devient dur et ligneux : le poireau n'est plus consommable, mais il produira des graines. Cette montée en graines peut aussi survenir prématurément dès la première année si le plant subit un coup de froid marqué après le repiquage.

Trois espèces d'Allium portent le nom de poireau : le poireau cultivé (Allium ampeloprasum var. porrum), objet de cette fiche ; le poireau perpétuel (Allium ampeloprasum), vivace, dont on récolte les feuilles d'année en année ; et le poireau des vignes (Allium polyanthum), une forme sauvage.

Choisir sa variété selon la saison de récolte

C'est la première décision à prendre, et elle conditionne tout le calendrier. Les variétés se répartissent en quatre groupes selon leur précocité et leur rusticité. Près de 190 variétés sont inscrites au Catalogue européen, mais une poignée suffit à couvrir l'année.

La logique est simple : plus une variété est tardive, plus elle est rustique et plus son fût est épais. Les poireaux d'été poussent vite mais ne tiennent pas le gel ; les poireaux d'hiver sont lents, trapus et supportent des températures très basses en restant en terre.

Groupe Semis Repiquage Récolte Rusticité
Poireaux d'été (précoces) Février-mars, sous abri Avril-juin Juillet-octobre Faible
Poireaux d'automne Mars-avril Mai-juin Octobre-décembre Bonne
Poireaux d'hiver Avril-mai Juin-juillet Janvier-avril Excellente
Poireaux « baguette » (primeurs) Mi-août Octobre Mai-juin Bonne

Le groupe « baguette » est le moins connu et mérite le détour : semé à la fin de l'été et planté à l'automne, il passe l'hiver au ralenti et fournit des poireaux fins et tendres en mai-juin, à une période où le potager en produit peu.

Variété Groupe Caractéristiques
Jaune du Poitou Été / baguette Précoce, fût tendre, saveur douce
Gros long d'été Été Croissance rapide, sensible au froid
Electra Été Très productif, fût long et blanc
Monstrueux d'Elbeuf Automne Très gros calibre, chair tendre
Monstrueux de Carentan Automne-hiver Variété ancienne, fût très épais, très bonne rusticité
Bleu de Solaize Hiver Feuillage bleuté, l'une des plus rustiques
Long de Mézières Hiver Très résistant, fiable en hiver
Très long d'hiver de Paris Hiver Référence hivernale, fût long et blanc
Armor, Saint-Victor, Bleu de Liège Hiver Adaptés aux climats froids

Attention à une confusion fréquente : le 'Monstrueux de Carentan' est souvent présenté comme un poireau d'été alors que c'est une variété d'automne-hiver, à semer de février à mai pour une récolte d'août jusqu'au cœur de l'hiver. Le semer en visant une récolte de juillet mène à la déception.

En échelonnant les semis et en combinant deux ou trois groupes, on récolte du poireau pratiquement toute l'année.

Calendrier de culture

Mois Interventions
Janvier-février Semis des poireaux d'été sous châssis ou couche tiède ; récolte des poireaux d'hiver
Mars-avril Semis en pépinière de pleine terre (automne, puis hiver) ; récolte des derniers poireaux d'hiver
Avril-juin Repiquage des poireaux d'été et d'automne
Juin-juillet Repiquage des poireaux d'hiver ; buttage et paillage
Juillet-septembre Récolte des poireaux d'été ; buttages successifs ; vigilance ravageurs
Mi-août Semis des poireaux « baguette »
Octobre-décembre Récolte des poireaux d'automne ; plantation des baguettes
Novembre-avril Récolte des poireaux d'hiver au fur et à mesure des besoins

Climat, sol et exposition

Le poireau s'accommode de tous les climats français et n'est pas exigeant sur la température : c'est un légume de saison fraîche, qui pousse bien à l'automne et supporte le gel. Installez-le en exposition ensoleillée, ce qui reste le meilleur gage de fûts vigoureux.

Le sol compte davantage. Le poireau réclame une terre profonde, meuble, fraîche et riche en matière organique, de pH neutre et bien drainée. Deux points méritent attention. D'abord, un sol profond et ameubli est indispensable : c'est ce qui permet de repiquer à 10-15 cm sans forcer et d'obtenir un fût long. En terre lourde et compacte, les fûts restent courts et se déforment. Ensuite, évitez la fumure fraîche : le poireau apprécie la matière organique, mais bien décomposée. Un compost mûr incorporé lors de la préparation du terrain suffit, tandis qu'un fumier frais favorise les pourritures et attire les ravageurs.

Travaillez la terre en amont, à la bêche ou à la grelinette, sur 20 à 30 cm, en retirant cailloux et racines d'adventices.

Semer le poireau

Semis de poireau en barquette
Semis de poireau en barquette

Le semis se fait en pépinière, c'est-à-dire sur une petite surface dédiée où les plants poussent serrés avant d'être transplantés. On sème donc dense, sans chercher à respecter les espacements définitifs.

Conditions de germination : la levée demande une température de 10 à 23 °C et prend 8 à 20 jours, soit une à trois semaines. En pleine terre, ne semez pas tant que le sol n'a pas atteint environ 12 °C. Les graines de poireau sont petites (2 à 4 g pour un millier de graines) et ne se conservent que deux à trois ans, contrairement à beaucoup d'autres légumes : utilisez des semences fraîches.

Semis sous abri (janvier à mars)

C'est la méthode pour les poireaux d'été, et elle a un avantage sanitaire décisif : elle permet de repiquer plus tard et donc d'échapper au premier vol de la mouche mineuse.

  • Remplissez une terrine, une jardinière ou une caissette d'un terreau à semis fin et bien humidifié.
  • Tracez des sillons de 1 cm de profondeur, espacés de 5 cm.
  • Semez dru, à raison d'environ une graine par centimètre (ou 2 g de semence pour 2,5 m de sillon).
  • Recouvrez de 0,5 à 1 cm de terreau, tassez légèrement pour que les graines soient bien en contact avec le substrat, puis arrosez en pluie fine.
  • Installez sous châssis face au sud, en couche tiède ou en serre, à 15-20 °C, et maintenez humide jusqu'à la levée.

Semis en pépinière de pleine terre (mars à mai)

La méthode traditionnelle, idéale pour produire beaucoup de plants à moindre coût.

  • Choisissez un coin de potager propre et préparez une terre très fine : ameublissez, retirez cailloux et mottes, puis passez le râteau. Un mélange de terre de jardin, de terreau et de compost mûr donne d'excellents résultats.
  • Humidifiez le substrat et tassez.
  • Tracez des sillons de 1 cm de profondeur, espacés de 5 cm, et semez une graine tous les centimètres. Le semis à la volée est possible si le sol est indemne de graines d'adventices.
  • Recouvrez d'une fine couche de terreau, tassez et arrosez copieusement.
  • Maintenez la pépinière rigoureusement désherbée. C'est le point critique : le poireau est très lent au démarrage et se laisse étouffer par les adventices plus qu'aucun autre légume.
  • Éclaircissez si les plants se gênent, en retirant les plus chétifs.

Les plants sont bons à repiquer environ deux mois plus tard, quand ils atteignent 15 à 20 cm de hauteur et la grosseur d'un crayon.

Repiquer les poireaux

C'est l'étape décisive, celle qui distingue une belle récolte d'une rangée de poireaux maigres. Trois gestes s'enchaînent : arracher et trier, habiller, puis planter profond.

Quand repiquer

Le repère n'est pas une date mais un calibre : repiquez quand les plants ont le diamètre d'un crayon et 15 à 20 cm de haut, soit environ deux mois après le semis. Selon le groupe :

  • Poireaux d'été : de la mi-avril à juin, pour une récolte dès juillet.
  • Poireaux d'automne : en mai-juin.
  • Poireaux d'hiver : de la mi-juin à la mi-juillet, pour des récoltes de novembre à avril.
  • Poireaux baguette : en octobre.

Arrachez les jeunes plants à la fourche-bêche, avec douceur pour ne pas casser les racines, puis triez : ne gardez que les plus robustes, les plants chétifs ne rattraperont jamais leur retard.

Si vous ne pouvez pas repiquer tout de suite (météo défavorable, plants achetés), mettez-les en jauge dans du sable humide : ils patienteront sans souffrir.

Habiller les plants

Habillage des plants de poireau avant plantation
Habillage des plants de poireau avant plantation

L'habillage consiste à raccourcir racines et feuillage avant la mise en terre. Le principe : réduire la surface d'évaporation pour que le plant consacre son énergie à s'enraciner plutôt qu'à maintenir un feuillage trop grand.

  • Racines : recoupez-les à environ 1 cm de la base, soit la moitié de leur longueur. Cette taille stimule l'émission de radicelles neuves.
  • Feuillage : coupez le tiers supérieur des feuilles, soit une vingtaine de centimètres, et supprimez au passage les feuilles extérieures desséchées.

Un geste préalable mérite d'être ajouté, souvent oublié : laissez faner les plants 48 heures à mi-ombre après les avoir arrachés et habillés. Cela les endurcit, et l'odeur fraîche du poireau — celle qui attire la teigne — s'atténue, ce qui limite les pontes juste après plantation.

Faut-il vraiment habiller ? La question se discute. Des jardiniers et des maraîchers ont comparé des rangs habillés et non habillés sans constater de différence quelques mois plus tard, ni sur le développement ni sur les attaques de ravageurs. L'habillage reste franchement utile en climat chaud et sec, où les jeunes plants se déshydratent vite, et pour la plantation mécanisée. Sous climat tempéré, c'est une facilité de manipulation plus qu'une obligation.

Praliner

Le pralinage consiste à tremper les racines dans une boue avant plantation. Préparez un mélange semi-liquide de terre de jardin, d'eau et éventuellement d'un peu de compost bien décomposé — une variante consiste à utiliser de l'argile délayée, qui retient beaucoup d'eau. Plongez-y les racines des plants habillés.

Ce n'est pas indispensable, mais l'emplâtre humide qui enrobe les racines améliore nettement la reprise, surtout si le sol est sec ou si la plantation se fait par temps chaud.

Planter profond : les trois méthodes

Plantation profonde des poireaux au potager
Plantation profonde des poireaux au potager

Retenez la règle : repiquez à 10-15 cm de profondeur, même si une partie du vert disparaît sous terre. C'est ce qui fabrique le blanc. Espacez les plants de 10 à 15 cm sur la ligne et les rangs de 30 à 40 cm, soit une densité de 20 à 30 plants par m². Veillez à ne pas retrousser les racines vers le haut en enfonçant le plant.

Méthode 1 : au plantoir. Faites un trou tous les 10 cm avec un plantoir, glissez-y le poireau sans reboucher : le trou se refermera de lui-même au premier arrosage ou à la première pluie. C'est la méthode la plus simple et la plus rapide. Elle fonctionne mal en terre très argileuse et humide (attendez qu'elle ressuie) ou très caillouteuse. En terre légère et sèche, humidifiez avant pour que les trous ne s'effondrent pas.

Méthode 2 : en tranchée. Creusez un sillon de 15 à 20 cm à la binette, placez les plants au fond, puis laissez le sillon ouvert une dizaine de jours. En le refermant progressivement, vous réalisez le premier buttage tout en déracinant les jeunes adventices. C'est la méthode qui donne les plus longs fûts blancs.

Méthode 3 : au jet d'eau. Si votre terre est meuble et que vous avez de la pression, réglez le pistolet d'arrosage sur jet concentré, posez le poireau à l'emplacement voulu et enfoncez-le d'un coup de jet à la racine. Rapide, et l'arrosage de reprise est fait dans le même geste.

Dans tous les cas sauf la méthode 3, tassez légèrement autour de chaque pied et arrosez très généreusement. Maintenez ensuite le sol humide jusqu'à la reprise : c'est la période où le poireau est le plus vulnérable.

Cultiver le poireau en pot ou en jardinière

Le poireau se cultive très bien en contenant, sur un balcon ou une terrasse, à condition de comprendre une contrainte : on ne peut pas butter comme en pleine terre. Il faut donc obtenir le blanc autrement.

Le contenant. Visez au minimum 30 cm de profondeur, et idéalement 40 cm : c'est la profondeur qui détermine la longueur du fût blanc. Un bac, une jardinière haute ou un sac de culture conviennent parfaitement, à condition qu'ils soient percés de trous de drainage. Plus le volume est important, plus les poireaux seront réguliers.

Le substrat. Un mélange riche et drainant : deux tiers de terreau potager de qualité pour un tiers de compost bien mûr. Le poireau étant gourmand, un substrat pauvre donne des fûts fins.

La technique du remplissage progressif. C'est l'astuce qui remplace le buttage, et elle change tout. Au lieu de remplir le pot à ras bord, ne le remplissez qu'à moitié au moment de la plantation. Puis, au fur et à mesure que les poireaux grandissent, ajoutez du substrat par couches de 3 à 5 cm toutes les deux à trois semaines, jusqu'à atteindre le haut du contenant. Vous enterrez ainsi progressivement le fût, exactement comme un buttage, et vous obtenez du blanc sur une grande longueur. C'est le même principe que la culture de la pomme de terre en sac. Une alternative consiste à glisser un manchon de carton ou un tube opaque autour de chaque fût pour le priver de lumière.

Plantation et entretien. Repiquez les plants habillés tous les 10 cm, en respectant la même profondeur qu'en pleine terre. Dans une jardinière de 60 cm, comptez cinq à six plants ; dans un bac de 40 × 60 cm, une quinzaine. Placez le contenant en plein soleil.

L'arrosage est le point de vigilance : un substrat en pot sèche beaucoup plus vite qu'une pleine terre, et le poireau réclame de la fraîcheur constante. Surveillez tous les jours en été et arrosez dès que la surface sèche, sans jamais détremper — l'excès d'eau provoque la pourriture du collet. Un paillage en surface (tonte sèche, paille fine) limite l'évaporation. Apportez un engrais organique liquide toutes les trois à quatre semaines, le volume de substrat s'épuisant vite.

Quelles variétés ? Privilégiez les variétés d'été et d'automne, plus rapides et moins volumineuses, ainsi que les poireaux « baguette » récoltés jeunes. Les grosses variétés d'hiver à fût épais donnent des résultats médiocres en contenant, faute de profondeur. En hiver, un pot gèle de part en part alors qu'une pleine terre protège les racines : placez le contenant contre un mur abrité, ou récoltez avant les grands froids.

Entretenir les poireaux

Entretien des poireaux au potager
Entretien des poireaux au potager

Désherber, la priorité oubliée

Le poireau est lent à démarrer et particulièrement sensible à l'enherbement : son feuillage étroit et dressé ne couvre pas le sol, il ne fait donc pas d'ombre à la concurrence. Binez et sarclez régulièrement, surtout entre le semis et le repiquage puis dans les semaines qui suivent la plantation. Un désherbage négligé est la première cause de poireaux qui restent fins.

Arroser

Le poireau demande une humidité régulière sans excès. Les besoins sont maximaux dans les semaines qui suivent le repiquage, puis pendant les périodes chaudes et sèches de l'été. Le reste du temps, en saison fraîche, la pluviométrie suffit souvent.

  • Fréquence : environ une à deux fois par semaine en été selon la météo, en arrosages abondants plutôt que fréquents et superficiels — l'objectif est que l'eau descende en profondeur.
  • Quand : le matin ou en fin de journée.
  • Comment : au pied, en pluie fine, sans détremper le feuillage.

Un manque d'eau donne des fûts fins et fibreux ; un excès favorise la pourriture du collet et des racines. Fait intéressant, garder le fût toujours humide gêne la ponte de la mouche mineuse : l'arrosage régulier a donc aussi un effet sanitaire.

Pailler

Installez un paillage dès la fin du printemps, en couche de 5 à 10 cm, en veillant à ne pas recouvrir le collet. Il conserve la fraîcheur, limite les adventices, protège du chaud comme du froid et — avantage sous-estimé — empêche le sol de geler en profondeur, ce qui rend la récolte hivernale beaucoup plus facile.

Un raffinement utile : privilégiez les tontes de gazon séchées pour les poireaux d'été, qui apportent un peu d'azote au moment où la plante en a besoin, et la paille pour les poireaux d'hiver, mieux adaptée à la protection contre le froid.

Butter

Le buttage consiste à ramener de la terre autour du pied pour priver le fût de lumière et le faire blanchir. C'est le geste signature de la culture du poireau.

  • Quand commencer : environ trois semaines après le repiquage, quand les plants ont bien repris et atteignent 20-25 cm.
  • Comment : à la binette ou à la houe, ramenez délicatement la terre au pied sur 5 à 10 cm de haut, sans jamais enterrer le cœur ni la naissance des feuilles.
  • À quelle fréquence : procédez petit à petit, sur plusieurs semaines, en renouvelant l'opération toutes les trois à quatre semaines. Deux à trois buttages dans la saison sont un bon rythme. Un buttage progressif vaut mieux qu'un gros buttage tardif, qui risque de faire pourrir le fût.

Le buttage a trois bénéfices annexes : il protège les racines de la chaleur estivale, il déracine les adventices, et il remplace le binage.

Fertiliser

Un sol enrichi de compost mûr avant plantation couvre l'essentiel des besoins. En cours de culture, un apport modéré d'engrais organique équilibré ou riche en potasse soutient la formation du fût.

Évitez les excès d'azote, et notamment le purin d'ortie sur les poireaux. L'azote en excès produit des tissus tendres et gorgés d'eau, plus attractifs et plus vulnérables pour les ravageurs, et un feuillage exubérant au détriment du fût. Si vous voulez soutenir la culture, le purin de consoude, plus riche en potasse et en phosphore, est mieux adapté.

Maladies et ravageurs du poireau

Rouille sur les feuilles de poireau
Rouille sur les feuilles de poireau

Deux ravageurs concentrent l'essentiel des dégâts : la teigne et la mouche mineuse. Ils provoquent des symptômes voisins mais relèvent d'insectes très différents, et les confondre fait perdre du temps.

Diagnostic : teigne, mineuse ou mouche de l'oignon ?

Indice Teigne du poireau Mouche mineuse Mouche de l'oignon
Coupable Chenille d'un papillon nocturne (Acrolepiopsis assectella) Asticot d'une mouche (Phytomyza gymnostoma) Asticot d'une mouche
Larve Chenille avec des pattes Asticot blanc-jaunâtre, jusqu'à 6 mm Asticot
Dégâts sur feuilles Feuilles percées, grignotées en « dentelle », feuilles centrales enroulées Galeries linéaires claires (mines), piqûres alignées en points blancs Peu de dégâts foliaires
Localisation Le cœur : déjections sombres et petits débris végétaux au centre Descend du haut de la feuille vers le bas du fût, pupes brun-rouge dans le fût Le collet et la base, flétrissement et jaunissement
Signe distinctif Pourriture possible au centre Les galeries ne pourrissent pas ; feuilles qui éclatent Base molle

Un repère simple donné par les spécialistes : sur une attaque de mineuse, le haut des feuilles vertes n'est jamais atteint et les galeries restent propres, tandis que la teigne s'attaque d'abord aux feuilles puis se réfugie au cœur.

La teigne du poireau

Le « ver du poireau » n'est pas un ver mais la chenille d'un petit papillon nocturne. L'adulte ne mange pas les poireaux : il vient y pondre, environ une centaine d'œufs sur quinze jours. Les œufs éclosent une semaine plus tard, les jeunes chenilles minent d'abord la feuille pendant quelques jours, puis gagnent le cœur de la plante, où elles sont hors d'atteinte de tout traitement.

On compte généralement trois vagues de ponte : avril-mai, juin-juillet, puis fin août à fin septembre — cette dernière étant souvent la plus destructrice.

La mouche mineuse du poireau

C'est une petite mouche grise à tête jaune, de 3 mm, apparue en France en 2003 et désormais présente partout. Elle attaque toutes les Alliacées (poireau, oignon, ail, échalote, ciboulette). La femelle se nourrit d'abord des feuilles, laissant des piqûres blanches parfaitement alignées — un signal d'alerte précieux — puis pond. La larve creuse une galerie du haut de la feuille jusqu'au bas du fût, où elle se transforme en pupe brun-rouge. Les fûts deviennent alors impropres à la consommation.

Deux vols par an : au printemps (ponte vers avril) et de la fin d'été au début de l'automne (septembre-octobre). C'est la première génération qui fait le plus de dégâts, car les plants sont encore jeunes : quelques larves suffisent à tuer un poireau.

Prévenir : ce qui marche vraiment

Le filet anti-insectes est la seule protection réellement efficace, à condition d'être posé correctement. Quatre règles :

  • Maille fine : 0,8 mm maximum. Un voile de forçage fait aussi l'affaire pour un coût moindre.
  • Sur arceaux : le filet ne doit jamais toucher le feuillage, sinon les insectes pondent au travers.
  • Hermétique : bords enterrés ou lestés, aucun passage possible.
  • Dès le départ : installez-le dès le repiquage et conservez-le sur les périodes à risque (grossièrement de mai à la mi-octobre, en couvrant impérativement mars-avril et septembre-octobre pour la mineuse).

L'astuce de la ciboulette-sentinelle. Disposez quelques pots de ciboulette entre vos rangs de poireaux : son feuillage est très attractif pour la mineuse, et les premières piqûres de nutrition (points blancs alignés) y apparaissent avant sur les poireaux. C'est un système d'alerte précoce qui vous dit exactement quand poser le filet, sans avoir à le laisser en place toute la saison.

Les autres leviers, complémentaires :

  • Associer et diversifier. L'association carotte-poireau est la plus citée : le mélange d'odeurs brouille le repérage. Plus largement, plus il y a d'aromatiques, de fleurs et d'espèces différentes autour de la culture, plus les ravageurs peinent à localiser leurs plantes hôtes.
  • Endurcir les plants avant plantation (les 48 heures de fanage évoquées plus haut).
  • Décaler la plantation. Repiquer après le vol de printemps, ou semer sous abri pour repiquer plus tard, permet d'esquiver la première génération de mineuse.
  • Respecter la rotation, pour que les pupes hivernant dans le sol ne se retrouvent pas sous le filet de la nouvelle culture.
  • Favoriser les auxiliaires (carabes, staphylins, oiseaux, petites guêpes parasitoïdes).

Agir quand l'attaque est là

Une fois la larve installée dans le cœur ou dans le fût, les pulvérisations n'ont pratiquement plus d'effet — ni les purins répulsifs (tanaisie, absinthe, fougère), dont l'efficacité n'est d'ailleurs pas démontrée scientifiquement, ni les insecticides, qui n'atteignent pas une larve protégée. Il reste des gestes mécaniques, souvent plus efficaces :

  • Couper les fûts au ras du sol. C'est le geste qui sauve la récolte : les poireaux sévèrement atteints repartent du pied et reforment un fût. La récolte est retardée, mais elle est sauvée.
  • Supprimer les feuilles atteintes dès l'apparition des piqûres de ponte, et écraser les larves visibles.
  • Sarcler le sol après récolte pour exposer les pupes au froid et aux prédateurs.
  • Ne jamais composter les déchets infestés : le compost ne détruit pas les pupes. Évacuez-les en sac fermé.

Le Bacillus thuringiensis (souche kurstaki), produit de biocontrôle contre les chenilles, ne peut fonctionner que sur la jeune chenille encore sur le feuillage, dans les jours qui suivent l'éclosion. Passé ce stade, son efficacité s'effondre. À réserver aux fortes pressions, au bon moment, et en respectant strictement les conditions d'emploi.

Maladies

Maladie Symptômes Prévention et traitement
Rouille Pustules orangées sur les feuilles, en saison humide Espacer les plants, aérer, éviter l'excès d'azote ; décoction de prêle diluée à 10 %
Mildiou Taches jaunes puis brunes, feutrage grisâtre par temps humide Arroser au pied, aérer les rangs, respecter la rotation
Pourriture blanche (sclérotiniose) Jaunissement, dépérissement, feutrage blanc à la base Rotation longue, sol drainé ; pas de traitement curatif
Pourriture du collet et des racines Base molle, brune ou noire, plant qui flétrit Sol bien drainé, ne pas enterrer le cœur, arrosage maîtrisé
Nématode des tiges Plant déstructuré, feuilles déformées, sans asticot ni pupe Rotation longue ; à ne pas confondre avec la mineuse

Pourquoi mes poireaux ne grossissent pas

C'est la question qui revient le plus souvent, et elle a rarement une cause unique. Passez en revue ces sept points, du plus fréquent au plus rare.

  • La concurrence des adventices. Cause numéro un. Le poireau est lent et ne couvre pas le sol : la moindre herbe le prive d'eau et d'azote. Binez.
  • Des plants repiqués trop petits. Un plant plus fin qu'un crayon n'a pas les réserves nécessaires. Attendez le bon calibre, quitte à décaler.
  • Un repiquage trop tardif. Un poireau d'hiver planté en septembre n'aura pas le temps de constituer son fût avant l'arrêt de végétation.
  • Un sol pauvre, compact ou trop superficiel. Le fût a besoin de descendre. Ameublissez profondément et incorporez du compost mûr.
  • Un manque d'eau en été. Le stress hydrique bloque la croissance et fibre les fûts. Arrosez abondamment en période sèche et paillez.
  • Une carence de fertilisation. En sol pauvre, un apport d'engrais organique en cours de culture fait une vraie différence — sans excès d'azote.
  • Une attaque de mineuse ou de teigne. Un plant qui héberge des larves stagne. Vérifiez le cœur et les feuilles.

Un geste de rattrapage existe : couper une partie des feuilles en cours de culture force la plante à en produire de nouvelles, ce qui a tendance à élargir la base du fût. C'est une pratique de jardinier, à utiliser avec modération.

Montée en graines et production de semences

Si une hampe florale rigide apparaît au centre du fût, le poireau monte en graines. C'est normal la seconde année, après le passage de l'hiver. C'est prématuré la première année, généralement à cause d'un coup de froid marqué après le repiquage : la plante croit avoir passé un hiver et enclenche sa floraison. Un poireau monté a le cœur dur et ligneux ; récoltez-le rapidement et consommez la partie encore tendre autour du cœur, ou laissez-le fleurir pour les pollinisateurs, l'ombelle étant très mellifère.

Pour produire vos propres graines, laissez quelques beaux pieds en place jusqu'à la fin de l'été de l'année suivante, puis récoltez les ombelles sèches. Deux précautions : sélectionnez les plants les plus conformes à la variété, et sachez que les variétés de poireau s'hybrident entre elles ainsi qu'avec le poireau perpétuel. Pour garder une variété pure, ne conduisez qu'une seule variété en porte-graines la même année.

Rotation et associations

Le poireau est une Amaryllidacée, comme l'ail, l'oignon et l'échalote, avec lesquels il partage ses ravageurs. Attendez au moins 4 ans avant de replanter des poireaux — ou toute autre Alliacée — au même emplacement. C'est la mesure la plus efficace contre la mineuse, dont les pupes hivernent dans le sol.

Bonnes associations. La carotte est l'alliance classique et documentée : la carotte perturbe la teigne du poireau, et le poireau perturbe la mouche de la carotte. S'ajoutent le céleri, le fraisier, la tomate, la laitue, la mâche et l'asperge.

À éviter. Les légumineuses (haricots, pois, fèves), qui enrichissent le sol en azote au détriment de la formation du fût, les choux et les blettes, trop gourmands et concurrents. Évitez aussi de masser les Alliacées entre elles : ail, oignon et échalote côte à côte concentrent les mêmes ravageurs.

Après les poireaux, plantez des légumes peu exigeants ou des cultures qui restructurent le sol : carottes, concombres, courges, haricots, coriandre.

Récolter les poireaux

Récolte des poireaux au potager
Récolte des poireaux au potager

La récolte intervient 6 à 7 mois après le semis, quand les fûts atteignent au moins 2 à 3 cm de diamètre. Elle s'étale de juillet à avril selon les groupes de variétés, et se fait au fur et à mesure des besoins — il n'y a aucun intérêt à tout arracher d'un coup.

Pour arracher : glissez une fourche-bêche à côté du pied, soulevez doucement pour décoller les racines, puis tirez le fût à la base sans le casser. En terre compacte, ne tirez jamais sans avoir soulevé, vous casseriez le poireau à la base.

Les poireaux d'hiver restent en terre tout l'hiver : c'est leur meilleur mode de conservation, et le froid améliore même leur tenue. Ils supportent le gel sans protection particulière. Deux astuces pour les périodes de fort gel :

  • Un paillage de 5 à 10 cm empêche le sol de geler en profondeur et permet de continuer à récolter.
  • Si le sol est gelé au point de bloquer la fourche, versez de l'eau tiède au pied des poireaux à récolter avant de les soulever.
  • Si les poireaux arrachés paraissent gelés, laissez-les dégeler lentement dans un local non chauffé avant de les préparer : ils reprendront leur texture.

Conserver les poireaux

Un poireau arraché ne se garde que quelques jours : sa meilleure conservation est de le laisser en terre.

  • En terre : la référence pour les variétés d'hiver, plusieurs mois, jusqu'en avril.
  • En jauge : si vous devez libérer la planche à la sortie de l'hiver, arrachez les poireaux et replantez-les serrés les uns contre les autres, verticalement, dans du sable ou une terre légère, dans un local frais, ventilé et à l'abri du gel (cave, garage, cabanon). Ils tiennent plusieurs semaines à plusieurs mois.
  • Au réfrigérateur : dans le bac à légumes, enveloppés dans un linge humide ou un sac perforé, une à deux semaines.
  • Au congélateur : lavés, émincés et blanchis deux à trois minutes à l'eau bouillante, puis égouttés et refroidis. Plusieurs mois.

Le poireau perpétuel, une alternative sans repiquage

Si toute cette conduite vous semble longue, il existe une solution : le poireau perpétuel (Allium ampeloprasum), une vivace qui se plante une fois et reste en place des années. Il se multiplie par bulbilles que l'on divise à l'automne, forme des touffes de feuilles plus fines et plus parfumées que le poireau cultivé, et se récolte en coupant les feuilles au fur et à mesure, sans jamais arracher la souche. Il n'y a ni semis, ni repiquage, ni buttage. En contrepartie, on n'obtient pas de gros fût blanc : c'est un condiment plus qu'un légume. Notez qu'il s'hybride avec le poireau cultivé, ce qui compte si vous produisez vos graines.

Questions fréquentes

Quand semer les poireaux ?

De février à mars sous abri pour les poireaux d'été, de mars à mai en pépinière de pleine terre pour les poireaux d'automne et d'hiver, et à la mi-août pour les poireaux « baguette » récoltés au printemps suivant. En pleine terre, attendez que le sol atteigne environ 12 °C. La levée demande 8 à 20 jours à 10-23 °C.

Quand et comment repiquer les poireaux ?

Repiquez quand les plants ont la grosseur d'un crayon et 15 à 20 cm de haut, soit environ deux mois après le semis : d'avril à juin pour les poireaux d'été, de la mi-juin à la mi-juillet pour les poireaux d'hiver. Habillez les plants (racines à 1 cm, tiers supérieur du feuillage), puis plantez à 10-15 cm de profondeur, tous les 10 à 15 cm, en rangs espacés de 30 à 40 cm.

Faut-il habiller les poireaux avant de les repiquer ?

L'habillage — raccourcir racines et feuillage — limite l'évaporation et facilite la manipulation. Il est vraiment utile en climat chaud et sec. Des comparaisons entre rangs habillés et non habillés n'ont montré aucune différence quelques mois plus tard sous climat tempéré. Le geste vraiment payant est de laisser faner les plants 48 heures avant plantation, ce qui les endurcit et les rend moins attractifs pour la teigne.

Qu'est-ce que le pralinage du poireau ?

C'est le trempage des racines dans une boue semi-liquide (terre de jardin, eau, un peu de compost, ou argile délayée) juste avant la plantation. L'emplâtre humide protège les racines du dessèchement et améliore la reprise, surtout par temps chaud ou en sol sec. Ce n'est pas indispensable, mais c'est efficace.

Quand et comment butter les poireaux ?

Commencez environ trois semaines après le repiquage, quand les plants ont repris et atteignent 20-25 cm. Ramenez la terre au pied sur 5 à 10 cm à la binette, sans enterrer le cœur, et recommencez toutes les trois à quatre semaines, soit deux à trois buttages dans la saison. Un buttage progressif vaut mieux qu'un gros buttage tardif, qui fait pourrir le fût.

Faut-il vraiment butter les poireaux ?

Le buttage n'est pas obligatoire, mais c'est lui qui allonge la partie blanche, en privant le fût de lumière. Vous pouvez l'éviter en repiquant profond ou en plantant en tranchée. Il a d'autres bénéfices : il protège les racines de la chaleur et remplace le binage.

Quel espacement pour planter les poireaux ?

10 à 15 cm entre les plants sur la ligne, et 30 à 40 cm entre les rangs, soit 20 à 30 plants par mètre carré. Repiquez à 10-15 cm de profondeur.

Faut-il arroser les poireaux ?

Oui, surtout dans les semaines suivant le repiquage et pendant les périodes chaudes : une à deux fois par semaine en été, en arrosages abondants au pied plutôt que fréquents et superficiels. En saison fraîche, la pluie suffit souvent. Garder le fût humide gêne en prime la ponte de la mouche mineuse.

Comment cultiver des poireaux en pot ?

Choisissez un contenant d'au moins 30 cm de profondeur, idéalement 40 cm, percé et rempli de terreau enrichi de compost. Plantez les plants habillés tous les 10 cm. Comme on ne peut pas butter, remplissez le pot à moitié seulement, puis ajoutez du substrat par couches de 3 à 5 cm toutes les deux à trois semaines : vous enterrez progressivement le fût. Arrosez très régulièrement et privilégiez les variétés d'été ou les poireaux baguette.

Comment reconnaître le ver du poireau et s'en débarrasser ?

Le « ver du poireau » est la chenille de la teigne : feuilles percées en dentelle, déjections sombres au cœur du plant. À distinguer de la mouche mineuse, dont l'asticot creuse des galeries linéaires claires et laisse des pupes brun-rouge dans le fût. Une fois la larve installée, les pulvérisations sont inefficaces : coupez les fûts atteints au ras du sol, ils repousseront. La seule prévention vraiment efficace est le filet anti-insectes à maille de 0,8 mm, posé sur arceaux sans toucher le feuillage, dès le repiquage.

Pourquoi mes poireaux restent-ils petits ?

Le plus souvent à cause de la concurrence des mauvaises herbes, le poireau étant lent et incapable de couvrir le sol. Vérifiez aussi le calibre des plants au repiquage (grosseur d'un crayon minimum), la profondeur et la richesse du sol, l'arrosage en été, et l'absence de larves dans le cœur.

Pourquoi mon poireau monte-t-il en graines ?

Le poireau est bisannuel : il fleurit normalement la seconde année, après l'hiver. Une montée prématurée la première année vient généralement d'un coup de froid marqué après le repiquage, que la plante interprète comme un hiver. Le cœur devient alors dur et ligneux ; récoltez rapidement ou laissez fleurir pour les pollinisateurs.

Combien de temps met un poireau pour pousser ?

Comptez 6 à 7 mois entre le semis et la récolte, dont environ deux mois en pépinière avant le repiquage. C'est une culture longue, ce qui explique qu'on la mène en deux temps pour n'occuper la planche définitive qu'à partir du repiquage.

Peut-on laisser les poireaux en terre l'hiver ?

Oui, et c'est même leur meilleur mode de conservation. Les variétés d'hiver sont très rustiques et se récoltent au fur et à mesure jusqu'en avril, sans protection particulière. Un paillage de 5 à 10 cm empêche le sol de geler et facilite l'arrachage.

Autres Amaryllidacées (sous-famille des Allioidées, anciennement Alliacées) au potager

Photo de Tom dans son potager du Jura
Tom le Jardinier

Jardinier passionné depuis l'enfance, j'ai grandi avec mon grand-père qui m'a transmis l'amour de la terre et du potager. Aujourd'hui installé dans le Jura suisse, je cultive un potager naturel à plus de 900 mètres d'altitude et je partage mes expériences avec plus de 30 000 passionnés.